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DENSIFICATION DE LA DESSERTE DAKAR-ZIGUINCHOR PAR VOIE MARITIME : TROIS BATEAUX DANS UN FLEUVE FORTEMENT AGRESSE PAR L’ENSABLEMENT





DENSIFICATION DE LA DESSERTE DAKAR-ZIGUINCHOR PAR VOIE MARITIME : TROIS BATEAUX DANS UN FLEUVE FORTEMENT AGRESSE PAR L’ENSABLEMENT
Lancé en grande pompe, le mois dernier, par le chef de l’Etat, les deux bateaux «Aguène» et «Diambogne» vont débuter effectivement leur desserte sur la liaison maritime Dakar-Ziguinchor ce jeudi. Cela, alors même que le dragage annoncé du fleuve Casamance, agressé par le phénomène de l’ensablement, pour faciliter sa navigabilité, n’est toujours pas entamé.

C’est ce jeudi que les deux bateaux «Aguène» et «Diambogne», devant renforcer la liaison maritime entre Dakar et Ziguinchor, commencent leurs rotations. Et c’est le Consortium Sénégalais d’activité maritime (Cosama) qui l’a annoncé à travers un communiqué publié en fin de semaine dernière. La même source a renseigné sur la reprise de l’activité en début du mois prochain du navire Aline Sitoé Diatta, qui sera en arrêt technique du 23 mars au 3 avril.

Ainsi, trois bateaux vont désormais voguer dans un fleuve Casamance dont le chenal est victime de l'ensablement. Une situation qui fait que les navires sont «obligés de naviguer en plein jour», d’après le ministre de la Pêche et de l'économie maritime, Oumar Guèye. Dès lors, le dragage du fleuve s’impose comme une urgence. Puisque, au-delà du phénomène de l’ensablement du fleuve qui rétrécit la profondeur du chenal, c’est toute la problématique de l’érosion maritime sur une longueur de 30 kilomètres sur le littoral sénégalais, entre les zones touristiques comme Cap-Skirring, Djimbéring, Diogué et Nikine, qui se pose.

Par le passé, suite à deux enlisements successifs du navire Aline Sitoé Diatta, en avril et en mai 2012 sur un banc de sable, à hauteur de l’embouchure du fleuve Casamance, le maire de Djimbéring d’alors, Tombon Guèye, avait déjà tiré la sonnette d’alarme pour éviter une autre catastrophe maritime en Casamance, après le drame du «Joola». «La vitesse de décapage de notre côte est tout à fait inquiétante. Par endroit, elle atteint une vitesse de 3m par an», s’était ainsi alarmé M. Guèye dans un article intitulé : « L’embouchure du fleuve Casamance : une catastrophe en dormance !». Article publié par le site Ajo News.

Embouchant la même trompette, le Commandant Mactar Fall de la Cosama avait aussi indiqué que le dragage du fleuve est impératif pour assurer la sécurité dans la navigation. «Tant que le fleuve n’est pas dragué, des incidents pareils risqueront à tout moment de se produire», avait-il dit en mai 2012.

Un dragage annoncé pour mars toujours pas entamé

En visite à Ziguinchor début février, dans le cadre des préparatifs de la cérémonie de réception des deux nouveaux bateaux, le ministre de la Pêche et de l'économie maritime, Oumar Guèye a donné la bonne nouvelle. D’après lui, le dragage du fleuve tant attendu par les populations va bientôt démarré. «Pour la première fois, le fleuve Casamance sera dragué. Grâce au projet Orio d'un montant de 21 milliards de francs Cfa financé par les Pays-Bas, le fleuve Casamance va être dragué. L'entreprise qui est déjà retenue, va très bientôt démarrer ses travaux, probablement d'ici à la fin du mois de mars», avait-t-il annoncé

Le ministre de la Pêche et de l'économie maritime indiquait aussi qu’«il y aura un bon dragage et un bon balisage lumineux du fleuve Casamance». Il annonçait également un vaste programme maritime dans le cadre du Budget consolidé d'investissement (Bci) de 2015 pour permettre aux bateaux de faire des escales dans les régions littorales. Mais voilà qu’alors qu’on approche de fin mars et au moment même où les deux nouveaux bateaux s’apprêtent à démarrer leur rotation, le dragage n'a pas toujours eu. Selon des sources proches du dossier, rien n’est pas encore effectif.

Le dragage consiste à prélever l’excès de sédiments pour redonner aux voies d’eau leurs caractéristiques initiales, nécessaires à la navigation des bateaux, et assurer le bon écoulement des eaux. Il a aussi un enjeu économique, puisque l’eau des fleuves et des canaux transporte au cours de son mouvement alternatif de nombreuses particules en suspension. Ces particules qui s’accumulent au fil du temps constituent des sédiments qui réduisent progressivement la profondeur du cours d’eau, ralentissant son débit et devenant un obstacle au transport fluvial et au libre écoulement des eaux. C’est ce phénomène qu’on observe actuellement au niveau du chenal de fleuve Casamance.

«La voie de l’eau est une voie d’avenir»

Aujourd’hui, hormis la solution alternative à l’obstacle du bac de Farafégny en Gambie, la voie d’eau permet sur le plan économique d’écouler les ressources naturelles de la verte Casamance. Cet enjeu économique confirme l’adage selon lequel «la voie de l’eau est une voie d’avenir». Car, en dehors d’une solution pour assurer la navigabilité régulière et à tout moment, le dragage du fleuve peut aussi, d’après des spécialistes en environnement, apporter une réponse à la dégradation de l’écosystème. Puisque, selon de plusieurs publications, le chenal du fleuve est très vulnérable du fait notamment de l’existence dans cette zone d’une «roche meuble». Le littoral ne peut donc, d’après plusieurs analyses publiées dans la presse, résister plus aux assauts répétés des eaux de l’embouchure du fleuve Casamance et de l’océan Atlantique.

Selon les statistiques de la Brigade des Eaux et forêts de Cabrousse, la mer a englouti environ 15 kilomètres de terre entre 2004 et 2012. Sur le plan écologique, cette situation a occasionné depuis lors un taux élevé de mortalité végétale, la déstructuration de l’écosystème, causant ainsi une intrusion marine très avancée au niveau des rizières de Nikine qui nourrissaient jadis la population de la localité.

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PiccMi.Com

Jeudi 19 Mars 2015 - 17:00



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