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CONTRATS D’AMA-SENEGAL ET DE VEOLIA : Les plus gros scandales jamais connus dans le secteur des ordures





CONTRATS D’AMA-SENEGAL ET DE VEOLIA : Les plus gros scandales jamais connus dans le secteur des ordures
Les deux plus gros scandales jamais connus dans le secteur du nettoiement sont les contrats de Véolia et d’AMA-Sénégal. Mais, précise le rudologue Pape Souleye Sow, quand on n’a pas l’habitude de lire ce genre de contrats, on peut tomber dans des pièges.

Selon lui, Véolia a utilisé une «stratégie basé sur celle du Niger : entrer par la petite porte des ordures qui ne rapportent rien pour déboucher sur l’eau après une intégration des rouages de l’administration». En effet, Véolia qui gère les zones les plus faciles de Dakar est payé la tonne trois plus chères (plus de 33000 F Cfa la tonne) que les autres concessionnaires locaux dont les mieux rémunérés reçoivent 7500 F Cfa la tonne. C’est inacceptable.

Selon le rudologue, dans le fondement quand on cherche on découvrira que les véhicules avec lesquels cette société travaille appartiennent à l’Entente Cadak-Car depuis très longtemps. C’est par rapport au montage financier du contrat à travers lequel c’est avec l’argent du Sénégal qu’on a acheté ce matériel. «Donc Véolia utilise l’outil de l’Etat pour le service avant d’être payé par l’Etat». Ce qui fait «qu’en réalité, au bout d’un an, le matériel de Véolia revenait de droit à l’Entente».

Le cas d’AMA est encore pire, car cette société a fait croire aux gens ce qui n’existe nulle part dans le monde. Elle a même prévu dans le contrat, après traitement des déchets, de produire des glaces alimentaires, de l’eau minérale, du compost, du gaz, de l’électricité, de l’énergie avec les ordures, en plus du balayage des rues, de la collecte et du transport pour moins de 3500 F Cfa la tonne. Alors qu’en réalité AMA-Sénégal n’était qu’une régie municipale de la ville de Rome. Et le gouvernement dans l’euphorie s’est fait avoir, explique-t-il.

Pour le rudologue, celui qui ne s’est jamais fait avoir par cette société c’est Moustapha Niasse alors Premier ministre du Sénégal. «On m’avait demandé de lui faire une note pour éclairer sur les dessus de cette société. Je lui ai fait une notre de 8 pages avec chiffre à l’appui de tous les éléments de magouille». Mais malheureusement, le premier contrat que son remplaçant Mame Madior Boye a signé c’est celui d’AMA. «C’est la faute au cloisonnement des services, de l’administration où on ne se passe pas les dossiers, on ne se parle pas. Si Mame Madior Boye avait les mêmes informations que Moustapha Niasse elle ne signerait jamais ce contrat».
Nouvelle orientation : l’Etat refile les ordures aux élus locaux

Depuis l’avènement du nouveau régime issu des urnes le 25 mars 21012, l’Etat semble s’inscrire dans une nouvelle dynamique dans la gestion des ordures ménagères. Il veut renoncer à la maîtrise d’ouvrage en refilant «l’or dur» aux élus locaux dont c’est le job. Malgré la pression des lobbies puissants que cette entreprise n’arrange pas l’Etat doit aller jusqu’au bout de sa logique en ayant en mémoire que toutes les structures étatiques à ce jour se sont embourbées dans les tas d’immondices dont elles avaient la charge de débarrasser la cité.

C’est pourquoi, dans cette nouvelle orientation de l’Etat sur la base de laquelle on peut construire, chacun des acteurs a des rôles et responsabilités à jouer. On doit les cadrer et f aire un système de link entre ces acteurs dans le processus de rapprocher les services des utilisateurs. Dans le meilleur des systèmes c’est aller jusqu’à ce que les communes d’arrondissement puissent être intégrées dans l’activité de gestion à la base. Comme le principe c’est de rapprocher le service des utilisateurs il faut descendre jusqu’aux communes d’arrondissement.

