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[ DOSSIER - PHOTOS ET ViDEOS ] Les Tirailleurs de A à Z



Pourquoi une chéchia ? Pourquoi un coupe-coupe dans l'équipement du tirailleur ? Qui était le sous-lieutenant Koudoukou ? Pour se repérer dans l'histoire des soldats de la Force noire -et d'ailleurs, d'où vient ce nom ?- quelques définitions et points de repères sont nécessaires. À lire avec attention, pour mémoire.



[ DOSSIER - PHOTOS ET ViDEOS ]  Les Tirailleurs de A à Z
A comme AOF / AEF : L’Afrique Occidentale Française (AOF) est une fédération qui regroupe, de 1895 à 1958, la Mauritanie, le Sénégal, le Soudan français (actuel Mali), la Guinée, la Côte d'Ivoire, le Niger, la Haute-Volta (actuelle Burkina Faso) et le Dahomey (actuel Bénin). Quant à l’Afrique Equatoriale Française (AEF), il s’agit du regroupement des possessions coloniales françaises s’étendant du fleuve Congo au désert du Sahara, fondé en 1910 et dissout en 1958. On peut estimer à près d'un million et demi le nombre de tirailleurs africains et malgaches recrutés par l'armée française.

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comme blanchiment : À l’automne 1944, alors que la France est progressivement libérée, 20 000 soldats africains sont démobilisés de la Ière armée. Dans ses Mémoires de guerre, le Général de Gaulle invoque la nécessité de ce «blanchiment des forces françaises» combattantes au motif que les tirailleurs, exténués par plusieurs années de combats subissent une crise du moral et ne sont pas en mesure de résister au froid dans les Vosges. D’autre part, remplacer les soldats coloniaux par les F.F.I. permettait de contrôler les anciens maquisards. Nombre de tirailleurs vécurent difficilement cet évènement, sentiment que tempérait la perspective d'un prochain rapatriement.



C comme chéchia : La coiffure qui accompagne le premier uniforme donné aux tirailleurs sénégalais en 1857 est une chéchia. La chéchia est conservée par les tirailleurs pendant un siècle et portée avec les différentes tenues qu'ils revêtent tout au long de la période. Cette coiffure devient emblématique. Rouge, une des couleurs prisées par le prophète Mahomet, elle ne comporte pas de visière pour permettre au croyant de se prosterner jusqu'au sol lors de la prière. Pendant la Première Guerre mondiale, la chéchia portée au combat est parfois recouverte d'un manchon en toile kaki clair, puis confectionnée en drap bleu foncé dès la fin de 1914, puis en drap bleu clair, et enfin kaki en 1916.

C comme coupe-coupe : Le coupe-coupe ou sabre d'abattis est l’outil réglementaire des tirailleurs. Son utilisation en 1914-1918 au cours des plus durs affrontements à l'arme blanche contribue à établir la réputation combative des troupes noires. Elle leur a valu aux heures sombres de 1940 d'être souvent odieusement massacrés par les Allemands.

C comme cristallisation : Le 26 décembre 1959, dans le contexte des indépendances, un décret bloque le montant des pensions, retraites et allocations payées par l’État français aux anciens combattants et fonctionnaires issus des colonies. Il fait attendre un arrêt de 2001 pour que le Conseil d’État condamne l’administration française, accusée de pratiquer «une différence de traitement entre les retraités en fonction de leur seule nationalité». À l’initiative de diverses associations d’anciens combattants français, et notamment de la Fédération nationale des anciens d’Outre-mer et anciens combattants des troupes de marine, le Conseil national pour les droits des anciens combattants d’Outre-mer est créé en France en 1994. Son action permet d’obtenir en 2003 une première revalorisation de retraites et de pensions, versées au titre des années de service pour les engagés, des invalidités, de la carte du combattant ou encore dues aux veuves et aux orphelins. Décidée en 2006, la décristallisation des pensions liées à la carte du combattant est effective à compter de janvier 2007.

D comme Blaise Diagne (1872-1934) : Premier député africain élu à l’Assemblée nationale française en 1914, comme représentant des quatre communes du Sénégal. En 1917, face aux révoltes en AOF contre l’enrôlement forcé, Clémenceau nomme Blaise Diagne haut-commissaire de la République chargé du recrutement massif des tirailleurs. Sa mission est un véritable succès : 70 000 hommes répondent à l’appel.
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F comme Force noire : Autre nom donné aux tirailleurs africains, inspiré de l’ouvrage du colonel Mangin, La Force Noire, publié en 1910, dans lequel il théorise l’apport de l’emploi de troupes africaines dans l’armée française.

