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ANARCHIE DANS LE SECTEUR DE L’URBANISME ET DE L’HABITAT, COUPURES INTEMPESTIVES DE L’ELECTRICITE… Le Sénégal hors du temps



Cinquante ans d’indépendance. Plus d’un siècle d’urbanisme, d’architecture, de recherche sur le design et le confort intérieur, n’ont pas changé globalement en qualité le mode de vie des Sénégalais à l’intérieur de leur maison. On imite ce qui a de mieux dans le monde de la construction. On fait avec les matériaux de dernière génération, mais la maison dans sa configuration reste un vrai gouffre financier dans tout le pays. Surtout au moment où les différentes connexions (eau, téléphone, électricité, réseaux d’assainissement) débouchent tous les mois ou bimestres, sur des dépenses imprévues. A quand donc la maison verte à la sénégalaise ?



ANARCHIE DANS LE SECTEUR DE L’URBANISME ET DE L’HABITAT, COUPURES INTEMPESTIVES DE L’ELECTRICITE… Le Sénégal hors du temps
Après plus d’un siècle de recherche architecturale et urbanistique existe-t-il un modèle de maison verte à la sénégalaise ? Un habitat adapté au niveau de vie des gens, à la crise de l’énergie, et qui consomme peu de courant, peu d’eau. Depuis quelques années, il est rare de voir du courant dans une maison pendant quatre heures d’affilée. L’électricité se fait rare si elle n’est pas coupée toute la journée.

Malgré les protestations, les marches et saccages des bureaux de la Senelec, les Sénégalais n’ont connu pire situation depuis la « guerre » qui a opposé le Syndicat Unsas à l’Etat au cours de l’année 1992. Abdou Diouf parlait à l’époque d’assassins à l’endroit des syndicalistes. Et paradoxe, un certain Mademba Sock se retrouvera en prison, après avoir été l’un des hommes les plus haïs et les populaires au Sénégal. Ce qui lui vaudra même une chanson de Youssou Ndour intitulée « Mademba ». Que tout cela paraît loin aujourd’hui.

Peu habitués à pareille situation, les Sénégalais qui ne connaissaient que des pénuries de courant occasionnelles, ont vu les coupures devenir la norme à la maison, dans les bureaux et dans toutes les villes. Et il arrive que des quartiers entiers, sinon des villes restent sans courant pendant deux jours. Pour dire que l’idée d’une maison verte alimentée aux sources d’énergies nouvelles et renouvelables (solaire, éolienne pour l’essentiel), reste encore une illusion pour le grand nombre.

La méthode est toujours à inventer. Une maison verte à la sénégalaise est-elle possible ? La réponse est nul doute, non. Elle risque de coûter plus chère en matériau et pour l’équipement, pensent certains. Dans un pays pauvre très vulnérable à toutes les formes de crise, modernisation rime avec fortes augmentations des charges. Une catastrophe qui sonne tous les bimestres sous la forme d’une facture de courant, d’eau pour ne citer que ces deux exemples.

Une maison construite avec des matériaux locaux, à moindre coût et à faible consommation de courant, le rêve n’est pas encore une réalité dan une ville comme Dakar où un simple appartement de deux pièces et un salon, ne vaut pas moins de 15 millions de Fcfa. Un véritable casse-tête pour tous ces ménages jeunes et pauvres condamnés à se loger dans de petits appartements, mal aérés, aménagés si le nom sied même dans la banlieue lointaine de Dakar ; et par-dessus tout, payés à fort frais de factures d’eau et d’électricité tous ou presque à la merci d’un logeur sans scrupule. C’est la norme. L’Etat ne veut pas se mêler à la question.

Simple marché de dupes…

L’énergie du pauvre coûte trop chère


Tous les ingénieurs et spécialistes de l’énergie sont unanimes à reconnaître que le futur de l’Afrique passera forcément demain par la maîtrise des sources d’énergies. Le nucléaire est cité comme incontournable pour le développement. Les sources d’énergie renouvelables comme le solaire, l’éolienne, le biogaz etc. Mamadou Lamine Diallo, ingénieur économiste, le rappelait chez nos confrères de la Télévision Walf Fadjr, en insistant sur le fait que « si le Sénégal et l’Afrique veulent parler d’émergence, ils devront maîtriser forcément la question de l’énergie. Tout part de là », a-t-il affirmé.

Visiblement, l’Etat et les gens de pouvoir ont sous-estimé la question de l’énergie dans le développement global du pays. Le Sénégal semble hors des temps sur la question au moment où des pays comme le Mali qui ne dispose ni de véritables ports maritimes et fluviaux accessibles, ont plus de facilités à sortir leur population de cette situation. On parle de maison verte à faible consommation énergétique. Et encore ailleurs dans le monde, de bâtiment dit à énergie positive. Au Sénégal, même si l’idée de parc scientifique fait son chemin, elle n’est pas traduite en acte sur le terrain. Qui en parle dans les cercles du pouvoir ?

