contenu de la page



Circulation à DAKAR : Un calvaire au quotidien pour les usagers



Occupant moins de 3 % du territoire national, Dakar regroupe 25% de la population et concentre 80% de l’activité économique du pays. Une situation qui n’est pas sans conséquences, avec notamment d’énormes difficultés en matière de circulation routière. Tous les acteurs de la route, chauffeurs de bus, ou de taxi, particuliers, agents de Police et de la Compagnie de la circulation déplorent, à l’unanimité, cet engorgement qui coûte plus de 100 milliards de Fcfa par au Sénégal.



Circulation à DAKAR : Un calvaire au quotidien pour les usagers
Circuler sur les routes de Dakar est devenu un véritable calvaire de nos jours ! Ce constat est fait par plusieurs acteurs de la société. En effet, avec les projets de l’Apix et la construction des routes, les dakarois pensaient qu’il serait plus facile de sillonner les rues de Dakar. Mais à côté de l’indiscipline des usagers de la route que dénonce le citoyen lambda comme principale cause des embouteillages, le commissaire Mamadou Ndour, commandant de la Compagnie de circulation de Dakar, dégage diverses pistes pour expliquer l’engorgement des chaussées à Dakar.

Indiscipline et encombrement des routes

Un tour sur l’autoroute à péage permet de se rendre compte des difficultés auxquelles les hommes de tenue sont confrontés tous les jours avec les conducteurs. Un agent de la circulation parlant sous l’anonymat déclare : «les conducteurs ne respectent pas souvent la code de la route, ils sont conscients des risques qu’ils encourent après effraction, mais ils n’en font qu’à leur tête». Il s’indigne des préjugés qu’ont les Sénégalais envers l’honnêteté des hommes de tenue. « On ne fait que notre travail», déclare-t-il, ajoutant que «dans chaque métier il y a une poignée de personnes malhonnêtes». Volontaire de la mairie de Dakar au centre-ville, une jeune dame ajoute qu’il est difficile de gérer la circulation à Dakar.

« Les conducteurs sont très impolis ; ils ne nous respectent pas », lance-t-elle. Une autre ajoute que «ce sont surtout les taximen qui posent beaucoup de problèmes ; ils ne respectent jamais la code de la route et passent leurs temps à nous traiter de filles faciles». Très remontée, elle poursuit : «ils ne savent pas que si on est là, ce n’est pas parce que c’est notre souhait, c’est plutôt pour éviter de tomber dans la débauche». Seul homme présent parmi elles, Madou Mané s’indigne : «ce qui me fait mal, c’est que les personnes qui agissent ainsi ne le feront jamais à l’étranger. S’ils agissent de la sorte, c’est parce que nous ne portons pas de tenue. Nous espérons que d’ici peu nous serons habilités à sanctionner les conducteurs qui ne respectent pas les règles».

Le chauffeur de taxi Mawdo Niang ne peut pas comprendre comment des gens qui ne maîtrisent pas le code de la route ou qui sont en apprentissage peuvent leur montrer comment circuler sur la route. Même son de cloche pour Gora Diouf qui déclare : « ça fait plus de 10 ans que je suis chauffeur de taxi. Donc je ne peux pas concevoir qu’un gosse de rien du tout vienne me dicter une loi que je connais déjà».
A son avis, «si c’est seulement pour les passages piétons qu’ils sont là, les autorités n’ont qu’à installer des panneaux de signalisations». A ce sujet, le commissaire Mamadou Ndour, commandant de la Compagnie de circulation déclare que «la mairie de Dakar est sur le projet, elle est même arrivée à faire un essai et cela a très bien marché».Les chauffeurs ne sont pas en reste dans cette complainte. Conducteur de Tata, Issa fait porter le chapeau aux agents de Police. «La circulation est certes dense à Dakar, mais les policiers en sont aussi pour quelque chose », dit-il. Avant d’expliquer : «vous vous faites arrêter pour une raison ou une autre. De toute façon, vous avez toujours tort. L'agent vous demande alors vos papiers et même s'il n'a rien à vous reprocher, il retourne à ses occupations, ce qui contribue à bloquer la circulation». A son avis, même dans les embouteillages, il faut surveiller le rétroviseur arrière et les côtés. « Car il arrive qu’une route à deux voies normale soit transformée en 5 voies, en plus d’une voie en sens inverse, par les véhicules de transport en commun qui peuvent vous dépasser à gauche et à droite pour aller plus vite», poursuit-il. « Si cette file supplémentaire se trouve bloquée, alors des conducteurs, encore plus malins que les premiers, créeront une voie de plus sur la gauche et éventuellement sur la droite, bloquant ceux qui viennent en sens inverse», ajoute le chauffeur Issa qui trouve que pour ces indisciplinés, «c'est le cadet de leurs soucis ». De plus, la circulation est très dense, selon lui, parce que nos routes sont étroites, que se partagent « cars rapides », autocars, taxis et autres véhicules hippomobiles.