En effet, autant l’Etat est trop grand pour gérer des histoires de collecte, autant certaines communes sont trop grandes pour gérer des histoires de balayage et de désensablement. Il faut leur donner la gestion des déchets avec l’autonomie pour quelles puissent faire bien le travail avec des plans prédéfinis. Sinon, le spectre de l’échec des défuntes sociétés et agences est toujours là.

Toutefois, force est de rappeler que les déchets solides constituent une famille dont une des composantes s’appelle les ordures ménagères, c’est-à-dire les déchets solides ménagers et assimilés. Donc les déchets biomédicaux et industriels qui nécessitent des précautions particulières de prise en charge autres que celles qu’on prend pour les déchets ménagers ne relèvent pas de leur compétence.
Ce qui a coulé la SIAS toujours d’actualité

Un exemple patent parmi plusieurs autres, la SIAS qui était une société publique à participation majoritaire de l’Etat créée en 1985. Deux ans après, en 1987 la SIAS bénéficiait en équipement immobilisé dans la cours de Pikine d’une valeur de 13 milliards de F Cfa. Il s’agit d’environ 4 milliards d’équipements acquis sur fonds propres, 4 milliards du Royaume du Japon et 5 milliards de l’Arabie Saoudite dans le cadre du partenariat entre nos deux pays.

En 1990-1991, soit trois ans plus tard, la SIAS avait de la peine à sortir par jour une vingtaine de camions aptes à aller faire du service. Malgré ce package d’équipement, Dakar devenait de plus en plus salle. Cela s’explique par le fait que simplement on n’avait pas pris l’attache des spécialistes. Tout s’est fait dans le cadre de comités de fonctionnaires ou plus administratifs que techniques. Or «avec 13 milliards d’équipement à l’époque, on doit pouvoir nettoyer la capitale du Sénégal, celles de Guinée-Bissau, du Cap-Vert, du Mali…», note Pape Soulèye Sow.

Constat, poursuit-il, «la SIAS était suréquipée, mais mal équipée. Le matériel était inadapté dans la plupart des cas, ceux qui sont allés l’acheter ne comprenant rien. C’est des risques qu’on peut courir même dans ce qu’on est en train de faire maintenant». Alors quand la grande crise s’est installée en 1992, il y a eu les ‘’set-setal’’. Et, en conseil interministériel, le Premier ministre d’alors Habib Thiam «nous a demandé de faire un plan de restructuration de la SIAS. Mais dans ce plan, on s’était rendu compte, après diagnostic, que dans une gestion des déchets, la SIAS était quelque fois à plus de 60% de masse salariale. C’était impensable. Or la marge admise pour les salaires ne doit être comprise qu’entre 30 et 40%.

D’ailleurs, à 40%, on commence à crever les pneus et à 30% on est bon», renseigne-t-il.
Il y avait également un personnel pléthorique. Le comité qui avait présidé à la création de la SIAS s’était rendu compte qu’il fallait prendre en même temps les HLM, la SICAP qui avaient chacun son service de nettoiement et la défunte SOADIP pour créer la SIAS. C’était facile parce que ces sociétés étaient actionnaires à la nouvelle société à venir.
Ainsi pour un besoin de 800 agents, tout corps de métiers compris, pour faire tourner la SIAS ont s’est trouvé avec 1200 employés à prendre en charge, soit 400 bras morts en plus. Mais «l’Etat a voulu gérer le social et j’ai mis dans le plan de restructuration qu’on devrait partir avec ces 1200, mais pas de valorisation de salaires, pas d’embauche sauf pour les corps de métiers de chauffeurs et de balayeurs, pendant les quatre prochaines années. Et il n’y a pas de remplacement pour les décès, démissions etc.».