Le bâtiment à énergie positive est le grand projet énergie du moment dans un pays confronté à la crise de l’énergie comme la France. Inscrit dans le cadre du PREBAT, programme de recherches lancé par les Pouvoirs publics sur le thème de l’énergie dans la construction, il instaure une véritable rupture technologique. Ainsi, aux bâtiments consommateurs d’énergie d’hier se substitueront les bâtiments producteurs d’énergie de demain. Si, pendant longtemps, il a fallu améliorer les consommations énergétiques, domaine qui reste porteur de progrès importants, il s’agit maintenant d’étudier comment un ouvrage peut produire de l’énergie, jusqu’à devenir autosuffisant dans la meilleure des configurations.

C’est tout l’avenir du "bâtiment à énergie positive", un des grands thèmes d’investigation du moment, en phase avec les exigences de performance énergétique des ouvrages et de réduction des émissions de gaz à effet de serre de plus en plus drastiques. L’enveloppe, véritable troisième peau, va ainsi compléter progressivement sa fonction initiale de protection contre l’extérieur avec une nouvelle fonction de production d’énergie, via une utilisation raisonnée de l’environnement local (architecture bioclimatique, éclairage naturel, optimisation des apports solaires, amélioration de l’isolation…) et l’intégration d’innovations technologiques récentes ou à venir comme les panneaux solaires, les panneaux photovoltaïques, le micro-éolien, les guides de lumière, les matériaux à changement de phase et autres membranes piézoélectriques en façade…

L’ouvrage, géré en fonction des phases climatiques et dont les coefficients d’apport solaire sont régulés, peut être mis en permanence en régime optimisé. Cette question de la limitation de la consommation énergétique des ouvrages s’inscrit naturellement dans le cadre du développement durable, en parallèle avec les problématiques plus larges de santé et d’environnement. Pour rappel, une Fondation de Recherche " Bâtiment-Énergie ", créée par EDF, GDF, Arcelor et Lafarge, soutient les travaux de Recherche et Développement de ce champ.

L’Etat, le véritable symbole du gâchis

Au Sénégal, la principale équation n’est plus dans le gâchis économique subi par les consommateurs, tous les mois, mais dans la difficulté à trouver un toit qui s’adapte au moyen des petits salaires qui sont le grand nombre.

Et il n’y a pas aucune initiative de l’Etat allant dans le sens d’instaurer une politique d’économie de l’énergie. Les ministères sont gonflés de personnels, le gouvernement réaménagé tout le temps, mais rien en matière d’innovations technologiques, d’adaptation aux outils nécessaires pour faire baisser les charges des ménages en termes de consommation de courant.

Les maisons ne s’adaptent pas à leur niveau de vie. Et les modèles de construction quand ils trouvent une parcelle en banlieue, ne s’adaptent plus à leur niveau de vie. Une question d’architecture et d’urbanisme qui complique bien des choses. Formés dans les grandes instituts d’occident depuis la fermeture de l’Ecole d’architecture de Dakar, les architectes ne sont que la marque de fabrique d’instituts où ils n’ont appris (pour certains) qu’à se faire de l’argent sur le dos du client riche, qui cherche une maison de luxe.

Un phénomène de mode pour les nouveaux riches. A l’image de la grande résidence des bords de mer dans le sud de l’Europe, on construit à tout-va sans mesurer les effets sur les poches, le sol et le milieu.

Une utopie à la sénégalaise : la modernisation

Des images de coupure et de rupture, voilà à quoi ressemblent l’intérieur et l’extérieur des édifices de la ville au Sénégal et en Afrique. Au moment où le vrai débat devrait être centré sur la nécessité de réduire les charges énormes auxquelles font face tous les jours, le contribuable sénégalais pour venir à bout de la hausse de ses factures d’eau, de courant, de téléphone, de télévisions, la maison verte et durable n’est pas encore de ce monde.

Au Sénégal, rares ou exceptionnels sont ceux qui y pensent à ces logements plus sûrs, plus adaptés au terrain, aux moyens des nombreux pauvres qui ne peuvent plus supporter les charges de factures dont ils ont du mal à comprendre le libellé et les montants. Un monde d’arnaque. Et ni l’Etat, ni les ingénieurs n’ont encore la solution. Comme si la modernisation sous les tropiques ressemble bien à une utopie à la sénégalaise qui se couvrent derrière de nouvelles routes, des ponts et un aéroport tout neuf à venir.

Le premier l’constat est qu’ils sont rares les architectes sur les 200 à 300 spécialistes que compte le pays, qui ont pensé un jour, travailler sur la question globale de l’habitat, du bâtiment et la conception de logements peu chers, peu consommateurs d’énergie et facile à entretenir. Et pourtant, il en existe. Mais, ils sont combien sur le nombre d’architectes que compte le pays ? L’usage de sources d’énergie nouvelles comme le solaire ou l’éolienne n’est pas encore de mode. Dans l’univers des villes sénégalaises, tout le monde se plaint de la lourdeur des charges au sein des familles, mais personne ne pense à la maison verte moins consommatrice d’argent.