Une Compagnie de la circulation créée en 2005

Un autre usager de la route préférant garder l’anonymat déclare quant à lui : «le code de la route n'est pas toujours respecté et les véhicules arrivent de tous les côtés et chacun s'insère comme il peut ou veut dans la circulation. Dans ces conditions, l’autre désagrément, c’est qu’on ne peut échapper aux odeurs malodorantes et autres gaz des pots d'échappement que vous inhalez à pleins poumons».
Ces avis sont corroborés avec quelques variantes par le commissaire Mamadou Ndour, commandant de la Compagnie de circulation de Dakar, qui a été créée en 2005. Celui-ci avance que la circulation à Dakar est un problème de portée économique, en ce sens que les embouteillages créent un préjudice estimé à plus de 100 milliards de Fcfa par an (chiffre de 1998 - ndlr), en sus des désagréments sociaux. Ainsi, M. Ndour dégage 5 causes principales de l’engorgement de la circulation, à savoir : l’insuffisance d’infrastructures par rapport au parc automobile, l’indiscipline des usagers, l’absence de signalisations, le déficit de moyens pour la Police routière et l’encombrement de la voie routière. Selon lui, l’Etat en a pris conscience et c’est ce qui explique la construction de routes un peu partout à Dakar. Aussi toujours d’après lui, pour freiner l’indiscipline, le législateur a abrogé l’ancien code et a mis en place un nouveau beaucoup plus sévère. Il commente : «c’est une manière répressive de mettre fin à l’indiscipline». Selon M. Ndour, «si dans un Etat, la route est partagée entre marchands ambulants, tabliers, véhicules et piétons, c’est parce qu’il y a problème». Pour lui, il est plus qu’urgent que la route soit désencombrée. «En tout cas, moi, je l’ai fait dans certaines zones et j’assume toutes mes responsabilités», dit-il. Le commissaire recommande également de lutter contre le stationnement anarchique. A son avis, les conducteurs se garent comme ils veulent et cela engendre souvent des blocages. De même, il faut régler le déficit de moyens dans la Police qui, pourtant, a été à l’origine de la création de la Compagnie.

Pour Mamadou Ndour, il est important de régler le problème du commandement, de faire appel à beaucoup d’effectifs et d’avoir un comportement unique, c'est-à-dire que les différents services chargés de la circulation opèrent de la même manière. A son avis, dans tous les cas, il est important dans le processus de régulation, d’avoir une bonne visibilité du mouvement des voitures et de régler le problème à la racine.

PiccMi.Com

Mardi 20 Septembre 2011 - 06:50



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.










TWITTER
SENEGAL | VIDEO - Thierno Madani Tall reçu par le Khalif des Mourides;Cheikh... | PICCMI https://t.co/pZwHZX5tnN https://t.co/17iabZTm9w
SENEGAL | BARTHELEMY DIAS S’EXPLIQUE, CE MARDI: A peine installée en début de... | PICCMI https://t.co/PqwpvrLqp9 https://t.co/0m6JyAU8g7
SENEGAL | HAUT CONSEIL DES COLLECTIVITES TERRITORIALES: TANOR, LES MAINS LIEES:... | PICCMI https://t.co/VV2cQjULaT https://t.co/wZIfpUWEEU
SENEGAL | MISSIONS DE PAIX DE L’ONU : LE SÉNÉGAL POUR UN RÉAJUSTEMENT DES... | PICCMI https://t.co/XvLaiZPAoG https://t.co/ldK6JzK6UL
SENEGAL | Panne de la chaloupe en pleine mer : GOREE ECHAPPE AU NAUFRAGE -... | PICCMI https://t.co/zLHP61XGsN https://t.co/p0MCryEI5l
SENEGAL | 114ème Gamou de Pire : El Hadj Moustapha Cissé relève les pires tares... | PICCMI https://t.co/7nH27hDgM9 https://t.co/MS9UMT9Fsz
SENEGAL | COMMÉMORATION DU CINQUANTENAIRE DU 1ER FESTIVAL MONDIAL DES ARTS... | PICCMI https://t.co/0jJd7Jvgam https://t.co/LQcWO2wsb9
SENEGAL | LIGUE 1 : LE STADE DE MBOUR BATTU (0-1) À DOMICILE PAR GORÉE: Le... | PICCMI https://t.co/T3em6qhkEf https://t.co/YKWg3zF3PS
SENEGAL | LIGUE 2 : LE DUC PREMIER LEADER: Le Dakar université club (DUC) a... | PICCMI https://t.co/PwvMrdrPEi https://t.co/kro3wWWdsa
SENEGAL | SAHARA OCCIDENTAL : MOHAMMED VI SALUE "LE SOUTIEN INÉBRANLABLE" DE... | PICCMI https://t.co/Gsk6y8uRpW https://t.co/RX7Nzf7CN9