contenu de la page



EFFONDREMENTS REPETITIFS D’IMMEUBLES : Pluie de dalles sur Dakar





EFFONDREMENTS REPETITIFS D’IMMEUBLES  : Pluie de dalles sur Dakar
Quand dalles, balcons et murs tombent sur Dakar ! Ceci pourrait être le titre d’un film à suspens sur les effondrements d’immeubles, dans la capitale sénégalaise où la fin de la saison des pluies rime avec effrondrements. Septembre et octobre enregistrent souvent des records d’écroulements de toits, d’immeubles et balcons. Rien qu’en ce début d’octobre, deux catastrophes ont secoué la ville de Dakar . D’où vient le mal ? A qui la faute ? Où se trouve la solution ? La Gazette mène l’enquête !
Comme on en voit à Paris pendant la prière du vendredi, les musulmans occupant les rues et la chaussée, le centre ville de Dakar offre le même spectacle. Seulement, aujourd’hui n’est pas vendredi et l’avenue Lamine Guèye, angle Félix Faure, est plein de monde. L’entrée de la mosquée « khadre » qui acceuillait les musulamans est délimitée par une barrière de sécurité en rouge blanc. Des fidèles de tous les âges se contentent du trottoir et des abords du batiment. Parce que leur mosquée est « sous scellé ». Le bâtiment, hors-service, est mis en quarantaine. Conséquence de l’effondrement de la dalle, le jeudi 6 octobre vers 17 h.

Pourtant, la mosquée vue de l’extérieur ne laisse entrevoir aucun signe de décrépitude. Pas de fissures sur la façade, ni de peinture défraichie. Au contraire, la couleur beige des murs et le vert des portes sont toutes fraîches. Il est 14h, devant la mosquée de « Aïdara », une quarantaine d’hommes communient avec Dieu. Au devant, Mamadou Bâ dirige la prière. Lui, c’est un rescapé de l’effondrement de la dalle de ce lieu de culte. Il raconte, après la prière, « je venais d’entrer dans la mosquée, j’avais juste un pied dedans quand une partie du toit est tombée . » Mais l’imam n’a pas eu cette même bénédiction, Mamadou Diop a une partie de son pied droit en bandage. Blessé lors de l’accident, il a repris ses forces une semaine après. Teint noir, la soixantaine, ce Pikinois, fréquente ce lieu de culte depuis des décennies. Il a connu la mosquée en baraque, en tuiles et en dur. Construite par le défunt milliardaire Djliy Mbaye dans les années 1990, la mosquée fut dirigée par les chérifs. Elle nageait dans le parfait anonymat avant que les feux des projecteurs se jettent sur elle. Rendue tristement célébre par cet accident intervenu à cause de l’humidité encastrée dans le ciment. Il y a quelques années, « l’eau de pluie stagnait sur le toit, des gouttelettes suintaient même dans le lieu béni », informe Imam Diop. Face à cet inconfort, les fidèles refont le toit, mais, l’humidité avait fini de corroser le fer. Résultat ?

Au moment où l’on ne s’y attendait point, quand tout apparaissait normal, c’est-à-dire sans aucune trace d’eau, ni de fissure, la dalle s’est affaissée au beau milieu de la mosquée. Depuis, le lieu est fermé. « Mis sous scellé » et les clés détenues par le Commissariat central sur ordre du préfet de Dakar, rapporte Imam Diop. Qui officie maintenant devant ce sanctuaire de 8h à 20h. En cette fin de matinée, il garde une posture royale dans sa tenue beige. Sa barbe blanche lui donne une image de saint. Imam raconte le film de l’horreur tout en se félicitant de la grâce divine. « Il y aurait eu plus de mal si le malheur était survenu à l’heure de la prière. Si c’était le cas, y aurait eu plus de blessés graves, car presque trois rangées étaient concernées par l’effondrement. Il y a eu, tout de même, des blessés graves, certains ont des fractures, d’autres ont eu des blessures ouvertes à la tête, moi j’ai été blessé au pied ».

