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[ DOSSIER ] TRADITIONS ET RELIGION : Les Sénégalaises entre « moussor » et voile islamique



Entre porter le voile islamique ou le foulard traditionnel appelé « moussor » en wolof, les femmes sénégalaises choisissent toujours le mouchoir de tête qui est liée à leur goût et qui semble leur donner une certaine protection. Si porter le foulard constitue une continuation d’un legs et la perpétuation d’une pratique, le voile n’est rien d’autre qu’un acte d’adoration de Dieu qui a ses exigences que beaucoup de femmes ne sont pas prêtes à adopter.



[ DOSSIER ] TRADITIONS ET RELIGION : Les Sénégalaises entre « moussor » et voile islamique
Dans l’atelier de tailleur où elle exerce en tant qu’apprenti, Mame Marième ne passe guère inaperçue. Vêtue d’un beau boubou blanc assorti d’un foulard vert, la jeune femme se distingue par le voile blanc qui recouvre entièrement sa chevelure. Seule la forme ovale de son visage laisse entrevoir la noirceur d’ébène de sa peau. A 24 ans, la jeune dame boucle ses cinq années sous le voile. Un choix vestimentaire qu’elle dit avoir pris en imitant l’une des grandes sœurs qui a été la première à franchir le pas dans la famille. « Je la voyais porter son joli voile qui lui donnait une certaine élégance. Cela m’a plu et j’ai décidé de suivre ses pas », explique Mame Marième. Mais, en imitant sa sœur, la jeune dame dit également respecter une des recommandations faites par Dieu aux femmes musulmanes de porter le voile. La même raison est avancée par Arame, une écolière de 19 ans croisée dans un coin de rue au centre-ville à Rufisque. Elle porte aussi un épais voile rouge cassé avec une chemise en dentelle aux manches longues. Arame entre dans sa dixième année sous le voile. Dans sa famille, la jeune élève est l’unique voilée. Sa mère et sa sœur ont respecté son choix, mais ne l’ont pas suivie dans ce sens.

Seule dans cette voie, elle ne se prive pas, pour autant, à s’adonner aux hobbies de ses camarades jeunes filles qu’elle accompagne dans les pique-niques ou sorties à la plage. Mais, Arame demeure convaincue que le port du voile lui permet d’éviter certaines tentations ou encore de croiser sur son chemin des garçons plaisantins et coureurs de jupon. Le voile, c’est en quelque sorte son armure contre ces individus. Issue d’une grande famille religieuse, la commerçante Maguette Diène est voilée depuis plus d’une quinzaine d’années. Comme d’ailleurs toutes les autres femmes de sa famille. Un modèle vestimentaire qui leur a été inculqué dès le bas âge. « On nous a toujours appris et dit que la femme musulmane doit couvrir son corps, depuis, je me conforme à cette recommandation », avance-t-elle. Que ce soit par imitation, par choix personnel ou encore pour se conformer aux recommandations du Coran, le port du voile est devenu une réalité tangible.

Pourtant, certaines sénégalaises continuent à préférer le mouchoir de tête au voile. La plupart d’entre elles considèrent d’ailleurs que ce foulard joue le même rôle que le voile. Vêtue d’un tissu « Lagos », Ndèye Fatou Fall, femme au foyer, la tête couverte de la même étoffe, se dit rassurée quand elle porte le foulard. « En tant que femme mariée, le foulard me protège de bien des choses comme les maux de tête, mais il me donne un certain respect vis-à-vis des autres personnes », souligne la dame. Pour la septuagénaire Hélène Marone, couvrir sa tête d’un foulard est essentiel pour la femme mariée au risque de s’exposer à certains dangers que peuvent causer des forces obscures. « C’est plus grave quand on sort au moment du crépuscule et qu’on marche la tête nue. Cela équivaut, chez nous les Sérères, à déambuler dehors torse nu », prévient la vieille dame.

