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A l’ombre de Yandé Codou Sène et Julien Jouga, des artistes se rappellent le poète Senghor





A l’ombre de Yandé Codou Sène et Julien Jouga, des artistes se rappellent le poète Senghor
(APS) – Le spectacle musical ‘’Ombres de Virtuoses’’, déroulé vendredi soir à l’Institut français de Dakar pour rendre hommage à la diva Yandé Codou Sène et au maître de chœur Julien Jouga, a été un voyage à travers les styles, les espaces, les groupes socioculturels, les rythmes et mélodies, reflétant la ‘’diversité culturelle’’ que les organisateurs ont voulu imprimer à la fête.

La soirée, qui s’inscrit dans le cadre de la commémoration du 10ème anniversaire du décès de Léopold Sédar Senghor (1906-2001), a consisté en des rencontres entre des générations, et à différentes époques ayant toutefois un lien organique symbolisé par le souci de Senghor de magnifier à la fois la diversité et le métissage culturels.

Le tableau affiché a correspondu au but affiché dès le départ. Montée et coordonnée par l’enseignant-chercheur Ibrahima Wane, l’activité s’est ouverte sur le titre ‘’Ce qui nous lie’’ (extrait de l’album ‘’Présidents d’Afrique’’), sur lequel Didier Awadi mêle sa voix à celles de Yandé Codou Sène et de Senghor.

Pendant que les membres de la Chorale de la paroisse Saint-Joseph de la Médina – celle que Julien Jouga a dirigée - se mettaient en place, la sono passait ‘’Dames électriques’’, magistralement interprété par Wasis Diop et Yandé Codou Sène.

La Chorale ouvre sa prestation d’environ 25 minutes par un morceau implorant la miséricorde divine, avant de se poursuivre par un hommage à Julien Jouga, que Raphaël Ndiaye, philosophe et ethnolinguiste, prend le soin de traduire du sérère au français.

Puis, c’est le morceau dédié à Léopold Sédar Senghor, disant en substance que ‘’celui-ci n’a pas connu la honte de son vivant (Sédar) et ne la connaîtra pas auprès de son Seigneur’’, et, enfin ‘’Alléluia’’, un chant de Pâques dit en diola.

Après avoir accompagné la chorale, Raphaël Ndiaye revisite ‘’Gaîndé Goor’’ (Le lion) de Yandé Codou, une reprise agrémentée d’un poème lu par le professeur Ibrahima Sow, chef de laboratoire à l’Institut fondamental d’Afrique noire (IFAN) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, avant de laisser la place au compositeur Jean-Pierre Senghor, sobre mais magistral dans sa version du classique ‘’Mansani Cissé’’.

Entre Jean-Pierre Senghor et le graffeur doublé de slameur Docta, la transition se trouvait dans la conviction du premier que le slam, comme d’autres formes d’expression artistique, peut porter le message poétique de Léopold Sédar Senghor auprès des jeunes qui ne le connaitraient pas. Docta, donc, accompagné d’un danseur de Break, surfe sur les mots, dans une invite à s’enraciner, à affronter la réalité, aussi dure soit-elle, au lieu de chercher à la fuir.

Après le slameur, le voyage continue autant dans le style, l’époque que dans l’espace : les Gawlo, maîtres du yéla et cousins à plaisanterie des sérères Senghor et Yandé Codou Sène, transportent les mélomanes à travers des mélodies charriant les vertus de la dignité, du respect de la parole donnée, entre autres.

Ce sont les mêmes valeurs et vertus que le duo mandingue Mariama et Issa Kouyaté a fait ressortir en proposant des paroles de ‘’Douga’’, ‘’Konkoba’’, Kaïra à un public qui a écouté, presque religieusement, ces grands espoirs de la scène musicale sénégalaise.

L’excellent Bah Mody (co-compositeur de l’album ‘’Rokku mi rokka’’ de Youssou Ndour), qui porte son appartenance au Fouta, au Ferlo et à bien des endroits de la sous-région ouest-africaine, est venu passer le témoin à la famille de Yandé Codou Sène. Celle-ci, conduite par Aïda Mbaye, fille de la diva, a clôturé de fort belle manière la soirée. Sur un rythme qui a fait se lever le public.

Il y a eu divers styles, des langues, époques et générations différentes. Le tout pouvant faire penser que les liens n’existent pas. Non ! Tout au long de la soirée, les prestations étaient précédées d’extraits de ‘’Ce qui nous lie’’, titre interprété par Yandé Codou Sène, Léopold Sédar Senghor et Didier Awadi, et dans lequel le poète dit : ‘’Ce qui nous lie est au-delà de l’histoire/Il est enraciné dans la préhistoire/Il tient à la géographie, à l’ethnie, et partant à la culture/Il est antérieur à l’islam/Il est antérieur au christianisme‘’. L’essentiel était là !

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Lundi 19 Décembre 2011 - 00:29



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