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CES MOTS ET EXPRESSIONS QUI FONT LE SÉNÉGAL : « KHEWEL-BERNDE » : Un résultat au-delà de l’espérance



Selon Massamba Guèye, docteur ès-lettres, spécialiste de la littérature orale, le « khewel » est un terme très proche du monde musulman parce que en wolof « khewlou », c’est bénéficier des choses de la vie que Dieu a mis à notre disposition. « Le ‘khewel’ est ce qui arrive par octroi divin », dit-il. « Certains sénégalais ont l’habitude de parler de ‘khewel’, quand tu travailles et que tu as un salaire. Dans ce contexte, au lieu de ‘khewel’, le wolof dira plutôt « kou niakh diarignou ». C’est-à-dire, c’est à la sueur de son front que l’on gagne dignement sa vie. Alors que le « khewel » est au-delà de notre espérance. Quand un résultat est au-delà de l’espérance, on l’appelle « khewel », explique Massamba Guèye.



CES MOTS ET EXPRESSIONS QUI FONT LE SÉNÉGAL : « KHEWEL-BERNDE » : Un résultat au-delà de l’espérance
Mais, d’après toujours M. Guèye, le constat actuel est que la philosophie mouride (une confrérie du Sénégal) a détourné le mot et le terme « khewel »renvoie maintenant au repas. Parce que pour eux, le principe de vie est de donner à manger à l’homme. Car Dieu a dit de tout ce que j’ai créé, l’homme est mon élu. C’est pour cela qu’on utilise le mot « khewel » pour traduire la chance de nourrir quelqu’un. Le « khewel » est dans le vrai sens du terme un don de Dieu. « Par exemple, quand le wolof dit « Yalla khewelé négnou mille francs » (Dieu nous a gratifié de 1000 francs), cela veut dire que c’est quelque chose d’inattendu. Nous n’avons rien fait pour l’avoir et c’est arrivé. Ce n’est que dans le jargon mouride que « khewel » signifie manger, indique le spécialiste de la littérature orale. Toutefois, souligne-t-il, le khewel devient « berndé », quand on l’utilise dans l’excellence et la profusion. Par exemple, quand on donne à manger à quelqu’un, les wolofs disent « mom dé khewlouna ». Lorsque nous mettons en quelque sorte le luxe dans le manger, le wolof parle dès lors de « berndé ». Cette différenciation n’est souvent pas faite par certains Sénégalais qui confondent « le khewel » (le manger) à ce don de Dieu que Massamba Guèye vient d’expliquer.

Maguette GUEYE DIEDHIOU
Le Soleil

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Mercredi 1 Septembre 2010 - 02:36



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