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Birima Fatma Thioub, le 24e Damel du Kayor (Cayor)



De 1809 à 1832 Birima Fatma Thioub occupe pendant 23 ans le trône du Kayor succédant le Damel Amari Ngoné Ndella



Sa naissance

Birima Fatma Thioub, le 24e Damel du Kayor (Cayor)
Né à Ngourane, près de Louga, du Boumy Mawa Ngoné Fall et de la princesse Fatma Thioub Diop, fille du Bar-Guèt Sakhéver, le jeune Birima fut l’enfant unique de sa mère morte au moment où il n’était pas encore sevré. Il fut recueilli par la coépouse de sa mère, nommée Fari Déguèn, qui allaitait un bébé de son âge, le jeune Latsoukabé Fari Déguèn. Les deux enfants se nourrissaient aux mêmes mamelles et devinrent ainsi des frères de lait. Ils grandirent et furent élevés dans la maison paternelle jusqu’à leur adolescence. L’intimité et la parenté qui les avaient unis en firent des amis inséparables qui s’estimaient et s’aimaient tendrement. Leur père avait de nombreux garçons provenant d’autres femmes issues des meilleures souches du pays. Tous ses fils, à peu près du même âge, étaient nés et élevés, comme Birima, dans la même maison. Ils devinrent de jeunes garçons bien Tanor Latsoukabé Fall, portants, vigoureux, sympathiques, intelligents et braves, ayant les mêmes intérêts et le même idéal faire de Birima un roi.

Son adolescence

Peuls du Kayor
Peuls du Kayor
Le Boumy Mawa Ngoné, père de Birima, était ministre du Damel Amari Ngoné et son oncle maternel. Il envoya Birima à la cour où son éducation devait être complétée comme pour tout prince. Birima s’y rendit accompagné de tous ses frères. Là, ils trouvèrent de jeunes garçons de leur âge, tous fils du Damel. Ils firent connaissance et s’amusaient amicalement au début. Mais finalement, une rivalité naquit entre eux à cause des honneurs et des femmes qu’ils se disputaient à la cour. Les conséquences ne tardèrent pas à devenir fâcheuses et engendrèrent l’exode de Birima et la guerre de Ndiob après laquelle Birima se rendit dans le Saloum auprès du roi. Celui-ci l’hébergea en le plaçant à une distance de vingt kilomètres à l’est de Kahone. Le jeune Birima, avec ses frères et ses captifs, y débroussailla de vastes terrains de culture, y creusa un puits et y fonda un village baptisé du nom de Ngathie. Birima séjourna longtemps dans ce petit village, à peu près quinze ans. Il épousa la nièce du Bour Saloum, la princesse Kodou Koumba Yandé de laquelle il eut cinq enfants dont un fils : Makodou Koumba Yandé, qui fut Tègne et puis Damel (il est le père du Damel Birima Ngoné Latir, du Bour Saloum Samba Laobé et du Bour Saloum Fakha) ; Sambou Koumba Yandé, qui fut le père du Damel Samba Laobé Fall ; Mawa Koumba Yandé ; Thié Ndella Koumba Yandé ; Khar Koumba Yandé (fille).

À la mort du Damel Amari Ngoné Ndella, le jeune Birima fut rappelé et nommé roi par les notables du Kayor, tandis que le fils de son oncle, le prince Thié Yasin Yasin Dieng était nommé Tègne par les dignitaires du Baol.

Birima Fatma Thioub roi

Un chef wolof
Un chef wolof
Birima gardait toujours rancune au nouveau roi du Baol et, à peine celui-ci fut-il assis sur le trône, il lui déclara la guerre et marcha contre lui, malgré les conseils des notables qui lui demandaient d’attendre jusqu’à la saison sèche. Le Tègne qui disposait d’une formidable armée et de beaucoup de munitions laissées par son père, l’attendait aux puits de Khassarna entre Thieppe et Bambey, près du village de Mbousso. À la première rencontre, les notables qui combattaient à contrecoeur prirent la fuite laissant le Damel, ses frères et ses captifs aux prises avec l’ennemi. Ces derniers firent des prodiges de bravoure et ramenèrent leur roi sain et sauf à sa capitale de Nguiguis.