Dans certaines ethnies comme les Pulaars et les Bambaras, porter le foulard est une obligation. Chez les premeirs, c’est dès le bas âge que les parents inculquent cette manière de faire à leurs fillettes. Une habitude qui sera poursuivie dans le mariage. Mais, pour les Bambaras et les Sérères, le port du foulard devient obligatoire après la période de nuit de noces ou encore après l’accouchement de la femme. « A des moments pareils, la femme devient source de désir pour les mauvais esprits. Là, elle est vulnérable et doit se protéger en couvrant tout son corps de la tête aux pieds », explique Maïmouna Ndiaye, une femme bambara.

Même s’il respecte ces femmes qui portent le « moussor », l’imam Assane Ndiaye de la Grande mosquée de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar défend tout de même le voile. Et le fait de le porter revêt, à ses yeux, « un acte d’adoration » de respect d’une recommandation divine. Cela, au même titre que la prière, le jeûne ou encore l’aumône qui sont d’autres obligations auxquelles le musulman est astreint.

Application intégrale de l’Islam


Seulement, dans la pratique, certaines jeunes musulmanes tendent à moderniser leur manière de porter le voile en l’accompagnant souvent d’un pantalon moulant faisant apparaître la forme de leur corps. « Haram ! », semble dire l’imam Ndiaye à l’endroit de ces dames qui s’affichent comme des « ibadou modernes » en portant de telles tenues. Et l’imam Ndiaye de les inviter à l’orthodoxie musulmane : « Ces comportements ne sont pas à encourager. Il faut que ces femmes qui s’habillent comme tel (de manière sexy sous le voile) cessent cette forme d’accoutrement et prennent la tenue correcte. Elles ont franchi un pas, elles doivent compléter les autres pas. Sinon, elles seront dans une situation de déséquilibre », dit-il. Pour le religieux, l’Islam doit être appliqué dans son intégralité par le pratiquant qui, selon lui, ne doit guère se limiter à une partie au détriment de l’autre.

Cependant, il apparaît souvent que certaines femmes fassent fi à de telles recommandations en reniant même le voile pour retourner à leur ancienne garde robe faite de jeans, pantalons serrés et de jupes courtes. Infirmière de profession, Aminata rapporte que dans son service, une de ses collègues voilée pendant plusieurs années, est arrivée un beau jour sans son accoutrement habituel. « Cela a créé la surprise générale, tout le monde avait remarqué le changement, mais personne n’osait lui en parler. Elle aussi n’a donné aucune explication de son geste », souligne la jeune dame. Etait-ce par nostalgie de la mode occidentale ou plutôt pour mettre fin à sa différence vestimentaire ? Lamine Ndiaye, la quarantaine entamée, qualifie cette volte-face de « chose grave » qui est aussi une preuve de la mauvaise foi de certaines femmes qui portent le voile. « Celles qui font cela ne portent pas le voile par conviction, mais c’est plutôt l’imitation ou le goût de l’expérience qui les y poussent. La preuve est que beaucoup de ces femmes qui s’étaient empressées de porter le voile l’ont enlevé par la suite. Ce qui n’a aucun rapport avec la foi », souligne le bonhomme.

Faire d’une pierre deux coups avec le foulard

Si le voile est recommandé chez la femme musulmane, partant notamment de la femme pubère, les gardiennes de la tradition du foulard n’en font guère une exigence pour la jeune fille célibataire. « C’est moins grave pour une célibataire de ne pas porter le foulard. Mais, dès qu’on entre dans le mariage, on doit changer sa manière de s’habiller et surtout penser à couvrir, en permanence la tête », nuance Hélène Marone. Par rapport à la manière de nouer le foulard, la donne reste pratiquement la même pour la plupart des ethnies. Il n’existe aucune méthode spécifique de nouer, de cadrer ou d’orienter son foulard. Toutefois, le port du foulard peut évoluer, selon les circonstances et les lieux sur lesquels la personne se rend. « La manière de porter son foulard quand on va à un décès n’est guère la même que lorsqu’on se rend à un baptême où c’est l’élégance et le raffinement qui sont recherchés », explique Ndèye Fatou Fall. En même temps qu’il leur permet de conserver un symbole clé de la tradition, le « moussor » est vu comme un élément protecteur pour certaines qui le défendent. Il est également un moyen de les rapprocher tant bien que mal de Dieu. « Quand dans l’Islam, j’entends dire que même la chevelure de la femme ne doit être montrée, nous répondons ainsi à une exigence de la religion musulmane. C’est faire d’une pierre deux coups », se défend Ndèye Fatou Fall.

