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BIRANE NDAO, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE LA LONASE : "LE JEU N'EST PAS FAIT POUR LES JEUNES, ILS DOIVENT ÉTUDIER, MAIS NOUS NE SOMMES PAS LA POLICE"





BIRANE NDAO, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE LA LONASE : "LE JEU N'EST PAS FAIT POUR LES JEUNES, ILS DOIVENT ÉTUDIER, MAIS NOUS NE SOMMES PAS LA POLICE"
Dans la salle de conférence du siège de la Loterie nationale sénégalaise (LONASE), le secrétaire général Birane Ndao reçoit EnQuête. Il est entouré de 5 collaborateurs. Objectif : donner sa part de vérité de la société de jeu, après l’article publié ce week-end concernant les enfants qui jouent au Pari foot. Sans nier cet état de fait qui est une évidence, les responsables ont tenu à apporter des précisions sur certains points. Voici la synthèse d’une discussion à bâtons rompus qui a duré plus d’une heure.

Il est interdit aux moins de 18 ans de jouer à la loterie. Pourtant, vous avez un produit dénommé Pari foot et très prisé par les enfants. Comment expliquez-vous une telle situation ?

Nous le reconnaissons. Des en-fants, des mineurs peuvent jouer, je ne le conteste pas mais la jeunesse, ce n'est pas que les moins de 18 ans. Ensuite le jeu sous-entend un gain et ce gain est encadré et il constitue la plus grande part du chiffre d'affaires que nous réalisations. Cela ne nous a pas surpris parce que le Pari Foot est présent partout, même dans certains pays africains. Un produit sur le football intéresse les jeunes. C'est la raison pour laquelle on l'encadre.

En quoi faisant ?

Le Pari Foot est le seul produit de la LONASE qui été lancé sans communication, sans aucune publicité. Ni à la télévision, ni à la radio, ni dans la presse écrite. Jusqu'à l'heure où je vous parle, il n'y a aucune publicité sur le Pari Foot. Cela relève de notre politique responsable. De plus, le Pari a été exploité pendant 11 mois au niveau des Games-centers, dans des endroits isolés, avant que le réseau de la LONASE ne s'y mette. Il nous fallait d'abord maîtriser le jeu. Nous avons mené une campagne de sensibilisation au niveau des points de vente et nous avons une signalétique affichée partout dans les Games Centers et mini-shops pour interdire aux mineurs de jouer. Cette interdiction est également présente sur les feuilles de jeu. Il y a aussi une commission-veille qui a été mise en place en 2011-2012, dirigée par madame Tacko Ndiaye, conseillère juridique. Cette commission regroupe des juristes, des hommes et des femmes de communication, du marketing et des commerciaux. Ils ont un programme de veille, de contrôle, de visites des points de ventes. Enfin, tous les vendeurs ont été formés afin que des mineurs ne puissent pas jouer et doivent exiger la carte d'identité dès qu'ils ont un doute sur l'âge d'un parieur. N'empêche, il est vrai, qu’il y a des brebis galeuses autant parmi nos vendeurs que dans les rangs des parieurs. Mais c'est un problème complexe qui existe partout au monde. Nous sommes une société responsable, mais on ne peut pas arrêter la mer avec ses bras. La responsabilité du mineur relève d'abord de l'autorité parentale. Autant que faire se peut, la LONASE évite de se rapprocher des écoles. Nous faisons notre travail de veille. Le jeu n'est pas fait pour les jeunes, ils doivent étudier, mais nous ne sommes pas la police.

Comment expliquez-vous, malgré tout le travail de prévention dont vous parlez, que des vendeurs continuent à accepter les enfants ?

Je crois que vous devez reconnaître que s’il y a des vendeurs qui acceptent les prises de jeu du parieur, il y en a d’autres qui sont conscients du problème et qui refusent. Ce n’est pas tout le monde. En plus, c’est pour cela que nous avons mis en place une cellule de veille qui accompagne les vendeurs. Elle fait des remontées d’informations qui nous permettent de savoir s’il y a lieu de renforcer la sensibilisation auprès de certains vendeurs et si oui, lesquels. Ils sont comme vous, ils ne sont pas connus des vendeurs. Ils viennent regarder ou même se comporter en joueurs et observer. S’ils voient des mineurs qui jouent, ils leur parlent. Si les vendeurs n’ont rien dit, ils savent alors qu’ils sont à sensibiliser davantage. Tout cela sans compter le fait que la direction de la communication a aujourd’hui fini un plan de sensibilisation que nous sommes en train de partager avec le partenaire technique. Et cela, compte tenu de la spécificité du Sénégal. C’est uniquement au Sénégal qu’il va faire ça. Dans les autres pays, ça ne se fait pas. On ne sensibilise pas. On se limite uniquement à la signalétique et à la mention "interdiction aux moins de 18 ans" sur les programmes. Mais le Sénégalais est exigeant, parce qu’aussi il y a la presse. Mais dans les autres pays, on ne fait pas ça. Ici au moins, on a décidé de sensibiliser. Pour cela, nous sommes obligés de discuter avec le partenaire. C’est une nouvelle donne qu’il faut régler au Sénégal. Ce plan viendra compléter ce que la cellule de veille fait. Il s’agira donc de dire tout ce qu’est le pari foot et tout qu’on a fait. On n’a jamais fait de la publicité sur ce produit. On fait de la veille, mais on n’est pas la police.

