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DEVALUATION DU FRANC CFA DANS LA ZONE UEMOA : Des risques réels en 2014





DEVALUATION DU FRANC CFA DANS LA ZONE UEMOA : Des risques réels en 2014
Les risques de dévaluation du franc CFA dans la zone de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) en 2014 seraient réels face aux tendances du contexte international. Le Pr Albert Ondo Ossa de l’Université Omar Bongo de Libreville (Gabon) en est convaincu. Il l’a fait savoir lors du deuxième séminaire de l’année à l'Institut Africain de Développement Economique et de Planification (Idep) qu’il animait hier, mardi 10 avril à Dakar.

Le Directeur du Laboratoire d’Economie Appliquée de l’Université Omar Bongo et ancien Ministre de la Recherche Scientifique et du Développement du Gabon est formel : « au regard de l’évolution de la tendance actuelle du contexte international, il y a un risque réel de dévaluation en 2014 dans la zone Uemoa ». Le Professeur Albert Ondo Ossa, Agrégé en Sciences Economiques et de Gestion tire la sonnette d’alarme même si, à son avis, « la situation n’est pas catastrophique. » « Avec les données que nous avons et qui sont fiables, jusqu’en 2012, 2013, l’Uemoa n’a pas de problème. Elle commencera à en avoir en 2013. En 2014, si les tendances se poursuivent, il y a effectivement un risque de dévaluation du franc Cfa ». Face à un parterre d’universitaires, d’économistes, de diplômes et de journalistes, ce Pr à la Faculté de Droit et des Sciences Economiques de Libreville a précisé que « les données actuelles ne justifient pas une dévaluation du franc Cfa mais il y a un risque au regard de l’évolution de la tendance du contexte international ».

D’après lui, « les performances de nos pays ne justifient pas une dévaluation du franc Cfa mais il y a un risque à partir de 2013 pour la Bceao ». En guise d’espoir, il a relevé que « dans la zone Uemoa, les flux des capitaux ont augmenté sensiblement à partir de 2003 jusqu’en 2008. Ce qui montre qu’il y a véritablement de l’investissement». Devant cet état de fait, le Pr Albert Ondo Ossa de rappeler la rhétorique « gouverner c’est prévoir ». « Il faut s’intéresser aux risques éventuels ; voir qu’il y aura un problème globalement dans la zone franc compte tenu du phénomène de compensation à partir de 2013/2014. Là, si les tendances actuelles devaient persister, il y a véritablement risque à partir du taux de couverture ».

Suivant la logique de sa thèse, il fait remarquer que la situation semble être plus « carabinée » dans la Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale (Cemac). A son avis, dans les pays de cette zone, c’est à partir de 2004 qu’il y a eu des entrées de capitaux qui favorisent l’investissement domestique. Par ailleurs, a-t-il souligné, « sur la base du taux de couverture qui a permis de dévaluer en 1994, on voit que cet indicateur essentiel qui doit être au dessus de 20% est pratiquement, si on se réfère sur les données réelles de 2000 à 2006, à un niveau qui montre qu’il n’y a pas de problème, le F Cfa ne devrait pas être dévalué ». Mais, ajoute-t-il, « sur la base des données que nous avons, si on fait une projection jusqu’en 2014, si les tendances devraient se poursuivre, on se rend compte qu’il y a problème à partir de 2012 où on est à 20% mais au-delà, c’est-à-dire 2013/2014, il y a problème parce qu’on est en deçà des 20% ».
La catastrophe en cas de dévaluation

Pour le Pr Amady Aly Dieng, la question qu’on doit se poser est de savoir si réellement « on a des banques centrales dans nos pays ». « Je ne le pense pas. On a des correspondants de trésor français avec la dépendance monétaire qui existe depuis les temps coloniaux ». A son avis, « à l’état actuel des choses, il n’y a pas lieu de parler de dévaluation. Il faut regarder ce que cela peut engendrer comme dégâts. Si on dévalue se serait une catastrophe pour les classes moyennes».

Face à ce tableau peu reluisant, pour le Professeur Albert Ondo Ossa, les options qui s’imposent pour faire face à cette situation sont la création d’une monnaie propre, la perspective des monnaies de zone ou la perspective d’une monnaie commune africaine qui aidera à réaliser des performances économiques. Une dernière option qui, d’après M. Ondo, suppose le renforcement de la « gouvernance économique », l’acception en toute responsabilité de faire prévaloir la supra nationalité et la mise en place d’une véritable coordination des politiques budgétaires. A son avis, l’option la plus viable à court terme c’est la création en zone franc africaine d’une zone cible qui a entre autres avantages de restaurer l’autonomie nécessaire pour atteindre des objectifs internes de politique économique, d’un plus grand degré de liberté pour une meilleure prise en compte de l’hétérogénéité des situations nationales, décourager la spéculation parce qu’elle accroît le risque des spéculateurs et l’accroissement de la robustesse et la crédibilité de la monnaie face à la mobilité des capitaux.

Le conférencier du jour pense que pour la prospérité d’un pays, la monnaie nationale n’est pas la panacée. A son avis, « il faut s’en tenir à l’essentiel, c’est-à-dire cibler les préoccupations essentielles, avoir une économie viable ». Pour faire face à toute éventualité, il invite à cibler les préoccupations essentielles des économies africaines en contrant les chocs externes, stabiliser les taux de change de leurs monnaies et lutter efficacement contre la pauvreté.

Sur cette même lancée, le Directeur du Laboratoire d’Economie Appliquée de l’Université Omar Bongo plaide pour la promotion d’une économie viable qui se résume par une économie compétitive, à même de faire face à ses engagements extérieurs et de réaliser une croissance pérenne susceptible de garantir la stabilité des prix et de l’emploi.

Sud Quotidien

Mercredi 11 Avril 2012 - 07:39



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