L’impact negatif des medias


Si le port du foulard est modulable au gré des circonstances et des lieux, ce n’est pas le cas pour le voile qui a ses exigences que beaucoup de femmes ne sont pas prêtes à adopter. Mieux, relève l’imam Assane Ndiaye, il y a aussi que dans notre société, l’éducation de base prédestine, le plus souvent, les garçons à l’école coranique au détriment des jeunes filles confinées à la maison et aux tâches domestiques. Pour autant, bien d’autres raisons n’encouragent pas les femmes musulmanes sénégalaises à faire du voile leur tenue vestimentaire. L’Imam Ndiaye poursuit : « Il y a le mauvais exemple que donnent certaines femmes issues de familles religieuses en portant des pantalons et des habits sexy, la tête non couverte de voile. Cela donne une mauvaise image aux autres femmes. Plus grave encore, c’est quand certains disent que le port du voile est spécifiquement lié à la culture arabe. Mais aussi, il y a ce que nous servent les télévisions à travers les clips, les films, la mode et autant d’autres facteurs qui n’encouragent pas les femmes à porter le voile ». Par rapport à la mode, la styliste Collé Ardo Sow n’hésite pas à parler d’oubli de ses pairs stylistes à l’endroit des femmes voilées. Mame Marième, Arame et Maguette qui s’efforcent encore à respecter cette recommandation divine font figure d’exception. L’imam Assane Ndiaye de donner ce conseil : « Quand on est dans la vérité, il ne faut pas avoir peur d’y rester. Quitte à ce que tout le monde vous y laisse seul ».

Les sourates et versets coraniques de référence

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Simple recommandation ou obligation faite aux musulmanes, le port du voile islamique est clairement spécifié dans les sourates 24 et 33 du Saint Coran.

Le port du voile est une recommandation divine. Dans la sourate 24 appelée « La Lumière » , verset 31, Allah parle ainsi : « Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leurs voiles sur leurs poitrines ; et qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leurs maris ou à leurs pères ou à leurs frères ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs maris, ou aux femmes musulmanes ou aux esclaves qu’elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes. Et qu’elles ne frappent pas avec leurs pieds de façon que l’on sache ce qu’elles cachent de leurs parures. Et repentez-vous tous devant Allah, Ô croyants ! Afin que vous récoltiez le succès ».

Plus loin, dans la Sourate 33 ou Al Ahzab (les Coalisés), verset 59, Dieu fait cette précision : « Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants de ramener sur elles leurs grands voiles... ». Cet ordre venu d’Allah sera automatiquement recommandé par le Prophète à ses épouses. Dans leurs hadiths, Al-Boukhari et l’imam Mouslim, deux écrivains de référence des paroles du Prophète (Psl), confirment cela. Le premier tire d’Aïcha, l’une des femmes du Prophète, cette confidence. « Qu’Allah fasse miséricorde aux premières femmes émigrées. Lorsqu’Allah a révélé le verset « qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines », elles ont déchiré des morceaux de tissus et s’en sont voilées » (Al-Boukhari). Des paroles interprétées par certains comme une application directe de cette recommandation de Dieu. L’imam Assane Ndiaye de la Mosquée de l’Université de Dakar soutient pour sa part que le port du voile reste une obligation divine. Et en tant que telle, il doit faire l’objet d’une application immédiate et continue pour toutes les musulmanes.

COLLE SOW ARDO, STYLISTE : « Les femmes voilées sont un potentiel marché pour les créateurs »

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S’il y a au Sénégal une styliste qui se dit prête à accompagner les femmes voilées dans leur choix vestimentaire, c’est bien Collé Sow Ardo. Celle-ci envisage, d’ailleurs, de leur réserver une collection spéciale. Mais, les passionnées du foulard traditionnel ont, aussi, une place dans ses créations.