Est-ce qu’il y a des sanctions prévues contre vos agents ?

Absolument ! Le directeur général a dit dans le soleil de lundi dernier que tous les vendeurs qui ne font pas le contrôle et sur qui on a des preuves risquent le retrait de l’agrément.

Les jeunes ont été retrouvés dans ce qu’ils aiment le plus : le football. Est-ce que, de ce point de vue-là, vous n’êtes pas responsable de la situation actuelle ?

Nous ne sommes pas responsables. Ce n’est pas un produit nouveau. Le pari sportif, le loto sport, tout cela, c’est sur le football. Il se trouve que le football aujourd’hui, c’est autre chose ; il intéresse même les filles. Et c’est ça la force du produit. On n’a pas été surpris. Et c’est pour cela aussi que nous ne sommes pas restés les bras croisés. Vous avez parlé tout à l’heure d’argent et de chiffres d’affaires comme si on soutirait de l’argent aux jeunes, ce n’est pas le cas. La particularité et même le risque avec ce produit est que nous proposons des gains en avant, sans pour autant être sûr que nous allons récolter le montant distribué ?

On sait quand même que vous ne perdez pas, quoi qu’il arrive !

Il y a un risque. Vous ne savez pas, mais nous qui sommes dans le métier, nous savons. Quand on dit, sur 100 F, je vais répartir 60 aux gagnants quel que soit le nombre. C’est différent lorsqu’on dit qu’on dit au départ, je vais distribuer 60 ou 70 sans savoir si je vais avoir 80.

Quelle est la nature du contrat qui lie la LONASE et Premier Games ?

La LONASE ne peut rien faire à l’insu de l’État, sans un règlement autorisé par le ministère des Finances. Les relations avec EDITEC et la LONASE ne relèvent pas simplement du pari foot. C’est depuis 2008 à travers le PMU. Maintenant, sur le pari foot, nous ne sommes pas obligés de dire voilà ce que nous gagnons. Donc, sur ce partenariat, il n’y a pas de nébuleuse. Pour le projet pari foot, nos partenaires ont tout pris en charge pendant trois mois avant que nous ne prenions part à l’exploitation. Nous sommes une entreprise commerciale et nous essayons autant que faire se peut de minimiser les charges et de maximiser les profits. Nous avons le monopole. A chaque fois que quelqu’un veut faire un travail, nous le laissons prendre en charge tous les éléments qui entrent dans le cadre de ce travail, la plate-forme, les frais de télécom, etc. et en contrepartie de l’autorisation, on nous verse des redevances. C’est donc conforme à la loi. Nous sommes certifiés qualité iso 2009-1 2008. Depuis 2011, tout ce que nous faisons est transparent.

Vous n’avez pas répondu à notre question. Quels sont les termes du contrat qui lient la LONASE à l’exploitant ?

Notre partenaire a de l’expérience. Il exploite au Togo, au Rwanda, en Gambie et dans d’autres pays. Il peut faire donc des économies d’échelle, parce qu’il a déjà une base de données qui lui permet de connaître les matchs, d’avoir toutes les informations. Ce que nous n’avons pas. Si nous devons acheter les terminaux, ça nous coûte cher. Lui, il les a déjà. Il a le logiciel conçu pour que le terminal puisse vendre. Il a tout ce qu’il lui faut, il exploite. On défalque les investissements et on se partage les revenus, selon des règles que nous définissons. C’est le cas du pari foot. Il a un retour sur investissement et pour le reste, on lui donne une commission, purement et simplement, comme les vendeurs. Le Game centre ou le mini-shop a 8 ou 10% de commission. Et toutes les charges qu’il engage sont validées par notre service comptable avant qu’il ne les déduise. Tout le préfinancement que Premier Games engage est validé avant déduction. Quant à son personnel, son électricité et autres, il le gère avec ses 8 ou 10% de commission sur le chiffre d’affaires net. C’est donc 8% pour les Games et 10% pour les Mini-shops.

Le pari foot marche bien, est-ce qu’on peut avoir des chiffres sur cette activité ?

Pour l’exercice 2015, les prévisions, c’est 1,2 milliard.

Combien en 2014 ?

En 2014 on a fait quelque chose comme 800 millions.

Le monopole de la LONASE est-elle menacée ?

Il y a eu des tentatives de l’État pour privatiser. Mais si l’État n’a pas renoncé, il est en train de revoir cela, parce que toutes les loteries à travers le monde sont des loteries d’État. Rares sont les loteries qui ont un statut privé. Nous avons certes des partenaires, mais nous veillons au respect du monopole.

Enquête

PiccMi.Com

Mercredi 11 Février 2015 - 15:06



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