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FRANCOPHONIE - 40 ans de solidarité pour un monde uni ► La langue française en perte de vitesse au Sénégal ?



Depuis hier, 22 octobre, Montreux, en Suisse, abrite le XIIIe Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif). Cette rencontre qui se tient tous les deux ans dans un pays membre de la Francophonie, a été précédée par le Conseil permanent de la Francophonie (Cpf), suivi de la session des ministres. Par la même occasion, le Prix des Cinq Continents sera remis à Liliana Lazar de Roumanie pour son roman « Terre des affranchis ». En marge du Sommet, l’Association internationale des maires francophones (Aimf) a tenu son assemblée générale. Retour sur la création de cette institution vieille de quatre décennies par les pères fondateurs Léopold Sédar Senghor, Hamani Diori, Habib Bourguiba, Norodom Sihanouk, etc.



FRANCOPHONIE - 40 ans de solidarité pour un monde uni ► La langue française en perte de vitesse au Sénégal ?
C’était un 20 mars 1970, à Niamey, en terre africaine. Pour la petite histoire, le terme « Francophonie » est apparu vers la fin du XIXe siècle, pour décrire l’ensemble des personnes et des pays utilisant le français. Il acquiert son sens commun lorsque, quelques décennies plus tard, des Francophones prennent conscience de l’existence d’un espace linguistique partagé, propice aux échanges et à l’enrichissement mutuel. Des hommes et des femmes de Lettres seront à l’origine de ce mouvement.

C’est à Niamey, au Niger, le 20 mars 1970, qu’a eu lieu la signature, par les représentants de 21 Etats et gouvernements, de la Convention portant création de l’Agence de coopération culturelle et technique (Acct). Il s’agissait d’une nouvelle organisation intergouvernementale fondée autour du partage d’une langue commune, le français, chargée de promouvoir et de diffuser les cultures de ses membres et d’intensifier la coopération culturelle et technique entre eux.

Concertations politiques

Le projet francophone a sans cesse évolué depuis la création de l’Acct devenue d’abord, en 1998, l’Agence intergouvernementale de la Francophonie et, en 2005, l’Organisation internationale de la Francophonie avec l’arrivée de l’ancien chef d’Etat sénégalais, Abdou Diouf, élu pour la première fois au Sommet de Beyrouth, au Liban, en 2002. Le Sommet des chefs d’État et de gouvernement des pays ayant le français en partage, communément appelé « Sommet de la Francophonie », se réunit pour la première fois en 1986 à Versailles, en France, à l’invitation du président de la République française d’alors, François Mitterrand. 42 Etats et gouvernements y participeront et retiendront quatre domaines essentiels de coopération multilatérale. Il s’agissait du développement des industries de la culture et de la communication, des industries de la langue ainsi que du développement technologique couplé à la recherche et à l’information scientifique.

Depuis 1986, douze Sommets de la Francophonie se sont réunis respectivement en 1986 à Paris (France), 1987 à Québec (Canada-Québec), 1989 à Dakar (Sénégal), 1991 à Paris (France) alors qu’il était initialement prévu à Kinshasa (Rdc alors Zaïre), 1993 à Grand-Baie (Ile Maurice), 1995 à Cotonou (Bénin), 1997 à Hanoi (Vietnam), 1999 à Moncton (Canada-Nouveau Brunswick), 2002 à Beyrouth (Liban), 2004 à Ouagadougou (Burkina Faso), 2006 à Bucarest (Roumanie) et dernièrement, en 2008, à Québec (Canada-Québec).

Ces concertations politiques au plus haut niveau ont progressivement renforcé la place de la Francophonie sur la scène internationale, tout en élargissant ses champs d’action et en améliorant ses structures et modes de fonctionnement, remarque-t-on dans les milieux. C’est au Sommet de Cotonou, en 1995, au Bénin, que l’organisation s’est dotée d’un poste de Secrétaire général, clé de voûte du système institutionnel francophone. Les dirigeants avaient jugé nécessaire que pour être plus conforme à la dimension politique qu’elle a acquise, la Francophonie devrait être dirigée par un Secrétaire général.

Le premier Secrétaire général fut élu au Sommet de Hanoi au Vietnam, deux ans plus tard, en 1997. C’est l’ancien Secrétaire général des Nations unies, l’Egyptien Boutros Boutros-Ghali, qui occupera ce poste jusqu’en 2002. Au cours de ce même Sommet, la Charte de la Francophonie, principal texte de référence, a été adoptée.

Abdou Diouf, ancien président de la République du Sénégal, est élu Secrétaire général de la Francophonie au Sommet de Beyrouth, en 2002, et impulsera une nouvelle dynamique à l’Organisation dans ses deux volets que sont les actions

politiques et la coopération pour le développement. Une nouvelle Charte de la Francophonie, adoptée par la Conférence ministérielle à Antananarivo (Madagascar), en 2005, rationalise les structures de la Francophonie et ses modes de fonctionnement et consacre l’appellation d’Organisation internationale de la Francophonie.

