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CASSE TETE DE LA SURVEILLANCE DES ENFANTS PENDANT LES VACANCES : Les parents transforment les écoles coraniques en garderies



La solution pour de nombreux parents, pour assurer la surveillance de leurs enfants, c'est de se ruer vers les écoles coraniques qu'ils transforment en garderies. Une attitude qui irrite les maîtres coraniques.



CASSE TETE DE LA SURVEILLANCE DES ENFANTS PENDANT LES VACANCES : Les parents transforment les écoles coraniques en garderies
Période où les enfants passent l'essentiel de leur temps hors de la maison et parfois même loin, occupés à jouer, à vadrouiller dans les rues et souvent exposés aux noyades, aux égarements, aux accidents, aux vols, bref à toutes sortes de dangers, les vacances sont redoutées par les parents. C'est pourquoi ils usent de subterfuges pour occuper les enfants pendant les vacances, malgré leur année scolaire chargée. Si certains parents envoient leurs enfants dans les cours de vacances, d'autres les inscrivent dans les écoles coraniques.
Un tour dans certaines écoles coraniques nous a permis de constater cette situation. Assis sur sa chaise, les béquilles à côté, le maître coranique Seydou Cissé est très occupé dans son école coranique située non loin du marché Sahm de Guédiawaye. Entouré de ses élèves dont l'âge tourne entre 3 et 14 ans, Oustaz Cissé comme on l’appelle, faisait réciter aux enfants les sourates du Saint Coran. D'autres enfants reprennent en chœur les sourates qu'il répète avec sa voix rauque. L'école grouille de monde. Les nattes étalées sur le sol sont toutes occupées. Cette école qui comptait à l’accoutumée une cinquantaine d’élèves a vu son effectif doubler. «C’est devenu maintenant une habitude chez les Sénégalais. Ils n’attendent que les vacances pour envoyer leurs fils à l’école coranique. Ils ne les amènent pas dans les daaras pour l’apprentissage du Coran, mais tout juste pour y passer les vacances» se désole-t-il. Une attitude qu'il trouve «injuste». Le maître coranique dit demander que 250 francs par mois aux parents. Mais fulmine-t-il, «non seulement nous gardons leurs fils, mais certains parents ne se gênent pas à ne pas s’acquitter du contrat qui nous lie. Ils ne payent jamais à la fin du mois et leurs fils continuent à venir tous les jours».
Maître coranique au quartier Mbode II à Guédiawaye, Ousseynou Pouye est du lot des Oustaz qui voient leurs établissements transformés en garderie en cette période estivale. Abondant dans le même sens que son collègue, Oustaz Pouye soutient que certains parents envoient leurs enfants dans les écoles coraniques simplement parce que ne pouvant pas assurer la surveillance de leurs enfants. Mais étant conscient de cela, Oustaz Pouye n'accepte les enfants qui lui sont confiés pour les trois mois qu'à certaines conditions. «J’ai établi des règles bien définies pour les enfants qui sont de passage juste pour les vacances. L’inscription leur est fixée à 6 000 FCfa et ils doivent payer plus que leurs camarades qui sont inscrits régulièrement». Ne se cachant même pas de faire dans la discrimination, Oustaz Pouye soutient: «ils sont souvent très turbulents. Je les sépare de mes élèves habituels». Se faisant plus précis, il martèle: «tous ceux qui sont en blouse sont des constants à l’école. Ceux qui n’ont pas de blouse y sont seulement pour les trois mois de vacances».
Assis sur une chaise au seuil de son daara, la plume entre ses mains, Mamadou Lamine Fall, à l’aide d’un liquide noir, écrit des sourates du saint Coran sur les tablettes des enfants. Sous la houlette d’un adolescent qui doit avoir dix sept hivernages, les gamins reprennaient ce qu'ils disaient. Contrairement à ses collègues, M. Fall, lui ne figure pas sur la liste des Oustaz qui transforment leurs écoles en garderies, pendant les vacances. Selon lui il n’a jamais accepté une telle pratique et il ne va jamais l'accepter. Parce soutient-il, l’enseignement coranique est une profession noble qui nécessite respect et considération. «J’ai choisi l’enseignement coranique comme profession. J’exige respect et considération des parents. C’est irrespectueux de confier son enfant à un maître coranique non pour qu’il lui transmette le savoir, mais pour le surveiller» tonne t-il. Poursuivant il dit «un enfant ne peut rien apprendre pendant trois mois». C'est pourquoi il avance: «je veux que tout enfant qui s’inscrit dans mon daara acquiert un minimum de connaissance. Tous les enfants qui sont dans ce daara cumulent le français et l’arabe. Pendant l’année scolaire ils viennent étudier les samedis, les dimanches et les jours fériés». Il précise ainsi, «ceux que j’accepte pour les trois mois de vacances sont les vacanciers. Et, je les accepte parce que j’ai des élèves dans les maisons où ils passent les vacances. Il reconnaît toutefois, «parfois des parents nous tendent un piège. Ils nous disent que l’enfant continuera ses études même à l’entrée des classes. Mais à l’ouverture des classes, l’ombre de l’enfant ne traîne plus sous le toit».
C'est plus les maîtres coraniques que les enfants qu'il blâme. «Il faut aussi reconnaître que si les parents ont cette attitude, c’est à causes des maîtres coraniques. Ce sont eux qui encouragent le plus souvent les parents en acceptant toutes propositions. N’est pas maître coranique qui veut».