Depuis, il compte les heures, et voit le défilé des bonnes volontés qui veulent reconstruire cette maison de Dieu. Les enfants de Djily Mbaye se sont manisfestés, mais un homme dont le nom n’a pas été dévoilé, est en bonne posture pour la reconstruire. Pourvu que la police et l’urbanisme l’acceptent. En tout cas, Imam Diop et ses fidèles élisent domicile devant leur lieu de culte. A quelques encablures de la Zawiya El Hadj Malick Sy où les fidèles prient loin des regards indescrets. Un peu plus loin, à Sandaga, le marché menace avec son batiment en danger. Fissuré sur les pans de sa façade, Sandaga lance des regards plaintifs. Les autorités sont au courant de l’état des lieux, mais, font preuve de laxisme. Sandaga, le patrimoine en péril n’est pas seul, l’ex-service d’hygiène actuel centre national de la cinématographie offre un piteux état. Plus loin, Médina offre le même spectacle. Les nouvelles constructions côtoient des maisons ressemblant à des champs de ruines. Façades craquelées, des toits qui ne tiennent plus sur le fer, de grosses fissures défigurant les semblants d’abris qui font office de maison. Colobane et Ouagou Niayes exposant leurs blocs de pierres fissurées, se noient dans leur quémande d’assistance de bâtiment en danger.

Loin de la ferveur de Dakar et de sa ville grouillante, où klaxons de voitures et vendeurs se partagent la sonorité, Bène Tally affiche son calme. Derrière le collège privé Madièye Sall, l’ambiance est électrique. Dans cette rue sablonneuse, ce n’est pas la mine des grands jours. Entre Moussa Sall, locataire de la maison des Dème et Ibrahima Ndiaye, frère du propriétaire de la maison dont le balcon s’est effondré sur des enfants de jeunes âges, l’heure est au différends. L’un essaie d’expliquer quand l’autre s’érige en avocat de la défense. Pendant ce temps, quatre garçons sont à l’hôpital à l’heure où leurs copains retrouvent leurs classes. Les frères Faye âgés de 7 , 9, 11 et 15 ans luttent contre les blessures sur leurs lits d’hôpital. Trois sont à l’hôpital le Dantec et un attend le verdict des médecins de l’hôpital général de Grand Yoff. Il pourrait perdre sa jambe.

Ici, les ouvriers sont à pied d’œuvre. Munis de pelle, ils enlèvent les gravats qui ont ravalé le trottoir, le terrain de football des gamins de cette ruelle. A cette heure de la journée, on n’en voit pas beaucoup, mais, renseigne Madame Dème, il y en avait toujours une ribambelle. Cette maison en R+2 est défigurée par l’accident survenue le 10 octobre dernier. Vers 19 h, le balcon du deuxième étage s’affaisse, quatre garçons sont pris au piège. Sauvés par les voisins, leur père Samba Faye qui revient de l’hôpital, affiche une mine quelconque, s’en remet à Dieu. « Les enfants vont bien », lance-t-il de manière mécanique. Le visage livide, sans sourire, sans émotions. Il confie : « quand on m’a appelé, j’ai retrouvé les enfants, j’avais 80 mille francs et le propriétaire m’a donné autant pour m’aider dans les frais médicaux. Depuis, j’ai dépensé plus de 200 mille francs CFA, et y a le jeune de 11 ans qui doit subir une autre opération. » Sa voix se fait inaudible en raison des cris stridents de cette dame au masque. Du haut de la maison, une jeune femme sans visage, les contours des yeux et sa bouche sont visbles, sinon c’est une peinture blanche qui lui bouffe le reste, lance des piques. « il y’a plus rien à dire, on a tout dit, les journalistes doivent nous laisser en paix. Il y a plus d’informations à donner » puis une autre voix s’élève, « Madame qu’est-ce que vous voulez, après nous allons donner notre version. Samba comment vont les enfants ? ». C’est la maitresse de la maison. Ne tenant plus et rongée par la curiosité et ce dialogue entre locataire et le frère de la maison, elle descend et donne son avis. « Nul n’a souhaité ce malheur, mais heureusement qu’il n’y a pas eu de mort. Si l’accident survenait à une heure plus tôt ou plus tard, beaucoup d’enfants allaient y laisser leur vie parce que c’est ici qu’ils se regroupent, là où ils jouaient au football. Ici, il y a toujours du monde, même pour le nettoyer, je demandais la permission aux enfants, ils me cèdent une parcelle et au dernier coup de balai, ils reprennent leur jeu. »

