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EMISSIONS ENFANTINES DE TELEVISION : Quand le ludique supplante l’éducatif





EMISSIONS ENFANTINES DE TELEVISION : Quand le ludique supplante l’éducatif
Dans les années 90, «La télé est à nous» ou «Jotaxu Xalé yi» étaient connus de tous les enfants. Aujourd’hui, ces genres d’émissions ont sombré laissant la place à la danse, à la lutte, à la musique et autres.


Il y a longtemps, les enfants avaient une grande part dans les programmes de la télévision. Tous les dimanche, à 13 heures, c’était une passion pour les tout-petits, parfois même les grands, de se retrouver devant le petit écran pour suivre «Jotayu Xalé yi». Les enfants et certains parents ne rataient pas cette pièce de théâtre diffusée par la Rts. En dehors du fait qu’elle divertissait les jeunes, des leçons de morale y étaient véhiculées. Beaucoup de thèmes, comme le respect des valeurs culturelles, y étaient également abordés. Les acteurs comme Meukheuri, Seynabou, Soda étaient les chouchous des téléspectateurs à l’époque. Autres émissions récréatives consacrées aux enfants dans les années 90, «La télé est à nous» présentée par Marième Samba. Comme son nom l’indique, l’émission offrait une kyrielle de rubriques où la parole leur était donnée. C’étaient entre autres, «Le journal des enfants», «Le conte». Babacar Mbaye Ndack et Massamba Guèye étaient les conteurs aimés des gamins et l’animateur Pape Cheikh Diallo présentait le «Journal des enfants». Aujourd’hui, force est de constater que ces genres d’ émissions ne sont plus ou sont très peu pris en compte par la grille des programmes de nos télévisions. Le sensationnel, le commercial, le folklore, la lutte, la danse sont les choses qui priment. Certes des émissions du même genre comme «Bébé Walf», «Les mômes» de la 2stv et «Koti Koti» (présentée par Marième Samba sur la Rts), existent encore. Mais c’est l’aspect ludique, pour la plupart, qui supplante le volet éducatif. Pourtant, avec cette pléthore de télévisions, on devrait assister au contraire à voir davantage d'émissions consacrées aux jeunes figurer dans les grilles des programmes.

«JOTAXU XALE YI» : Une école pour les anciens acteurs

Le rôle du théâtre est certes de divertir, mais aussi et surtout d’éduquer. Dans les années 90, «Jotayu Xale yi» a marqué les enfants. L’on peut même dire que cette troupe de théâtre jouait une fonction incontournable. Ces personnages principaux, dont Meukheuri, Toubab, Samba Saloum, poursuivent leur chemin, mais dans d’autres domaines. Ces frères qui partageaient une même passion regrettent fort la mort de cette troupe qu’ils considéraient comme une école.


MAMADOU MOUHAMED NDIAYE
DIT «MEUKHEURI»


«Aujourd’hui, tout ce qu’on apprend aux enfants se résume à la danse et au chant»
Aujourd’hui journaliste, Mamadou Mouhamed Ndiaye alias «Meukheuri» parle de son passage riche dans «Jotayu Xalé yi» : «J’ai intégré la troupe en 1992. A l’époque, j’étais très jeune. C’est mon père qui m’a intégré. Je suis ensuite allé au Canada pour faire des études et quand je suis revenu, j’ai trouvé que la troupe ne produisait plus à la télé. C’est malheureux parce que ‘Jotayu Xalé yi’ était une école». Une troupe qui, selon le présentateur de la revue de presse de la Télé futurs médias (Tfm), l’a beaucoup aidée, surtout dans le journalisme. A son avis «il y devait y avoir une autre génération pour une continuité. Aujourd’hui, tout ce qu’on apprend aux enfants se résume à la danse et au chant. Ils regardent des feuillons qui ne les éduquent en rien».

AMDY MOUSTAPHA NDIAYE ALIAS «TOUBAB» : «Le théâtre m'a permis de vaincre ma timidité et de bien mûrir»


Connu à l’époque pour les rôles de professeur qu’il interprétait, Amdy Moustapha Ndiaye alias «Toubab», s’est aujourd’hui converti en Webmaster à Seneweb. «C’est vers les années 93 que j’ai intégré la troupe. Et c’était une école pour nous. On y apprenait et enseignait les valeurs traditionnelles. On avait tenté d' aider les jeunes enfants à mieux s'enraciner aux valeurs culturelles. Mais aujourd’hui, les télévisions ont plutôt des vocations commerciales. Ce qui fait que ces genres d’émissions on ne les retrouve plus». Lui aussi regrette le fait qu’on ne retrouve plus ces genres d’émissions. «J’ai quitté en 2002 et je regrette qu’il n’y ait pas de génération pour assurer la relève. Il faut aussi regretter les problèmes qu’on a rencontrés. Je pense que ce sont des initiatives qui doivent être relancées, vu le contexte actuel, les enfants n’ont plus de repères. Le théâtre m'a permis de vaincre ma timidité et de mûrir, aussi d’avoir une certaine ouverture d’esprit», souligne-t-il.