Les avis divergent chez les parents

Rencontrée sur le chemin menant au marché Sahm, seau à la main, Awa Ndiaye reconnaît sans ambages qu’elle envoie ses enfants à l’école arabe pendant les vacances seulement. «Pour éviter que mes enfants errent dans les rues ou vont à la plage à mon insu, je les conduis à l’école arabe durant les trois mois de vacances», déclare-t-elle.
Abondant dans le même sens que Awa Ndiaye, Oumy Fall admet qu’elle envoie ses bouts de bois de Dieu à l’établissement coranique pour qu’ils apprennent le Coran, mais pour aussi y rester jusqu’à 13 heures, heure de son retour du marché. «Ma maison est vide le matin. Les enfants y restent seuls. Pour éviter qu’ils errent dans les rues, mon mari m’a demandé de les envoyer au daara», renseigne-t-elle.
Croisée juste devant le portail de l’école coranique de Seydou Cissé, Ndèye Arame est venue accompagner ses enfants. Elle se défend d'être des ceux qui font des écoles coraniques des garderies. «Il y a des parents qui envoient leur fils à l’école arabe juste pour se débarrasser d’eux pendant quelques heures, mais mes enfants sont toujours allés à l’école arabe. Ils ont toujours cumulé les deux enseignements. Ils sont des musulmans et je suis consciente qu’ils ne doivent pas ignorer les recommandations divines». D’ailleurs, «eux-mêmes m’enseignent certaines sourates parce qu’à mon enfance, je n’étais pas à l’école française, encore moins à l’école arabe. Et, je ne veux pas que ce qui m’est arrivé leur arrive», précise-t-elle.
Voile sur la tête, tenant deux gamines par la main, cette dame prénommée aussi Ndèye nous a trouvés en pleine discussion avec Oustaz Fall. Elle est venue inscrire ses deux vacancières venant de la région de Louga. Interpellée sur la question, elle renseigne : «Mes enfants étudient dans cette école coranique depuis deux ans. Comme ces deux petites filles sont venues en vacances chez moi, il faut que je les inscrive elles aussi».
Babacar, lui, est formel dans ses propos. À l’en croire, tous les parents qui n’attendent que les vacances pour conduire leurs enfants à l’école coranique ne veulent pas du bien pour leur progéniture. Père de quatre bouts de bois de Dieu, il les a inscrits tous à l’école arabe.
Habitant à Hamo Tefess, Abibatou parle un autre langage. Elle préfère trouver à ses enfants un maître à domicile. «Les viols récurrents dans les écoles coraniques font que je n’y envoie pas mes enfants. Le matin, avant d’aller travailler, mon mari et moi les conduisons chez ma mère. Le soir, le maître vient leur donner des cours à la maison», explique-t-elle.

Aliou DIOUF (Stagiaire)

SOURCE Pop


Mardi 2 Août 2011 - 16:07



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