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CHARRETIERS A DAKAR : Un danger pour les usagers



Une charrette se faufilant entre les véhicules de luxe en plein Dakar. L’image n’est sans doute pas jolie pour les tenants de l’aménagement urbain et de la sécurité dans les transports. Mais pour les charretiers, c’est un mal nécessaire.



CHARRETIERS A DAKAR : Un danger pour les usagers
L’image est saisissante mais banale. Un embouteillage monstre sur l’avenue principale de Castors. C’est l’heure de pointe. Difficile de se frayer un chemin. Les conducteurs de motos slaloment dangereusement dans les rares espaces entre les véhicules. Les esprits s’échauffent vite. De temps en temps, des jurons et des insultes fusent entre conducteurs, avec de grands gestes, même si l’on en vient rarement aux mains. Pas de quoi intimider Mame Ngor, un conducteur de charrette. Vêtu en « Baay Faal », les rênes du cheval bien tendues, il se faufile habillement entre les véhicules. Sous le regard hostile des conducteurs de véhicules. Mais Mame Ngor reste indifférent. Il fait comme tout le monde : échange des injures et finit par se frayer un chemin... S’il juge qu’il est « difficile » d’exercer le métier de charretier à Dakar, il confie néanmoins qu’il « gagne honnêtement sa vie ». C’est le plus important. Dame, un autre charretier trouvé à l’angle d’une rue devant un magasin de boissons, attend le la fin du déchargement de la marchandise par le camion pour prendre le relais pour la distribution. Avec sa casquette et son blouson, offre l’image classique d’un « bana bana ». Ça fait vingt ans qu’il exerce le métier de charretier dans la capitale. Il connaît les moindres astuces pour échapper aux policiers, les raccourcis pour éviter les embouteillages, etc. Selon lui, le métier de charretier est « un métier comme les autres » et juge « discriminatoire » l’interdiction qui leur est faite de rouler dans certaines parties de la ville. Sa ligne de défense ? L’utilité des charretiers pour certains petits boulots. « Il y a des boulots que nous seuls acceptons de faire. Prenons quelqu’un qui a deux brouettes de sable à faire transporter, quelques sacs de ciment ou du fer pour de petits travaux de construction domestiques, il ne peut pas louer un camion pour ça, ni prendre un taxi ; alors qu’il suffit de payer 400 ou 500 Fcfa à un charretier pour que ce dernier l’amène à bon port ». Dame juge donc que, « dans l’intérêt de tous », il serait « préférable de laisser les charretiers circuler librement ».

Pour l’image d’une ville moderne


Toutefois, reconnaît-il, « nous devons nous-mêmes prendre en compte certains risques ». Même constat pour Mame Ngor qui admet qu’il n’est « pas raisonnable » de conduire une charrette dans certains endroits de la capitale. Ces charretiers admettent ainsi le bien fondé de l’interdiction qui leur est faite de rouler au centre-ville. Cependant, dans leur esprit, ces zones doivent être réduites au strict minimum. Mais de là à endosser la responsabilité des nombreux accidents dans lesquels ils sont impliqués, les charretiers s’y refusent. Au contraire, ils préfèrent, eux-aussi, rejeter la responsabilité sur les chauffeurs de véhicules motorisés. « La plupart des accidents sont imputables notamment aux taximen ou aux chauffeurs de cars rapides ou de « ndiaga ndiaye », imprudents, peu disciplinés et peu soucieux eux-mêmes du respect du Code de la route », argue Dame. Les chauffeurs ne l’entendent évidemment pas de cette oreille. Mais aussi, pas de quoi convaincre ce passant qui estime que ce sont les charrettes qui perturbent la fluidité de la circulation. Sans compter que, pour les défenseurs de l’esthétique urbaine, elles n’offrent pas une bonne image d’une capitale qui se veut moderne.

Seydou KA

Source : Le Soleil

Jeudi 30 Septembre 2010 - 09:54



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