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CADEAU FORCE OU OBLIGATION SOCIALE «Le Suker Koor», une tradition dévoyée



«Sukëru kor», signifiant le cadeau que les femmes sénégalaises mariées offrent à leurs belles familles durant le Ramadan, est une tradition bien ancrée de chez-nous. Seulement cette noble tradition qui est un moyen de raffermissement de liens familiaux est en train de perdre de sa superbe en prenant les allures d’un gaspillage surtout en cette période de crise économique. Pis, elle devient de plus en plus une obligation dont il faut s’acquitter au risque de s’attirer les foudres de sa belle famille.



CADEAU FORCE OU OBLIGATION SOCIALE «Le Suker Koor», une tradition dévoyée
Le «Sukëru kor» est une réalité bien ancrée dans nos coutumes. En dépit de la cherté de la vie, les femmes mariées ne peuvent s’empêcher de s’offrir le luxe de donner une très bonne «Téranga» à leurs belles-familles. Ces soi-disant téranga varient entre repas délicieux, tissus de valeur, fortes sommes d’argent, un panier composé de sucre, lait, café beures ou chocolat, et dattes pour la rupture du jeûne, entre autres.

Cette tradition qui, jadis était un moyen de raffermissement des liens entre belles familles pour ceux qui en ont les moyens est en train de devenir une obligation, donc un véritable fardeau. Certaines femmes mariées, comme Aida Coulibaly rencontré chez elle à la Cité Fayçal villa n°40 en train de faire des beignets, considèrent le Sukëru kor comme une «obligation sociale». Cette dame, âgée de 48 ans, nous explique : «Moi, je le fais à ma manière. Au début du mois de Ramadan, je donne à mes belles-sœurs des tissus pour qu’elles préparent la fête de Korité. Et pour ma belle-mère, je prépare un bon méchoui que je lui apporte chez elle». Et M. Coulibaly de souligner que «certes, il y a la conjoncture, mais il s’agit d’une réalité qu’il faut toujours prendre en considération, au risque d’être mal vu».

A quelques encablures, aux Maristes, une autre dame répondant du nom d’Aissatou Fall renchérit : «si je ne donne pas du Sukëru kor à ma belle maman, elle se fâchera contre moi et elle va m’en vouloir tout le temps en disant toujours du mal de moi. Donc, c’est devenu une obligation pour moi». Et «parfois je préfère lui donner des tissus. L’année passée j’avais acheté un «gagnila» (tissu basin venant du Mali) qui coûtait quatre vint mille FCfa. Et pour cette année, je pense que je vais lui donner de l’argent», confie-t-elle.

D’autres femmes, par contre, sacrifient à cette tradition tout simplement pour faire plaisir à la belle famille et, par ricocher gagner leur confiance et estime en plus de la satisfaction de l’époux. Mais elles n’en font pas pour autant une obligation. C’est le cas de Binta Sow. Enseignante habitant aux Maristes, elle estime que le Sukëru kor ne doit pas constituer une priorité, vu la crise que le pays traverse. «J’ai d’autres choses à faire que de donner des futilités», assène-t-elle sans détours. «J’ai une très grande famille à entretenir. J’ai cinq bouts de bois de Dieu à nourrir, en plus des deux neveux de mon époux qui habitent chez moi. Je ne dis pas que ce n’est pas bon, mais ce n’est pas l’essentiel», renchérit-elle.

Suffisant pour que Soukeyna, une de ses amis de la freiner qui ne partage pas cette position la freine. La dame au foulard rose lui explique : «Je considère le Sukëru kor comme une obligation. Je donne chaque année une forte somme à ma belle-mère que j’adore beaucoup. Et je lui prépare de bons plats. Concernant mes belles-sœurs, je fais ce que je peux».

De nos jours, la pratique du Sukëru kor en cette période de Ramadan n’est pas un phénomène que la société sénégalaise est prête à abandonner. En témoignent en ce mois béni qui coïncide avec une période de crise et le stress qu’elle occasionne, la pratique continue d’être une préoccupation pour nombre de femmes mariées même au sein de familles démunies.

sudonline

Samedi 28 Juillet 2012 - 10:23



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