contenu de la page



Dette souveraine : la bulle se dégonfle





Dette souveraine : la bulle se dégonfle
Les obligations des pays en développement trouvent toujours preneurs. Mais les investisseurs sont plus méfiants. Résultat : pour certains États, les taux d'intérêt remontent.

Ces dernières années, de nombreux pays en développement ont profité d'un environnement favorable (forte demande et taux d'intérêt au plus bas) pour lancer leurs premiers emprunts obligataires sur le marché international. Aujourd'hui, les investisseurs se montrent plus exigeants et demandent dans certains cas des intérêts plus élevés pour compenser le risque. "Les États ont profité de crédits faciles, mais les choses sont en train de devenir un peu plus compliquées", estime Shilan Shah, économiste au sein de Capital Economics.

Analyse détaillée

Dorénavant, les investisseurs regardent dans le détail les perspectives économiques de chaque pays émetteur. Situations sociales tendues, instabilité politique et réputation de mauvais payeur entrent en compte. La dépendance aux achats de matières premières de la Chine constitue aussi un critère important pour déterminer le niveau des intérêts. Ces derniers mois, la deuxième puissance économique mondiale s'est davantage préoccupée de son marché intérieur, ralentissant sa consommation de minerai.

Des pays comme la Zambie, dont l'économie repose sur la production de métaux, se trouvent par conséquent plus exposés au risque. Lusaka a vu son taux grimper de 5,63 % en 2012 à 8,63 % au début du mois d'avril.

"Deux phénomènes se télescopent sur les marchés émergents : il y a l'envie des investisseurs de diversifier leur portefeuille d'obligations, mais aussi une plus grande attention portée aux fondamentaux économiques des pays", analyse Charles Robertson, chef économiste au sein de la banque Renaissance Capital à Londres.

"C'est toujours intéressant pour les États de venir sur le marché, mais on fait une distinction entre les économies attractives et celles allant au-devant de problèmes", explique Nicolas Jaquier, économiste chargé des marchés émergents au sein de Standard Life Investments.

Le Ghana, qui il y a quelques années était montré en exemple pour sa classe moyenne et ses importantes réserves de pétrole, a vu le coût de ses emprunts augmenter. Les investisseurs qui comblaient ses déficits sans sourciller demandent aujourd'hui de meilleurs rendements. L'émission de 1 milliard de dollars (723 millions d'euros) réalisée l'an dernier avec un taux de 7,88 % se négocie aujourd'hui au-dessus de 9 %.

À l'inverse, quand le Pakistan a proposé une obligation en dollars au mois d'avril, après sept ans d'absence sur le marché international, les investisseurs se sont montrés très intéressés. Le pays recherchait 2 milliards de dollars. La vente a été sur-souscrite à 7 milliards de dollars, notamment par des donneurs d'ordre américains.

"L'intérêt des investisseurs n'est pas coupé de la réalité du terrain", explique Stuart Culverhouse, économiste chez Exotix, une société spécialisée dans les marchés émergents.

Cependant, le Pakistan, qui continue de recevoir l'aide du FMI, voit son taux d'intérêt augmenter depuis sa dernière émission. De 6,88 % en 2007, il est passé à 8,25 % en avril.

Regain

Pour d'autres, le prix de l'argent continue de baisser. C'est le cas du Nigeria, dont le taux d'intérêt est passé de 7 % à 6,63 % entre janvier 2011 et juillet 2013. Le Sri Lanka, dont l'économie a crû de 7 % en 2013, a quant à lui pu emprunter 500 millions de dollars au taux plancher record de 5,13 %.

Les banquiers estiment également que la première obligation kényane sur le marché international, attendue prochainement, devrait rencontrer un succès important. "Les investisseurs aiment entendre de nouvelles histoires", conclut Samad Sirohey, directrice du marché obligataire au sein de Citigroup.

Jeune Afrique

Mardi 20 Mai 2014 - 09:00



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.










TWITTER
SENEGAL | VIDEO - Thierno Madani Tall reçu par le Khalif des Mourides;Cheikh... | PICCMI https://t.co/pZwHZX5tnN https://t.co/17iabZTm9w
SENEGAL | BARTHELEMY DIAS S’EXPLIQUE, CE MARDI: A peine installée en début de... | PICCMI https://t.co/PqwpvrLqp9 https://t.co/0m6JyAU8g7
SENEGAL | HAUT CONSEIL DES COLLECTIVITES TERRITORIALES: TANOR, LES MAINS LIEES:... | PICCMI https://t.co/VV2cQjULaT https://t.co/wZIfpUWEEU
SENEGAL | MISSIONS DE PAIX DE L’ONU : LE SÉNÉGAL POUR UN RÉAJUSTEMENT DES... | PICCMI https://t.co/XvLaiZPAoG https://t.co/ldK6JzK6UL
SENEGAL | Panne de la chaloupe en pleine mer : GOREE ECHAPPE AU NAUFRAGE -... | PICCMI https://t.co/zLHP61XGsN https://t.co/p0MCryEI5l
SENEGAL | 114ème Gamou de Pire : El Hadj Moustapha Cissé relève les pires tares... | PICCMI https://t.co/7nH27hDgM9 https://t.co/MS9UMT9Fsz
SENEGAL | COMMÉMORATION DU CINQUANTENAIRE DU 1ER FESTIVAL MONDIAL DES ARTS... | PICCMI https://t.co/0jJd7Jvgam https://t.co/LQcWO2wsb9
SENEGAL | LIGUE 1 : LE STADE DE MBOUR BATTU (0-1) À DOMICILE PAR GORÉE: Le... | PICCMI https://t.co/T3em6qhkEf https://t.co/YKWg3zF3PS
SENEGAL | LIGUE 2 : LE DUC PREMIER LEADER: Le Dakar université club (DUC) a... | PICCMI https://t.co/PwvMrdrPEi https://t.co/kro3wWWdsa
SENEGAL | SAHARA OCCIDENTAL : MOHAMMED VI SALUE "LE SOUTIEN INÉBRANLABLE" DE... | PICCMI https://t.co/Gsk6y8uRpW https://t.co/RX7Nzf7CN9