Moussa Sall renseigne qu’il a averti l’agence immobilière Ndoukoumane sur l’état de décrépitude de la maison, « même là où se trouve le robinet, il ya des fissures », témoigne-t-il. Son voisin rétorque : « le proprietaire avait fait sortir les locataires qui étaient au premier pour refaire le balcon qui s’est effondré. » Dans ce climat d’animosité vient en renfort la femme du proprio. Samba Faye suit la scène, le regard hagard et préoccupé par le sort de ses enfants qui vont accuser un retard scolaire. Triste mais digne dans l’épreuve, il prend congé de ses voisins. Samba rejoint ce lot de victimes affectées par ces accidents immobiliers. En septembre 2009, Yeumbeul Sud décomptait ses 7 talibés et leur oustaz blessés après l’affaissement du balcon au quartier de Samba Sow. En 2008, le hangar près de la mosquée de Yoff avait fait huit morts et neuf blessés. Et la liste n’est pas exauxtive… La faute à qui ? A quoi ? Reponses avec les experts en bâtiments.
( LAGAZETTE.SN)

PiccMi.Com

Jeudi 3 Novembre 2011 - 08:15



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.










TWITTER
SENEGAL | VIDEO - Thierno Madani Tall reçu par le Khalif des Mourides;Cheikh... | PICCMI https://t.co/pZwHZX5tnN https://t.co/17iabZTm9w
SENEGAL | BARTHELEMY DIAS S’EXPLIQUE, CE MARDI: A peine installée en début de... | PICCMI https://t.co/PqwpvrLqp9 https://t.co/0m6JyAU8g7
SENEGAL | HAUT CONSEIL DES COLLECTIVITES TERRITORIALES: TANOR, LES MAINS LIEES:... | PICCMI https://t.co/VV2cQjULaT https://t.co/wZIfpUWEEU
SENEGAL | MISSIONS DE PAIX DE L’ONU : LE SÉNÉGAL POUR UN RÉAJUSTEMENT DES... | PICCMI https://t.co/XvLaiZPAoG https://t.co/ldK6JzK6UL
SENEGAL | Panne de la chaloupe en pleine mer : GOREE ECHAPPE AU NAUFRAGE -... | PICCMI https://t.co/zLHP61XGsN https://t.co/p0MCryEI5l
SENEGAL | 114ème Gamou de Pire : El Hadj Moustapha Cissé relève les pires tares... | PICCMI https://t.co/7nH27hDgM9 https://t.co/MS9UMT9Fsz
SENEGAL | COMMÉMORATION DU CINQUANTENAIRE DU 1ER FESTIVAL MONDIAL DES ARTS... | PICCMI https://t.co/0jJd7Jvgam https://t.co/LQcWO2wsb9
SENEGAL | LIGUE 1 : LE STADE DE MBOUR BATTU (0-1) À DOMICILE PAR GORÉE: Le... | PICCMI https://t.co/T3em6qhkEf https://t.co/YKWg3zF3PS
SENEGAL | LIGUE 2 : LE DUC PREMIER LEADER: Le Dakar université club (DUC) a... | PICCMI https://t.co/PwvMrdrPEi https://t.co/kro3wWWdsa
SENEGAL | SAHARA OCCIDENTAL : MOHAMMED VI SALUE "LE SOUTIEN INÉBRANLABLE" DE... | PICCMI https://t.co/Gsk6y8uRpW https://t.co/RX7Nzf7CN9