Après la bataille de Khassarna, les deux pays restèrent dans le calme le plus absolu durant sept ans. Entre temps, le Tègne Thié Yasin mourut et fut remplacé par son fils aîné, Amari Dior Borso qui, comme son père, prit la ferme décision de garder le Baol, même au prix de sa vie. Le Damel envahit le Baol avec tous les notables décidés, cette fois-ci, à renverser le Tègne. La rencontre eut lieu en plein Baol, au village de Ndiardème, et dura de six heures du matin à six heures du soir. Le Tègne était allé à Mbour, auprès des commerçants européens, pour se procurer des canons dont il avait appris le maniement à ses hommes. Des efforts inouïs et des prodiges de bravoure furent accomplis de part et d’autre sans qu’on pût se prononcer sur l’issue finale de la bataille. C’est à ce moment qu’on vit s’approcher majestueusement du Damel le prince Latsoukabé Fari Déguèn qui lui fit la déclaration suivante : « Je suis ton frère paternel ; mais en réalité, ton frère germain, ton frère de lait, parce que nous avons été nourris au même sein, élevés par la même mère dans la maison paternelle, nous sommes de vrais amis. Tu m’as témoigné un amour et une considération que tu n’as donnés à aucun de mes semblables qui n’ont jamais cessé de se plaindre. Dans les veillées à la cour, je n’ai jamais manqué de prononcer ces paroles graves : “Dans le Kayor aussi bien que dans le Baol, je suis le plus brave de tous les princes”. Ces derniers lançaient des défis en me disputant, aux yeux de la reine, la lance traditionnelle. Maintenant, vous les princes qui m’entendez, le moment est propice pour relever ces défis, le moment est propice pour que je montre la bravoure que j’ai toujours évoquée. Je vous donne, à tous, rendez-vous sous l’arbre Sandaga que voici, où est assis le Tègne Amari Dior Borso ». Se tournant vers le Damel navré, il lui dit : « Regarde-moi bien une dernière fois, cher frère, cher ami de cœur, je saurai, avant le coucher du soleil, comment sont les anges et cela pour mériter les honneurs dont tu n’as jamais cessé de me combler ».

Son discours terminé, il s’élança vers l’arbre célèbre suivi et parfois devancé par les autres princes qui tenaient à démentir ses paroles. Mais il arriva pourtant le premier au but, tomba en riant, criblé de balles, devant le Tègne Amari Dior Borso assis sur ses tapis et entouré de sa garde. Le soleil était à son déclin. Latsoukabé Fari Déguèn rendit son âme à Dieu. Le Tègne ému demanda « Quel est ce brave cavalier ? » « C’est sûrement Latsoukabé Fari Déguèn dont nous avons entendu vanter la bravoure maintes et maintes fois », lui répondit son entourage.

Dans les rangs kayoriens, on entendait ces mots qui allaient de bouche en bouche Ndiol daanuna, ce qui veut dire “Ndiol”, le surnom de Latsoukabé, “est tombé”.

Ayant entendu ces paroles, le Damel Birima dressé sur son cheval, furieux comme un lion touché par une balle, s’élança comme un éclair vers l’arbre, donnant l’ordre à sa garde d’avancer et d’ouvrir le feu. La fameuse garde du Damel était formée de cinq cents fantassins armés de dibi, longs fusils à piston ou à pierres. Le feu était si intense que les branches de l’arbre tombaient, les habits du Tègne brûlèrent sur lui. Il tomba évanoui. On éteignit le feu en versant de l’eau. Sur l’ordre de son oncle Weindé Borso, la garde le mit sur son cheval Haté et se dirigea avec lui vers le Sine. Weindé lui-même était criblé de balles et avait eu plusieurs chevaux tués sous lui.

Après avoir inhumé son frère Latsoukabé à Lambaye même, le Damel regagna le Kayor avec beaucoup de tristesse. Il cumula les commandements des deux pays. Mais il jura de ne plus revenir dans le Baol où avait été enterré son meilleur ami et il tint parole.

Après la bataille, Birima régna dix-neuf ans dans le calme le plus absolu, en plus des sept premières années, soit en tout vingt-six ans de règne. Il fut un roi puissant et autoritaire, mais juste. Il se fit musulman et essaya toujours d’appliquer la loi coranique dans son royaume. Il avait interdit les mariages illicites, les adultères, l’abus de l’alcool, les pillages. Dans ses jugements, il rendait œil pour œil, dent pour dent. Il vivait modérément et il était honnête à l’excès ; il n’épousa que des femmes de sang noble.

C’était un homme de taille moyenne, mais corpulent, d’un tempérament vigoureux, un bel homme de teint noirâtre avec une grosse tête, au front large et luisant comme un miroir.

C’est Birima qui a introduit dans le Kayor, la famille des Kounta de Ndiassane en plaçant leur ancêtre Cheikh Bounama Kounta à Ndankhe, après lui avoir donné une concession et de nombreux esclaves.

A.D - PiccMi.Com

Dimanche 28 Novembre 2010 - 16:53



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