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Enseignants et grands-mères, un rempart contre les grossesses et les mariages précoces au Fouladou



APS) - Les conclusions d’une étude récente menée dans le sud du Sénégal montrent que les grands-mères et les enseignants sont les deux acteurs incontournables pour lutter contre les risques de grossesses précoces et les mariages précoces en milieu rural.



Enseignants et grands-mères, un rempart contre les grossesses et les mariages précoces au Fouladou
The GrandMother Project, une ONG internationale, financée par l’USAID et World Vision, vient de publier (mars 2011) une étude sur la corrélation qui existe entre les grossesses précoces et les mariages précoces dans la région de Kolda (sud).

Dans cette zone du Fouladou, les grossesses précoces constituent une grande préoccupation pour les communautés et une importante cause d’abandon scolaire pour les filles entre 13 et 15 ans.

En mai 2008, le quotidien Walfadjri dénonçait 80 grossesses et 70 mariages forcés parmi les élèves dans le département de Vélingara. Récemment, la gravité de la situation faisait la une des journaux. Selon les autorités scolaires, dans la région de Kolda, les auteurs de ces grossesses sont à environ 40% des enseignants.

A cet effet, il est mis en œuvre le projet de Développement holistique des filles (DHF), depuis deux ans et demi avec l’appui technique de The Grandmother Project (GMP), dans la communauté rurale de Kandia, dans le département de Vélingara.

Ce projet se fixe pour objectif central de promouvoir le développement, l’éducation et la protection des filles pour leur permettre de s’épanouir dans la famille et dans la société.

Aussi vise-t-il la réduction des mariages précoces et forcés, des grossesses précoces ainsi que l’abandon de l’excision à travers le changement des normes communautaires.

Le projet encourage en outre les valeurs traditionnelles positives et la communication entre les générations, particulièrement entre les filles, leurs mères et leurs grands-mères. De même, il instaure également la communication entre l’école et la communauté.

Au cours de la réalisation de l’étude, des interviews ont été conduites dans 12 villages impliqués dans les activités du projet sur un échantillon de 451 individus : les aînés (hommes), les grands-mères, les mères, les adolescentes, les adolescents, les enseignants et les deux matrones de la zone.

D’autres informations provenant des notes prises durant les deux ans de mise en œuvre du projet ont été également analysées. Elles ont été recueillies lors des forums intergénérationnels, auxquels tous les représentants de la communauté (y compris les écoles et le secteur sanitaire) ont participé.

Il s’agissait principalement de mesurer l’impact du projet sur la baisse du nombre de grossesses observées dans certains villages. Les réponses des interviewés révèlent l’existence d’un lien direct entre les grossesses et les mariages précoces.

Selon les interviewés la plupart des familles sont convaincues de l’importance de la scolarisation des filles. Cependant, toutes constatent que les filles qui restent à l’école à partir de la puberté à 14 ou 15 ans courent un risque important d’être enceintes.

Ainsi, de nombreuses familles retirent les filles de l’école afin de les mettre à l’abri. Les interviews révèlent également que le mariage des filles en bas âge représente une stratégie familiale pour les protéger du risque de grossesse hors mariage.

Une grossesse avant le mariage représente le plus grand déshonneur pour une famille dans la communauté Haalpular. Dans ce sens, le rapprochement entre les filles et les grands-mères et une plus grande communication entre elles ont fortement contribué à la réduction des grossesses précoces.

Aujourd’hui, les parents perçoivent mieux l’importance de leur participation à l’éducation des enfants. La transmission des valeurs culturelles et les relations intergénérationnelles renforcées ont constitué un socle de référence pour éduquer les filles au sein de la communauté.

Par ailleurs, la jonction entre les enseignants et les grands-mères a également contribué à protéger les filles contre le mariage précoce et les grossesses précoces.

L’action menée par les communautés villageoises donne ces résutats : la diminution du nombre de grossesses précoces a favorisé la hausse de l’âge du mariage des filles de 15,6 ans en moyenne en 2008 à 17,6 ans au moment de l’étude en 2010. Cette évolution n’atteint pas toutefois l’âge recommandé de 18 ans.

En effet, la réduction des mariages précoces est étroitement liée à la baisse du risque que courent les filles de se retrouver enceintes en fréquentant l’école.

Ainsi, les stratégies qui cherchent à réduire les mariages précoces devraient avant tout chercher à réduire le risque de grossesse avant mariage.

Dans les deux cas, l’influence et le rôle des grands-mères à l’intérieur de la famille, de la communauté, ainsi que dans l’école représente une ressource fondamentale pour surmonter ces deux problèmes.

Les résultats plus qu’encourageants de cette étude constituent une piste de réflexion pour beaucoup de pays où les autorités scolaires et sanitaires cherchent des stratégies nouvelles en faveur de la scolarisation et du maintien des filles à l’école.

ASD/SAB
avec A.P.S Agence de Presse senegalaise


Vendredi 17 Juin 2011 - 12:58



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