contenu de la page
Connectez-vous S'inscrire



DÉCÈS DE NDÈYE KHADY NIANG : La danse sénégalaise perd une étoile



La communauté artistique sénégalaise est en deuil. La célèbre danseuse Ndèye Khady Niang est décédée hier, dimanche, des suites d’un malaise chez elle à la Sicap Amitié 3. Son inhumation est prévue aujourd’hui. Le grand tambour-major, Doudou Ndiaye Coumba Rose, qui a travaillé avec elle pendant 50 ans, considère que sa disparition est une grande perte.



DÉCÈS DE NDÈYE KHADY NIANG : La danse sénégalaise perd une étoile
« J’ai l’impression d’avoir perdu mes doigts lorsqu’on m’a annoncé le décès de Ndèye Khady Niang. Je suis sous le choc. Le Sénégal vient de perdre une ambassadrice voire une icône de sa danse. J’ai travaillé avec elle pendant au moins 50 ans », a témoigné le grand tambour-major de Dakar, Doudou Ndiaye Coumba Rose, que nous avons joint par téléphone hier soir. D’une voix étreinte par l’émotion, il nous a confié avoir connu la disparue alors qu’elle n’avait que 14 ans. Il a rappelé que cette dernière était de la même génération que les célèbres danseuses de Dakar telles que Oumy Sène, Aissata Bâ, Khayassi Niane (sœur de Cheikh Niane, actuel gérant du night-club Yeungoulène), Aissatou Fatou Diamé et Isseu Niang.

A l’époque, de nombreux « khawaré », « tann-beer » et « simb » étaient organisés à Dakar. « Ces danseuses étaient des vedettes. Elles étaient incontournables lors de ces manifestations. Toutefois, Ndèye Khady Niang cassait la baraque grâce à son talent inédit », a-t-il précisé. Leurs chemins se sont croisés lors d’un tann-beer (séance de tam-tam nocturne) organisé à l’Asecna. Affecté par le décès de Ndèye Khady Niang, le grand tambour major a souligné que cette dernière était douée dans la création de nouveaux styles et de l’harmonie dans la danse. « Personne ne pouvait l’égaler dans cet art. Elle était polyvalente et dansait à toutes les musiques : mandingue, wolof, sérère, peul, diola..., avec beaucoup de finesse et de maîtrise. Sa danse était un bréviaire de la culture sénégalaise. Et c’est un honneur pour moi d’avoir été son batteur préféré. Nous avions effectué des tournées en Europe, aux Etats-Unis, en Afrique... », nous a-t-il révélé.

Comme anecdote, Doudou Ndiaye Rose raconte leur voyage au Gabon. « Ndèye Khady Niang avait tellement bien dansé que le président Omar Bongo ne pouvait plus retenir sa joie. Je me rappelle, l’épouse de Bongo s’était même fâchée publiquement contre lui. Lors de nos tournées, des chefs d’Etat nous offraient de nombreux cadeaux. C’était extraordinaire », poursuit-il. Au début, le père de Ndèye Khady ne voulait pas que sa fille danse, mais à force de persévérance et d’abnégation au travail, cette dernière avait fini par convaincre sa famille que la danse est un métier qui peut faire vivre son homme. « Les jeunes doivent s’inspirer d’elle pour continuer à rendre plus noble cet art qui, hélas, commence à être perverti », regrette Doudou Ndiaye Rose.

Pour sa part, le secrétaire général de l’Association des métiers de la musique du Sénégal (Ams), Guissé Pène, nous a confié que c’est Ndèye Khady Niang qui a donné à la danse traditionnelle sénégalaise ses lettres de noblesses. « Sa disparition est une grande perte pour la communauté artiste et plus particulièrement pour l’Ams. Elle a été la première artiste sénégalaise à exporter la danse hors de nos frontières, car elle avait l’art d’envoûter le public, ce que l’on ne voit plus maintenant », a-t-il expliqué.

Maké DANGNOKHO
Le Soleil.Sn

A. D.

Lundi 30 Août 2010 - 03:00



Nouveau commentaire :
Twitter

Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.