Apparences, Les apparences de l’insolence, gâchis à la mode…

Le bâtiment, un énorme gouffre financier

Sous l’air d’une blague un confrère disait il y a quelque temps que le Sénégalais ne rêve que trois choses : une grosse voiture, une grosse femme, une grande maison. Facture d’électricité lourde malgré les coupures incessantes, forte consommation d’eau à cause des services ordinaires de la maison, du jardinage pour certains, le bâtiment en dur est aujourd’hui un véritable gouffre financier.

Symbole de cette manière de construire peu adaptée dans un pays pauvre sans grande source d’énergie fossile, les bâtiments administratifs, nouveaux comme anciens. Comme exemple, le building administratif siège du gouvernement. Construit dans les années 1950, l’ancien siège du gouvernement de l’Afrique occidentale française, n’a pas pu moderniser davantage son armature intérieure et s’adapter aux situations difficiles que connaît encore le pays. Pour d’autres raisons, l’ancien palais de justice avec son imposant immeuble du bord de mer ont été abandonnés sans raison valable pour certains architectes.

Pour reparler du building, dans ses vieux magasins comme à l’intérieur du bâtiment, l’édifice ressemble à une vaste décharge qui sert à stocker du matériel vétuste, son ancien matériel à lui, prêt à aller à la casse. Ce sont les vieux climatiseurs, des tuyaux sans utilité, des carcasses en tout genre d’ordinateurs, de caisses remplies de déchets etc. Dans les toilettes sales et défraichies depuis des lustres, l’eau coule de partout. Avec elle, les senteurs et les odeurs dès que les portes sont franchies. Malgré les apparences, le building administratif, lieu le plus fréquenté de Dakar, n’a plus les moyens d’accueillir tout ce monde.

D’autres aberrations architecturales sont encore présentes dans le lot des bâtiments classiques comme la mairie de Dakar, le ministère des Affaires Etrangères, les amphithéâtres de l’université de Dakar ou encore un hôtel comme le Méridien président. Quid tous ces nouveaux édifices (hôtels, maisons et bureaux de luxe) qui foisonnent dans Dakar ? Dans ces bâtisses, en dehors du Méridien Président qui a fait l’objet, il y a quelques années, d’un audit énergétique, aucune ne fonctionne dans un contexte de réduction des charges énergétiques. La climatisation est la norme. Et elle grève considérablement dans ces structures, les factures d’énergie.

Vdn, Yoff, Des Almadies, à Grand Dakar, Les Maristes…

L’équation des notes de bimestre

Vous avez dit consommation d’énergie. Les Sénégalais ne se retrouvent plus avec leur facture d’électricité et pourtant accusant à tort ou à raison, la Société nationale de distribution d’énergie électrique (Senelec), ils sont des milliers à n’avoir jamais pensé au moment de construire leur maison, qu’il est nécessaire de demander au concepteur s’il est en mesure de réaliser un projet adapté à sa poche, et ses moyens de vivre au moment où il est en activité. Personne ne pense aussi à la retraite pendant que la vie est belle.

Dans les quartiers traditionnels comme Castors, les Hlm, Grand Dakar et la Médina, la norme est aujourd’hui de construire de grandes maisons, sans se pencher un moment sur la capacité de consommer de l’électricité pour illuminer la maison, conserver les aliments dans le réfrigérateur, allumer la climatisation ou le ventilateur, repasser un habit ou même user de la machine à laver grâce à des sources d’énergie plus adaptées ( les panneaux solaires par exemple).

Nous voici dans la société de consommation sans même nous en donner les moyens. Alors que la hausse de la facture d’électricité se fait à un taux comme le dernier à 8%, rares ou personne ne s’ajuste. A commencer par l’Etat, principal consommateur du courant du pays. Un Etat dont le chef lui-même s’est permis, il y a quelques années, à se lancer dans le règlement des factures des chefs religieux, au moment où les ménages et leur foyer croulaient sous les dettes, après avoir réglé les factures d’eau et d’électricité.

La révolte qui s’en est suivie orchestrée par les imams de la banlieue de Dakar, imitée rapidement par tous les quartiers de Dakar. Aujourd’hui, même si certains les disent « domptés » par le pouvoir, leur courage a été pour la première fois de poser le débat du refus de payer les notes de bimestres, si les services dus ne sont pas bien gérés par l’Etat et ses démembrements. La plupart des gens refusant du coup de payer le courant. Le calme revenu, les ménages ont recommencé à souffrir quand la hausse du coup de l’énergie fournie par la Senelec est passée récemment depuis l’année dernière à 8%.

Aly Konte
Sud Quotidien

PiccMi.Com

Mercredi 11 Août 2010 - 12:58



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