ALIOU BADARA NDIAYE DIT
«SAMBA SALOUM»
«Il devait y avoir une génération pour la relève»


Plus jeune, la voix aiguë, Alioune Badara Ndiaye alias «Samba Saloum» était plutôt comique, parfois terrible dans la pièce. Nostalgique, il revient sur ses souvenirs dans «Jotayu Xale yi». «Je jouais parfois le rôle de vieux parfois celui de jeune. Je ai fait mon entrée dans cette troupe en 93. A l’époque tous les enfants se retrouvaient dans ‘Jotayu Xalé yi’. Les thèmes sensibilisaient les jeunes sur des faits de société et en même temps on les éveillait». Comme ses frères, Samba a intégré l’audiovisuel. Après une formation, il est devenu monteur à «Walf Tv». «Il devait y avoir une génération pour la relève. De pareilles émissions doivent continuer. J’ai aussi joué dans les films africains», conclut-il.

IBRAHIMA NDIAYE «MAME YAKHI LALO», INITIATEUR DE «JOTAYU XALE YI» : «J’aurais bien aimé relancé de telles émissions surtout dans un contexte où les enfants se pervertissent dans la lutte ou la danse…»


Son nom est connu de tous. Ibrahima Ndiaye «Mame Yakhi Lalo» fut l’initiateur de cette célèbre pièce des années 90. Son objectif à travers «Jotayu Xalé yi» était «d’orienter les enfants pour qu’ils ne perdent pas leurs valeurs face à la modernité». De ce fait, explique-t-il, «mes messages tournaient autour des valeurs traditionnelles. D’ailleurs, mon credo était formulé autour de 3Y. C’est-à-dire : ‘Yaru, Yewu, Yeeté’ (être éduqué, s’éduquer et éduquer). Je n’ai pas fréquenté l’école française, mais le Coran m’a ouvert l’esprit». Aujourd’hui, le souhait de «Mame Yakhi Lalo» est de «relancer de telles émissions, surtout dans un contexte où les enfants se pervertissent de la lutte ou la danse. Les parents aussi ont un rôle important à jouer». Car, poursuit-il, «les enfants doivent avoir une bonne éducation de base. Aujourd’hui, ce qui se passe est inquiétant». «Mame Yakhi Lalo» revient, par ailleurs, sur ce qui a fait échoué son initiative. «Pendant 12 ans, ça passait à la télé. Mais il y a eu des problèmes. A l’époque, c’était Djibril Wade qui m’aidait pour la diffusion, mais depuis qu’il est parti, les sketchs ne passaient plus. C’était de la jalousie en quelque sorte», regrette-t-il.

MARIEME SAMBA, PRESENTATRICE A LA RTS : «Il faut créer pour les enfants des émissions qui collent aux normes culturelles traditionnelles»

Le visage de Marième Samba est très connu des enfants. Plusieurs générations de jeunes ont suivi ou connaissent son émission : «La télé est à nous». Une émission diffusée dans les années 90 sur la Rts. Aujourd’hui que les télévisions ne misent plus sur ce type d’émissions, elle pense qu’«il devrait y avoir plus d’ émissions enfantines dans tous les médias et plus même au niveau des télévisions». Parce que, poursuit-elle, pour retenir l’attention des enfants, il faut que l’image accompagne les paroles. Même si l’animatrice de «Koti koti» est d’avis que les dessins animés éveillent, elle trouve qu’«il faut créer pour les enfants des émissions qui collent aux normes culturelles traditionnelles. Je fais tout pour qu’on ait au moins une émission enfantine à la télévision nationale. Mais c’est vrai que ça ne suffit pas du tout». Revenant sur «La télé est à nous», une émission très suivie à l’époque, M. Samba explique que «le concept n’a pas trop changé. On a juste revu et corrigé et on a ajouté certains

éléments. Le but est toujours d’informer, de divertir et un peu de renforcer les connaissances culturelles des enfants». Elle indique, par ailleurs, ne pas «baisser les bras pour la promotion de telles émissions». Mais elle préfère «attendre quelque part que les moyens suivent pour revenir en force. Mais si l’attente devient longue, on fait avec ce qu’on a sous les bras».

Le Populaire

Vendredi 7 Septembre 2012 - 14:23



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