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Biennale de Dakar : Le vol d’une œuvre installe le malaise





Biennale de Dakar : Le vol d’une œuvre installe le malaise
L’installation de la plasticienne kenyane Wanji Kimani a été dérobée dimanche au Musée Théodore Monod de l’Ifan où elle est exposée dans la sélection In. Le secrétariat général du Dak’art a porté plainte contre x.



Du jamais vu dans une Biennale de l’art africain contemporain de Dakar depuis dix ans. Une œuvre de la sélection officielle a été volée dimanche dernier. L’installation intitulée «You have not changed» appartient à la Kenyane Wanji Kimani qui fait partie des quarante-deux artistes sélectionnés dans le In. Informé le jour même de la disparition de l’œuvre, «une robe en dentelle», le secrétaire général de la Biennale, Ousseynou Wade a saisi la police du plateau pour une enquête. Les responsables du Dak’art ne se sont pas limités à interpeller les forces de l’ordre. «Une plainte contre x a été déposée au commissariat du plateau», indique Wade. Ce dernier n’en revient pas toujours, car pour lui, la sécurité était présente à tous les niveaux de l’espace et le système des guides ne pouvait pas permettre un tel acte.

«Généralement ce sont des appareils lecteurs Dvd et autres qui sont volés lors des biennales, c’est la première fois qu’une œuvre est emportée», fait savoir Ousseynou Wade joint par téléphone. Selon lui, l’acte n’est pas gratuit. «Je ne peux pas comprendre qu’une robe soit volée, qui s’amusera à la porter avec ces inscriptions ou la vendre ?», s’interroge le secrétaire général de la biennale qui comprendrait peut-être mieux qu’un tableau ou une sculpture soit emporté. Depuis dimanche, la sécurité au niveau du musée de l’Ifan a été renforcée avec des vigiles et des guides au niveau de chaque coin des salles d’exposition. Selon Amandine Tochon, assistante scénographe de l’exposition, désormais, aucune personne n’est autorisée à visiter les œuvres avec un sac.

Désemparée, la Kenyane Wanji Kimani en appelle à tous pour retrouver cette robe très importante à ses yeux. L’artiste portait cet habit en dentelle la dernière fois qu’elle a vu son père. Son installation reflète la vulnérabilité de la mémoire et la nostalgie de l’intimité à travers la relation entre un père et sa fille devenue étrangère. Des phrases sont extraites de leurs conversations lors de leurs retrouvailles tant attendues et brodées sur la robe qu’elle portait au moment de leur séparation. Etant au départ une vision immobile de la maison et de l’enfance, l’œuvre se présente ensuite tel un objet de mémoire qui montre que, si jamais il existait une panacée pour les désordres intérieurs, elle serait bienvenue. C’est dimanche dernier que la créatrice s’est rendue compte de sa disparition, deux jours après l’ouverture de la 10e biennale de Dakar qui se poursuit jusqu’au 10 juin. Ousseynou Wade estime que cet acte peut ternir l’image du Dak’art parce qu’il pose le problème de la sécurité de manière globale.

Née en 1986 au Kenya, Wanji Kimani participe pour la première fois au Dak’art. Elle est une plasticienne vivant en Ethiopie. Elle a étudié les Beaux-arts à l’Université de Canterbury en Angleterre. Hier soir, avec l’aide de donateurs qui ont offert des habits de différentes tailles, Wanji Kimani a remis une autre installation au même lieu où sa robe a été volée.

Walf Quotidien

Jeudi 17 Mai 2012 - 20:54



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