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«CHERI, J’AI EU UNE AVENTURE ! »





«CHERI, J’AI EU UNE AVENTURE ! »
Elle regarde son mari, puis baisse les yeux comme si elle cherche à éviter la confrontation oculaire. Son visage s’assombrit, ses dents se resserrent et ses lèvres se ferment. Elle prend son courage à deux mains, regarde furtivement son mari, puis baisse à nouveau le regard. Et d’une voix entrecoupée, elle lâche, hésitante : «Chéri…, j’ai… eu une… aventure ! ».

Ces mots sont lourds de sens, pas dans ce qu’ils disent, mais ce qu’ils esquivent. L’épouse ou le mari infidèle sait que l’aventure extraconjugale crée un malaise au sein du couple. La victime des incartades se sent humiliée et trahie. C’est comme si le sol se dérobe sous ses pieds.

La vie désormais ne tient qu’à un fil, surtout lorsque le couple s’unit pour le meilleur….L’épouse ou l’époux trompé fleurte avec la mort, comme ce funambule marchant sur une corde raide, tendue au-dessus de l’abîme. L’infidélité fait non seulement évaporer la confiance envers l’autre, mais également en soi, puisque la victime cherchera toujours la source du mal dans sa propre intimité.

L’adultère est ce lourd fardeau que l’on a du mal à porter puisqu’il transgresse les valeurs d’éthique et de morale sur lesquelles la société s’est adossée. Il est aussi le fait des hommes et des femmes, en somme de l’humain…trop humain !

Cette femme, en avouant son «crime» a, du coup, dynamité le mur du silence dressé entre elle et son époux. Un silence pesant, une sorte de fardeau que la conscience rumine sous forme de culpabilité. Ce n’est pas l’aveu en soi qui est en cause, mais le pourquoi de l’aveu. Puisque son auteur sait que la faute avouée serait difficile à supporter et peut-être même impossible à oublier ou à pardonner.

Et si c’était un moyen de se donner bonne conscience en rejetant la faute sur son conjoint, en insinuant que c’est lui, de par son comportement, qui l’a poussée dans les bras d’un autre homme ? Cela est peut-être révélateur du comportement de ces personnes qui n’ont pas le courage d’assumer leurs actes. Il y a, comme qui dirait, une sorte de lâcheté dans cette propension à se décharger du poids de sa faute, en la faisant porter par l’autre. «L’enfer, c’est les autres !», disait le philosophe français Jean Paul Sartre. L’épouse ou le mari infidèle doit-elle (il) passer sous silence ses incartades pour ne pas blesser inutilement l’autre ?

La question n’est pas si simple, à cause du poids de la société que nous trainons comme un boulet. Cette voix qui parle si fort en nous est celle de la conscience morale théorisée par Freud et Jacques Lacan, et brocardée ou raillée par Nietzsche, le philosophe de la volonté de puissance, à travers son concept d’esprit-chameau. C’est elle qui, parfois, fait naître en nous ce besoin irrépressible d’avouer sa faute. Cette femme qui reconnaît son «crime» ne pouvait nullement échapper à la tyrannie de «l’impératif catégorique» : «tu dois… » ou «tu ne dois pas… ».

L’aveu n’est pas forcément, comme on pourrait le croire, l’aboutissement d’un projet infantilisant ou sadique qui permet à son auteur de prendre sa revanche sur l’autre, mais la manifestation d’une torture intérieure qui inonde, tel un fleuve en crue, chaque parcelle de notre vie. Parlant alors de l’aveu, nous n’avons pu résister à la métaphore médicale : avouer sa faute libère les voies respiratoires.

C’est à se demander si l’adultère est la meilleure réponse aux problèmes de couple ? Que non ! Il ne fait que différer ces problèmes. Mieux, c’est la pire des réponses. Et si le problème était relatif à l’épouse ou au mari infidèle ?

Qui n’a pas connu ces moments de vide existentiel, de manque, ce besoin d’attirer tous les regards sur soi, d’être en quelque sorte le centre de gravité du monde ? Qui n’a pas été visité par cette envie de «voler» une nuit avec un ou une inconnu(e) qui ne faisait que passer ? ou saisi par cette étreinte du goût des portes dérobées ? Surtout dans nos sociétés où les hommes ont droit à quelques coups de canif dans le contrat, avec cette possibilité de partager leur corps entre deux, trois, voire quatre épouses. Le coup de canif dans le contrat a pour nom polygamie. Sacrilège ! J’entends d’ici le rire moqueur des «guerriers» qui adorent jouer avec le jouet le plus dangereux…

Heureusement que face à la tentation, l’homme ou la femme peut être traversé par cette volonté de résister à tout déchirement qui confond son être. Il peut mettre en cage Dionysos si telle est sa volonté…

La vraie interrogation est alors : pourquoi ce vide, ce manque ? La mauvaise réponse à cette question, pour ceux qui ne supportent pas le jeu de miroir, est le vagabondage ou nomadisme sentimental, en lieu et place d’un travail sur soi, d’introspection pour chercher à savoir ce qui fait bouger le Minotaure. L’aventure extraconjugale devient alors une sorte de fuite en avant, de tranquillisant au beau milieu de la tempête amoureuse.

L’infidélité renvoie au mensonge, à la trahison, à quelque chose d’éphémère. Elle creuse davantage le fossé au sein du couple, en prétendant le combler par cette fuite en avant qui laisse le problème en l’état. Alors que son contraire - la fidélité - est la foi en la vérité envers soi et envers l’autre. Cette fidélité fait entrevoir et tenter d’installer quelque chose de permanent, d’immuable, d’éternel ; le temps ne lui résiste pas, encore moins les circonstances. Elle est synonyme de respect de soi et de l’autre, d’attachement à l’essence des choses dont l’enveloppe peut se détériorer avec l’usure du temps. En somme, la fidélité est la preuve d’amour que l’on éprouve envers l’autre.

Sudquotidien

PiccMi.Com

Jeudi 9 Avril 2015 - 16:00



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