Le ton a été déjà donné à Bamako, quelques semaines auparavant, le nouveau patron ayant annoncé des réformes profondes pour une gestion efficiente de l’Oif. A la culture et à l’éducation, domaines originels de la coopération francophone, se sont ajoutés, au fil des Sommets, le champ politique (paix, démocratie et droits de l’Homme), le développement durable, l’économie et les technologies de l’information et de la communication. L’Institut de l’Energie et de l’Environnement de la Francophonie voit le jour, à Québec, en 1988. Un Institut des nouvelles technologies de l’information et de la formation doté d’un fonds des inforoutes remplace l’Ecole internationale de Bordeaux, en 1998.

Missions d’observateurs


Dans le domaine capital de la promotion de la démocratie, l’Oif envoie sa première mission d’observation d’un processus électoral en 1992, lors des présidentielles et législatives en Roumanie. L’assistance électorale offerte en réponse à la demande des Etats concernés ne se limite pas à l’observation des scrutins. Elle englobe divers appuis institutionnels et juridiques, la formation des personnels électoraux, l’assistance technique et matérielle.

Déjà, en 2000 au Mali, la « Déclaration de Bamako », premier texte normatif de la Francophonie en matière de pratiques de la démocratie, des droits et des libertés est adoptée. La Francophonie se dote ainsi de pouvoirs contraignants face à ses membres qui ne respectent pas les valeurs démocratiques communes.

Plusieurs pays victimes de coups d’Etat ou de renversement de régime ne seront plus acceptés dans les instances et ne pouvaient plus abriter de rencontres ou sommets de haut niveau. Des pas de géants seront faits pour rétablir l’ordre démocratique avec l’envoi de mission lors des élections. Des médiateurs seront choisis à chaque fois que de besoin pour appuyer des Etats membres en difficulté au plan politique. C’était le cas en Mauritanie, en Guinée et en Côte d’Ivoire.

Dès 1926, des écrivains ont initié le processus, en créant l’Association des écrivains de langue française (Adelf). Ils seront suivis par les journalistes, regroupés en 1950 au sein de l’Union internationale des journalistes et de la presse de langue française, aujourd’hui appelé Union de la Presse francophone. D’autres regroupements suivront. C’est le cas, en 1955 où une communauté des radios publiques francophones est lancée avec Radio France, la Radio suisse romande, Radio canada et la Radio belge francophone. Cette communauté propose aujourd’hui, avec une audience sans cesse accrue, des émissions communes diffusées simultanément sur les ondes des radios membres, contribuant ainsi au renforcement du mouvement francophone à travers le monde.

Réellement, c’est en 1960 que la première institution intergouvernementale francophone voit le jour avec la création de la Conférence des ministres de l’Education (Confémen) dont le siège est à Dakar, au Sénégal, et qui regroupait au départ 15 pays.

Aujourd’hui, plus de 40 Etats et gouvernements sont membres de cette conférence ministérielle permanente. Une institution qui se réunit tous les deux ans pour « tracer les orientations en matière d’éducation et de formation au service du développement ».

Agence universitaire de la Francophonie


Les universitaires s’en mêlent à leur tour en créant, une année plus tard, l’Association des universités partiellement ou entièrement de langue française, qui deviendra, en 1999, l’Agence universitaire de la Francophonie (Auf).

L’agence compte aujourd’hui 677 établissements d’enseignement supérieur et de recherche répartis dans 81 pays et elle est l’un des opérateurs spécialisés de la Francophonie. Le mouvement pour la Francophonie s’est élargi aux Parlementaires qui ont lancé leur association internationale en 1967. Elle deviendra, trente années plus tard,

l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (Apf), en 1997. Regroupant actuellement 65 parlements membres et 11 observateurs, l’Apf représente, selon la Charte de la Francophonie, l’Assemblée consultative du dispositif institutionnel francophone.

Un volet aussi important que le sport et la jeunesse ne sera pas négligé pour promouvoir la langue française. C’est ainsi que la Conférence des ministres de la Jeunesse et des Sports (Confejes) est créée en 1969, et devient, avec la Confemen, la deuxième conférence ministérielle permanente de la Francophonie. Son siège se trouve à Dakar et, pendant plus de deux décennies, elle a été dirigée par des Sénégalais.

Une Conférence francophone des organisations internationales non gouvernementales, tenue en 1993 avec la participation de 31 Ong accréditées auprès des instances de la Francophonie, associe désormais la société civile au processus d’élaboration, de réalisation et d’évaluation de la coopération multilatérale francophone. Cette conférence des Ong se réunit tous les deux ans sur convocation du Secrétaire général de la Francophonie. En 2009, 63 organisations internationales non gouvernementales et autres organisations de la société civile, intervenant dans les divers champs d’activité de la Francophonie, sont accréditées.

Par El hadji Abdoulaye THIAM
lesoleil

© PiccMi.Com - Le Magazine du Web Sénégalais

Samedi 23 Octobre 2010 - 12:11



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