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Après 'Doomi Golo', 'Une si longue lettre' sera diffusé par des radios communautaires





Après 'Doomi Golo', 'Une si longue lettre' sera diffusé par des radios communautaires
PICCMI.COM- Boubacar Boris Diop dont le roman en wolof "Doomi Golo" (version audio) est actuellement diffusé par cinq radios communautaires de la région de Dakar, annonce que les même stations et d'autres encore ont décidé de faire de même avec "Une si longue lettre" de Mariama Bâ.

"Il est envisagé de diffuser sur les mêmes radios communautaires, et sur d'autres qui accepteraient de se joindre à l'aventure, les deux versions, pular et wolof, de +Une si longue lettre+. D'autres textes suivront", a révélé l'écrivain sénégalais dans un entretien paru dans l'édition du week-end du quotidien national Le Soleil.

Cinq radios communautaires de la région de Dakar ont entrepris de diffuser "de manière concertée", depuis le 4 août dernier, la version audio de "Doomi Golo", roman en wolof de Boubacar Boris Diop.

A raison de trente minutes chaque lundi, à 21 heures, avec possibilité de rediffusion, les stations Ndef-Leng-FM (93.4), Oxy-Jeunes (103.4), Afia-FM (93.0), Jokkoo-FM (87.7) et Rail-bi-FM (101.3) participent à ce programme de la plateforme EBook-Africa.

Dans ce roman paru en 2003, Boubacar Boris Diop offre une profonde réflexion sur l'identité, l'histoire et la transmission entre les générations. Il y rapporte les états d'âme de Ngiraan Fay, un vieillard qui, sentant sa fin proche, tente d'entrer en relation avec son petit-fils Badou émigré dans un pays étranger.

"Vous savez, beaucoup d'efforts ont été faits au cours des dernières décennies dans le domaine de l'alphabétisation, mais on s'est souvent contenté de textes à vocation pratique, sur l'allaitement maternel, la lutte contre le paludisme, etc.", a soutenu M. Diop.

"Ce sont là des choses extrêmement importantes, mais il faut également donner à la fiction, c'est-à-dire au rêve, la place qu'elle mérite", a-t-il relevé, reconnaissant sur le sujet une autocritique de sa part, d'autant que pendant "une bonne partie" de sa carrière littéraire, il était d'avis que cela n'avait ‘’ pas de sens" d'écrire dans les langues nationales sénégalaises.

"Mes étudiants de l'Université Gaston Berger (de Saint-Louis, au nord du Sénégal) sont en train de découvrir les écrits de Mame Younouss Dieng, Ndèye Daba Niane, Mamadou Diarra Diouf, Cheikh Adramé Diakhaté et, bien évidemment, l'imposante production littéraire de Cheikh Alioune Ndao, et ils n'en reviennent pas de constater que tant de romans de cette qualité existaient sans que personne ne leur en ait jamais parlé", a-t-il indiqué.

Selon Boubacar Boris Diop, cela rend compte de ce que "ce nouveau type de contact avec leur langue maternelle, fait surtout de respect, est en train de changer peu à peu leur regard sur le monde et sur eux-mêmes".

"Cela veut dire que la relève est assurée et que, de passage en relais en passage en relais, on arrivera un jour au but", a-t-il dit, en faisant remarquer que la diversité culturelle ne devrait pas consister à vouloir livrer tout le monde "pieds et poings liés" à l'Occident.

Surtout que les Occidentaux, "si prompts à demander aux autres de se renier, sont les plus jaloux de leurs différentes langues", a fait valoir l'écrivain sénégalais.

Aps


Dimanche 10 Août 2014 - 15:21



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