F comme femme : Un des privilèges dont bénéficient les tirailleurs sénégalais, jusqu’à la veille de la Première Guerre mondiale, est d’être autorisés à se faire accompagner par leurs femmes et leurs enfants, non seulement dans les cantonnements occupés au gré de leur affectation, mais aussi en campagne. La prise en charge des tâches domestiques par «Madame Tirailleur» épargne à l’armée coloniale de nombreux frais de budgets, comme l’exprime le capitaine Marceau : «ce qu’il y a de précieux chez le tirailleur, c’est sa femme». En certaines circonstances, les femmes de tirailleurs participent aussi aux opérations militaires : elles approvisionnent leurs maris en munitions ou rechargent les armes sous le feu de l’ennemi, partageant alors les risques du combat aux côtés de leurs maris.

H comme honte noire : En 1920, 20 000 soldats africains participent à l’occupation de la Rhénanie. Une violente campagne de diffamation est lancée en Allemagne à leur encontre (viols, propagation de maladies, mise en péril de l’avenir de «la race allemande»), et oblige le gouvernement français à retirer ces troupes africaines. Le massacre des Sénégalais à Cressensacq, Chasselay et Montluzin, en 1940, trouve son origine directe dans cette propagande de la Schwarze Schande.

K comme sous-lieutenant Koudoukou (1894-1942) : Né en Oubangui-Chari, cultivateur, mobilisé en 1916, il se réengage régulièrement. Adjudant-chef, il rejoint les Forces françaises libres et prend part à toutes les campagnes du bataillon de marche n° 2. Promu sous-lieutenant en 1941, il tient un point d'appui à Bir Hakeim qui brise plusieurs attaques en force de l'infanterie italo-allemande soutenue par les chars du 8 au 10 juin 1942. Grièvement blessé lors de la sortie de Bir Hakeim, il est évacué sur l'hôpital d'Alexandrie où il meurt le 25 juin 1942. Il est le premier officier africain à avoir été fait Compagnon de la libération, le 9 septembre 1942. Une avenue de Bangui porte son nom. Une stèle à sa mémoire y est élevée. Les anciens combattants y déposent une gerbe le 11 novembre et le 8 mai en sa mémoire.

M comme Maquis de la Délivrance : Créé au printemps 1943 dans les Vosges, ce camp a pour objectif d’accueillir les jeunes Français réfractaires au Service de travail obligatoire (STO). Il est dirigé par Addi Ba Mamadou (1911-1943), jeune soldat guinéen, arrêté et fusillé par les Allemands le 18 décembre 1943 pour «actes de franc-tireur».
(Voir le blog du journaliste Etienne Guillermond : Addi Bâ Mamadou, héros méconnu de la résistance)

M comme monument : À l’initiative d’un comité présidé par le général de division Archinard, ancien commandant supérieur du Soudan français, un monument Aux Héros de l’Armée noire est élevé après la Première Guerre mondiale à Bamako. Œuvre du sculpteur Moreau-Vauthier, il est inauguré le 3 janvier 1924. Pour souligner la fraternité d’armes entre poilus et tirailleurs, il est prévu qu’une ville de France située dans la zone des combats accueille également une réplique du monument. Reims est choisie en raison du rôle des troupes coloniales dans la défense du secteur au printemps 1918. Le monument est inauguré à Reims le 13 juillet 1924. En 1940, les Allemands détruisent le monument de Reims. En 1994, lors de la commémoration du 50e anniversaire du débarquement et de la libération de la Provence, opérations auxquelles participèrent les tirailleurs sénégalais de la 9e division d’infanterie coloniale et de la 1re division motorisée d’infanterie (ex 1re division française libre), l’Association des amis du musée des troupes de marine finance la construction, à Fréjus, d’un nouveau monument à la gloire de l’Armée noire. Le projet est dû à l’initiative de M. François Léotard, ministre de la Défense et maire de Fréjus. Œuvre du sculpteur Léon Guidez, fondue à Gliwice en Pologne, le monument est inauguré à Fréjus le 1er septembre 1994.

N comme Bouna Alboury N’Diaye (1877-1952) : Élève de l'école des fils de chefs et des interprètes puis du collège Aloui de Tunis, Bouna N’Diaye est investi en 1895 comme le plus jeune Bourba (roi) N’Diaye de l'histoire du Djolof (Sénégal). Dès le début de la Grande Guerre, il se porte volontaire pour aller combattre en France. Il est mis à la disposition des autorités militaires comme adjudant interprète au 1er régiment de tirailleurs sénégalais. L'adjudant-chef Bouna N’Diaye est rapatrié au Sénégal en 1917. Il est le premier Africain à être élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur.

N comme Charles N’Tchoréré (1896-1940) : Originaire du Gabon, il s’engage en tant que tirailleur en 1916 et sert en France, au Maroc, en Syrie et dans l’ancien Soudan français. Capitaine du 53e régiment d’infanterie coloniale mixte sénégalaise durant la Seconde Guerre mondiale, il est fait prisonnier et est exécuté sommairement par des soldats allemands le 6 juin 1940 à Airaines, pour avoir réclamé le droit d’être traité en officier français. Caporal au 2e régiment d'infanterie coloniale, son fils Jean-Baptiste est également mort pour la France durant la Campagne de France, à Remiencourt (Somme).

