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DAKAR COMME PARIS : Un rêve «suspendu» à la maîtrise du foncier et de l'établissement humain





DAKAR COMME PARIS : Un rêve «suspendu» à la maîtrise du foncier et de l'établissement humain
Bien gérer une ville comme Dakar nécessite de la prospective et se mettre se mettre en perspective pour créer les conditions de prévisibilité et de visibilité. C'est pourquoi le maire de la ville Khalifa Ababacar Sall reprend à son compte le rêve de Senghor selon lequel «Dakar serait comme Paris en 2000» en dotant la capitale d'un plan stratégie de développement pour les cinq prochaines années et à l'horizon 2025. Cela suppose une maîtrise de l'établissement humain et au-delà du foncier.

Si tous les milliards consacrés au pompage des eaux de pluie des sites inondés étaient utilisés pour des projets de réhabilitation de zones habitables, la question des inondations serait un vieux souvenir à Dakar. Le maire de la ville, Khalifa Ababacar Sall en est convaincu. Dans un entretien avec le site «Afrik.com», dans le cadre du Sommet Africités VI qui s’est tenu à Dakar du 4 au 8 décembre 2012, Khalifa Ababacar Sall se veut claire. «Je préfère dire les choses : si toutes les sommes consacrées au pompage (ndlr-des eaux de pluies) étaient utilisées pour des projets de réhabilitation de zones habitables, nous n’aurions pas de problème».

Le maire de la ville qui souligne que les inondations sont la conséquence de l’établissement humain, milite pour le déguerpissement des populations des zones non aedificandi dans la perspective de redonner à la capitale son lustre d’antan. «Les zones qui doivent et peuvent être construites le seront. Mais mon discours ne plaît pas toujours. Avec le retournement du cycle hydrique, l’eau va reprendre ses droits. Allons-nous consacrer chaque année 5-10 milliards de F Cfa au pompage ? Ce n’est pas la solution! Les zones inondables, il faut les laisser à l’eau. Il faut qu’on se donne plutôt les moyens de déplacer les populations», suggère-t-il.

Auréolé par la nouvelle stratégie de développement pour les cinq prochaines années et à l’horizon 2025, un plan directeur dont la ville vient de se doter, Khalifa Ababacar Sall promet que les dakarois peuvent s’attendre «à vivre dans une belle ville où il fera bon vivre. Senghor avait dit que Dakar serait comme Paris en 2000. Il nous a vendu un rêve. Quand vous dirigez des gens, il faut leur donner des raisons d’espérer et le rêve est une excellente chose. Mais quand on rêve, il faut tout faire pour le réaliser. Senghor voulait que Dakar soit une ville. Avant qu’il ne parte, il y avait des rues, des trottoirs, un établissement contrôlé, les Sénégalais allaient à la plage, les gens se baignaient…».

Le maire de la ville déplore le fait qu’en 2012, Dakar n’a plus de rues, de places publiques, les populations n’accèdent pas à la mer, ils ne vivent pas bien… Suffisant pour qu’il lance : «il nous faut reprendre à notre compte le rêve de Senghor en restaurant l’existant. Ceux qui connaissent Ponty savent que c’était une belle place. Aujourd’hui, on ne peut plus y faire un pas. Il n’y a pas d’espaces verts… Voilà ce que Senghor voulait éviter à Dakar. Nous, socialistes, avons été accusés de chasser les vendeurs ambulants qui pratiquent un commerce illégal. Aujourd’hui, nous nous sommes compris: les commerçants ambulants ont accepté de partir et nous les aideront à s’installer ailleurs».

Non maîtrise de l’établissement humain, l’habitat spontané : la grande difficulté

Interrogé sur les moyens et la possibilité de réaliser un tel rêve alors que la ville de Dakar n’a plus la maîtrise de son foncier, le maire répond que c’est seulement en 2009, avec l’arrivé de son équipe (en avril de cette année) qui avait manifesté sa volonté de revenir sur un certain nombre de lotissements qui avaient été faits, que le Président Abdoulaye Wade alors au pouvoir «a fait voter une loi qui rétrocédait à l’Etat ces compétences en octobre 2009».

Toutefois, l’espoir est permis avec le président MackySall qui a indiqué qu’il restaurerait les collectivités locales dans toutes leurs compétences. «Il a commencé et c’est cela qui nous rassure. Ce n’est pas le foncier qui nous fait vivre. Par contre, si nous avons les compétences en matière de lotissement, nous aurons une prise sur l’établissement humain. Les gens ne pourront plus se mettre, construire où ils veulent. Leur installation sera gérée et maîtrisée. Nous savons tous que la grande difficulté dans nos villes, c’est l’établissement humain non maîtrisé, c’est l’habitat spontané», précise-t-il.
Pour Khalifa Ababacar Sall, la question de l’établissement est par conséquent essentielle. C’est pourquoi Africités VI s’est intéressé à cette thématique: «Comment promouvoir les populations dans leur site d’origine ? Africités, ce n’est pas que l’urbain mais l’ensemble des collectivités locales. Comment faire en sorte que même la population rurale, qui ne peut plus cultiver, ait d’autres moyens de survivre sur son terroir au lieu d’éprouver le besoin d’aller en zone urbaine ?

Les autorités locales doivent être en capacité de répondre aux interpellations, aux besoins primaires et essentiels des populations dans leurs terroirs. C’est ce qui rend pertinent le thème d’Africités: Construire à partir des territoires. Mais avant le territoire, il y a le terroir, le quartier… La maison même est un terroir puisqu’elle est la première cellule du territoire», renchérit le maire de Dakar.

D’ailleurs, rappelle-t-il, «pour la réalisation de beaucoup de projets, nous sommes allés chercher de l’argent uniquement auprès des guichets privés pour faire, par exemple, les feux tricolores, les pavages, reprendre la voirie, l’éclairage, construire le palais des congrès, le Dakar City Center, et bientôt le Dakar Business Center».

Sud Quotidien

Samedi 15 Décembre 2012 - 19:09



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