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DEGATS COLLATERAUX DE LA GREVE DE 300 COUPEURS : LA CSS DIT AVOIR SUBI DES PERTES DE L’ORDRE DE 1,8 MILLIARD CFA





La grève observée, au début du mois de janvier par quelque 300 ouvriers coupeurs de la Compagnie sucrière sénégalaise (Css), a causé un lourd tribut à l’entreprise. Au-delà des agressions et autres menaces de morts à l’égard des autorités et du personnel de l’entreprise, la Css dit avoir subi des pertes chiffrées à 1,8 milliard de francs Cfa.

Le début de ce mois de janvier n’a pas été de tout repos pour les autorités de la Compagnie sucrière sénégalaise (Css). Cela, à cause d’un mouvement d’humeur de quelque 300 coupeurs de canne. Ces derniers ont fait subir un lourd tribut à la société, du fait de leur arrêt de travail, avec des pertes cumulées estimées par la direction de la Css à environ 1,8 milliard de francs Cfa. La révélation a été faite dimanche par le Directeur général de la Css, André Froissard, de concert avec le directeur des ressources humaines, Louis Lamotte, documents à l’appui.

«Rien que pour le sucre qui était dans la sucrerie, les 1200 tonnes en fabrication étaient parties en sommeil pendant plusieurs jours et se sont dégradées et 20% de la valeur ont été perdues. Ce qui a fait une perte de 150 millions», a déclaré M. Froissard, selon qui, «on a le prolongement de la campagne en frais fixe sur le gasoil, sur les salaires, sur la santé, etc. Ce qui fait une campagne de frais fixe de 630 millions de francs Cfa, sans compter ce qu’on appelle le recyclage des cannes».
Mais au-delà de ces pertes de près de 2 milliards, les autorités de la Css ont subi des agressions et de menaces de mort de la part des grévistes, provoquant ainsi un blocage systématique de l’entreprise, pendant quelques jours.

Ce qui s’est réellement passé, selon la Direction

Le Directeur général de la Css explique: «En réalité, ce n’était pas une grève générale. C’était plutôt 300 coupeurs qui refusaient de monter dans les camions pour aller travailler et qui empêchaient les autres à travailler. C’est ce qui était gênant, c’est qu’ils ne voulaient voir personne, ni la direction, ni le syndicat. Le lendemain, c’est à dire le 2 janvier, le préfet est venu s’enquérir de la situation. Ils ont brandi un protocole de l’année dernière qui n’est pas appliqué. Ce qui n’est pas vrai, parce qu’on avait pris soin en début de campagne de réunir les délégués pour voir si tout était en ordre et avant même de commencer la campagne, j’ai accepté de faire un avenant».

Finalement le préfet les a amenés au travail. Bien entendu, souligne le Dg de la Css, «on a trouvé tout un tas de meneurs sur cette affaire qui était déjà repérés par l’encadrement, qui étaient même repérés par les syndicats qui nous ont dit que si vous n’enlevez pas ces gens, ça va recommencer. Et sur les 200 noms, on a reconvoqué 69 personnes qu’on a décidé de licencier».

Comment le pire a été évité

Mais après ces licenciements, la Direction a eu trois jours extrêmement durs, jusqu’à un blocage complète de l’entreprise. «C’était une usine fermée avec impossibilité d’aller au travail», explique André Froissard qui précise que ce n’était pas tout. «Puisque parmi les 69 personnes qui bloquaient et qui détenaient tous des coupe-coupe, il y a des perturbateurs. Mais il y a surtout des gens violents et qui ont commencé à agresser tous ceux qui voulaient travailler. Le premier jour, on a réussi à avoir 5 500 personnes au travail sur 6 006. Mais pratiquement tous les coupeurs n’arrivaient plus à travailler. Ce qui nous a amenés à annoncer à la radio que tous ceux qui voulaient travailler, viennent travailler. Finalement, on s’est retrouvé au total avec 860 journaliers qui sont arrivés de partout», dit-il.

Après, poursuit le Dg, «il y a eu des agressions dans les quartiers, des menaces de morts, des bras cassés… On a détecté 14 violents, on a porté plainte auprès du Procureur. J’ai appelé le gouverneur et le Colonel de gendarmerie en leur disant qu’on ne peut plus entrer dans l’entreprise qui est en train de tourner toute seule sans sécurité. Pis, nous avons 30 000 tonnes de bagages qui peuvent s’enflammer à tout instant et aussi 3 millions de litres d’éthanol».

Les conditions de travail

«Finalement, il y a eu plus de peur que de mal, puisque le Colonel est arrivé avec 150 gendarmes qui ont libéré les deux bus qui avaient été pris en otage avant de rétablir l’ordre», renseigne-t-il.

Mais ce qui est paradoxal, c’est que ces manœuvres sont les mieux payés au Sénégal, si on en croit le directeur des ressources humaines de la Css, Louis Lamotte. Pour montrer que ces propos ne sont pas des formules empruntées, il a déclaré : «Quand on nous accuse de mal payer, nous avons sorti les bulletins et les salaires tournent autour de 120 000 à 300 000 francs Cfa, avec des avantages, sans compter les primes de Tabaski. Les saisonniers sont pris 7 mois et leurs familles sont prises en charge 12 mois par an. Ils ont tous ce qu’ont les permanents. Il n’a pas de prime de transport, parce qu’ils ont transporté et le repas est donné gratuitement. Quel que soit le volume coupé, le minimum est payé à 3 405 francs Cfa la tonne, sans compter la prime d’assiduité».

Par ailleurs, André Froissard a déclaré que cette année, la Css aura une baisse de production de 4 000 tonnes à cause du climat, ce qui fait que l’entreprise sera obligée d’importer. Toutefois, il rassure que la production connaîtra une hausse durant l’année 2016-2017 qui tournera autour de 150 000 tonnes par rapport aux 132 000 tonnes de l’année dernière.

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PiccMi.Com

Mardi 26 Janvier 2016 - 19:00



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