O comme Ordre de la Libération : L’Ordre de la libération est créé le 16 novembre 1940 par le général de Gaulle, alors chef des Français libres. Ses membres ont droit au titre de Compagnons de la libération. Africains ou d’origine africaine, 10 militaires des bataillons de marche de la France libre et quatre civils fusillés pour avoir appartenu à la Résistance, ont été faits Compagnons de la libération. Créée par l'ordonnance du 9 février 1943, la médaille de la Résistance française a été décernée à 39 Africains. Le corps du tirailleur Naboul Kedde du bataillon de marche n° 24, tué à La Garde le 23 août 1944, repose dans la crypte du mont Valérien, mémorial national de la Résistance.




P comme parrain de promotion : Fait exceptionnel, l’adjudant Bourama Dieme est choisi comme parrain par les élèves sous-officier de la 225e promotion de l'École nationale des sous-officiers d’active, stationnée à Saint-Maixent-l’École. Le baptême de promotion est célébré le 22 décembre 2004. C’est la première fois qu’un sous-officier africain des troupes coloniales est choisi pour parrain. Ce parrainage illustre perpétue ainsi la mémoire d’un héros des troupes coloniales, fait commandeur de la Légion d'honneur.

R comme Mamadou Racine Sy (1838-1902) : Né à Souyouma près de Podor (Sénégal), vers 1838, entré au service comme soldat en 1860, il est inscrit sur le registre matricule du bataillon de tirailleurs sénégalais sous le numéro 942. Sergent en 1866, puis lieutenant à titre indigène en 1880, il est le premier Africain nommé capitaine en 1884.

S commeLéopold Sédar Senghor (1906-2001) : Ecrivain, académicien français, et premier président du Sénégal de 1960 à 1980. Agrégé de grammaire en 1935 après des études à la Sorbonne, il est enrôlé en 1939 dans le 31ème régiment d’infanterie coloniale. Fait prisonnier le 20 juin 1940, il est interné pendant deux ans dans différents Frontstalags de France où il rédige son recueil de poèmes Hosties noires, en hommage aux tirailleurs sénégalais. Libéré en 1942, il reprend ses activités d’enseignant, et débute sa carrière politique en étant élu député du Sénégal en 1945.

S comme Sous-lieutenant Alioune Macode Sal (1832-1863) : Né à Saint-Louis dans une famille originaire du Cayor, engagé à 23 ans en 1855, il est nommé sous-lieutenant le 31 octobre 1856 au 1er régiment de spahis (escadron du Sénégal).
Soldat, ambassadeur et explorateur, il participe avec Faidherbe à de nombreuses missions.
Premier officier sénégalais de l’armée française, il est nommé chevalier de la Légion d’honneur le 28 avril 1858.

T comme Thiaroye : Le 30 novembre 1944, plus d’un millier de tirailleurs ex-prisonniers de guerre, démobilisés et regroupés dans le camp de transit de Thiaroye situé près de Dakar, se révoltent pour réclamer le paiement de leurs arriérés de solde et de leurs primes de démobilisation. Une mutinerie éclate le 1er décembre 1944 dont la répression sommaire cause officiellement la mort de 35 anciens tirailleurs. 48 d’entre eux sont arrêtés, certains condamnés à des peines de 10 ans de prison et finalement amnistiés en 1947 par le président de la République, Vincent Auriol. La tragédie de Thiaroye, à laquelle le cinéaste Ousmane Sembène consacre en 1988 un long métrage, Le Camp de Thiaroye, est demeurée un symbole fort de l’injustice coloniale.

T comme tirailleur : Les soldats recrutés en Afrique et à Madagascar sont appelés initialement en fonction de leur région d’origine : tirailleurs sénégalais, haoussas, gabonais, malgaches, somalis… On utilise même pendant quelques années l’expression tirailleurs coloniaux. Dans la pratique, c’est l’appellation générique tirailleurs sénégalais qui s’impose à tous, le Sénégal étant le premier pays ayant fourni des soldats, à l’initiative de Faidherbe. Quant au terme tirailleur, désignant à l’origine un «combattant doté d’une certaine liberté de manœuvre qui tire en dehors du rang», il s’applique indifféremment à des soldats servant comme fantassins, cavaliers, artilleurs, ou même encore comme conducteurs, infirmiers, ouvriers des bataillons d’étape.




La décristallisation des pensions


PiccMi.Com avec Rfi

Dimanche 13 Juin 2010 - 21:21



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1.Posté par kone le 18/06/2011 15:55

bonjour a vous tous, j'aimerais savoir les avantages qu'a un fils d'anciens combattants concernant la nationalité française même si celui ci n'a pas prit par a la guerre cela date des temps coloniaux plus en cote d'ivoire surtout je suis impatient de recevoir vos reponses.

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