Il s’agissait de planifier pour qu’au bout de quatre ans on arrive à 800 agents. Mais deux années plus tard on était à plus de 1600, soit 400 autres de plus. Un deuxième plan de restructuration s’imposait avec comme premier principe la compression. Ici la règle c’est que les derniers arrivés seront les premiers à être remerciés. Tout le monde était partant au vu du document, mais les pesanteurs politiques ont fait que cela ne s’est jamais matérialisé, car c’était demander aux politiciens de retirer des gens qu’ils avaient recasé, les derniers venues. Et le résultat, on le connait, la SIAS s’est cassé la figure.


Encadré

ENERGIES RENOUVELABLES
Le plastique produit du biocarburant

Quant la science a inventé le plastique, on avait dit que c’était le matériel paradisiaque parce qu’on pouvait tout faire avec. Mais on ne savait pas qu’il y avait du tout dans la plastique. Aujourd’hui, la science et la technologie sont allée plus loin jusqu’à extraire du biocarburant des déchets plastiques.

Selon Pape Souleye Sow, rudologue et enseignant à l’Institut des sciences de l’environnement (ISE) de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) Dakar, «aujourd’hui, le plastique est transformable en biocarburant. Je viens d’une rencontre en Europe et je suis rentré avec des échantillons de gasoil et d’essence tirés du plastique dans une unité sur laquelle on est en train de travailler».

Qu’est-ce qui s’est passé ?

Le rudologue, expliquant le procédé ayant abouti à ce succès, souligne que le «plastique était une matière organique avant de se fossiliser et de devenir du pétrole. Et c’est de ce pétrole qui est une énergie fossile qu’on a tiré le plastique comme dérivé. Et des gens se sont dits qu’en créant cette même condition physico-chimique on pourrait récupérer la part organique qui reste et qui est contenu dans ce plastique qu’on rejetait, la charge organique initiale étant toujours là. C’est sur cette charge organique qu’on a travaillé pour arriver à ce niveau».

Ce qui fait que malgré que tout le monde soit contre le plastique (il peut rester des siècles sous terre sans se dégrader), mais il faut faire avec. Donc pendant certains reprochent aux Sénégalais de réfléchir trop, les toubabs eux sont allés plus loin, ils réfléchissent pour trouver.


Aspects socioculturels de la gestion des ordures : quelques anecdotes

Lébou - «J’ai rencontré une femme-lébou qui a déversé sa poubelle devant chez-elle. Quand je lui ai posé la question elle m’a dit : écoutez monsieur moi je ne comprends pas ce vous dites. Vous me demandez de laissez ma poubelle dans la maison et ma coépouse va utiliser cela contre moi. Elle va amener cela chez le marabout et mon marie me jettera dehors comme on jette ces déchets».

Aprodak - En 2005, l’Agence pour la propreté de Dakar (Aprodak) avait distribué des poubelles dans les ménages de Dakar jusqu’en banlieue. Mais les populations les femmes surtout ont transformé ces poubelles en bassines d’eau ou en greniers pour la conservation de riz, mil, bref denrée alimentaire ou tout simplement elles ont servi à garder des habits salles de la famille en attendant le jour du linge.

D’ailleurs, la première distribution de poubelle qu’il y a eu au Sénégal avec la SOADIP, ces récipients étaient retrouvés à Sandaga où les Baol Baol les utilisaient pour vendre du mil du niébé. Ce qui avait obligé la société à la longue à percer les fonds de poubelles avant distribution.

France - A Bordeaux une vieille dame qui vivait seul a refusé de prendre une poubelle de 35 litres comme lui autorise la règlementation pour une question sécurité. Elle s’explique : «si je prends cette poubelle, tout le monde saura que je vis seule et je vais être agressé». Le technicien lui dit on peut te donner une poubelle de 70 litres, mais à condition que tu ne la sorte pas tous les jours. Et la vielle dame de répondre «mais si je ne la sort pas tous les jours, on va dire que cette maison est inhabité et on va m’agresser. Alors que si la grosse poubelle est dehors tous les jours, les gens diront qu’ils y a plusieurs personnes qui habitent la maison. Ce qui me met en sécurité». Une histoire qui nous ramène à la gestion socioculturelle des ordures.

SUD QUOTIDIEN

Jeudi 7 Juin 2012 - 08:19



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