Collé Sow Ardo est l’une des stylistes les plus célèbres du Sénégal. Elle se considère comme une demi-voilée en temps normal. Pendant le ramadan, elle se couvre totalement la tête pour une plus grande dévotion à l’endroit de son Seigneur et pour recueillir les bonnes grâces d’Allah. Cette créatrice de mode trouve d’ailleurs les femmes voilées « très élégantes » et invite les créateurs à penser à elles. En vrai businesswoman, Collé Sow Ardo voit en elles un potentiel marché pour les professionnels de la mode. « C’est un marché, mais on les oublie souvent. Et je pense qu’on va vers ce genre de tenue. Parce que, de plus en plus, on voit des jeunes porter des tenues qui ne sont pas forcément du modèle du voile, mais qui sont correctes et élégantes ».

Mieux, Collé Sow Ardo recommande à ses pairs stylistes de donner plus d’attention à ces femmes voilées. « Je pense qu’il faut respecter le choix vestimentaire de chacun. On doit les aider à bien le faire, parce que, parfois, elles peuvent bien voir un défilé de Collé Sow Ardo et avoir envie de porter ses modèles. Mais, souvent les manches, les colles ne leur conviennent pas. Mais, si elles viennent vers nous, nous pouvons les adapter à leur goût et choix vestimentaires ». Dans ses créations et ses lignes, la styliste dit prendre en compte les goûts et les exigences de ses clientes voilées. Dans beaucoup de ses modèles d’ailleurs, Collé Ardo s’efforce à couvrir les oreilles avec des foulards ou en colle Mao. Les manches aussi, elle dit les faire plus hautes pour épouser les aspirations des femmes voilées.

Au dernier sommet de l’Oci à Dakar, elle avait même créé un modèle de « ndockette » spéciale avec des manches coupées, larges, mais fermées. Une initiative qu’elle compte bien poursuivre dans le cadre d’une collection spéciale au profit des femmes voilées. Un projet qu’elle voulait faire coïncider avec le mois de Ramadan de cette année, mais qui a été finalement reporté.

L’Arabie Saoudite, un pays maintes fois visitées par la styliste, est également dans sa ligne de mire. Des chapeaux, des foulards et plein d’autres choses sont déjà réalisés dans ce sens. Même si elle se fait l’avocate des femmes voilées, Collé Ardo Sow réserve au foulard une part importante dans ses créations. Des foulards adaptés aussi bien aux tailleurs qu’aux tenues traditionnelles. Dans la même collection, la styliste confectionne avec le pagne tissé des bérets et des bonnets « laafa » qui sont comme des chapeaux prêts à porter. Mais, toujours avec la touche sublime et discrète de Collé Sow Ardo.

LE FOULARD DES SIGNARES : La mode est jalousement gardée à Saint-Louis et Gorée

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Au Sénégal, le foulard a vécu ses moments de gloire grâce à la mode vestimentaire richement entretenue entre le 17e et le 19e siècle par les signares de Saint-Louis, de Gorée et de Rufisque. Ces dames à la forme longiligne se caractérisaient aussi par leur beauté inouïe. Toujours en grande toilette, elles déambulaient, le soir, dans les rues de Saint-Louis et de Gorée avec leurs beaux pagnes, leurs boubous larges et bouffants et surtout avec des foulards haut de forme qu’elles seules avaient le secret de la confection. Elles suscitaient une grande curiosité pour la plupart des gens de la Métropole qui venaient pour la première fois dans la colonie. Tandis que leur port altier ne laissait personne indifférente.

Dans Le Petit Futé Sénégal, Dominique Auzias et Jean Paul Labourdette les décrivent ainsi : « Ces dames au teint clair, mises des plus beaux pagnes, formaient une classe à part, aisée ». De passage au Sénégal, l’écrivain Blaise Cendras qui voyait pour la première fois ces femmes ne pût cacher son émerveillement. Il écrit à leur endroit : « aucune femme au monde ne possède cette distinction, cette noblesse, cette démarche, cette allure, ce port, cette élégance, cette nonchalance, ce raffinement, cette propreté, cette hygiène, cette santé, cet optimisme, cette conscience, cette jeunesse, ce goût ».

Aujourd’hui, pour se rappeler au beau souvenir des signares, les Goréennes et Saint-Louisiennes mettent la grande toilette et le foulard conique devenu, au fil des années, une tradition qui se perpétue de génération en génération.


Maguette NDONG | Le Soleil

Mercredi 25 Août 2010 - 10:31



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