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Face à l'augmentation des prix de la viande de bœuf et de mouton : LES SÉNÉGALAIS SE RUENT VERS LE BUFFLE INDIEN





Face à l'augmentation des prix de la viande de bœuf et de mouton : LES SÉNÉGALAIS SE RUENT VERS LE BUFFLE INDIEN
La viande de buffle importée prend petit à petit une place importante dans notre alimentation quotidienne. L'augmentation récente des prix de la viande de mouton et de bœuf a créé une ruée vers les produits venus de l'extérieur. Toutefois les Sénégalais semblent dans leur grande majorité ignorer ce qu'ils consomment.

Le "consommer local" peine à avoir une place dans le menu des Sénégalais. En dépit de sa promotion verbale par le Chef de l'Etat Macky Sall et ses collaborateurs, nos estomacs continuent d'être "extravertis". Beaucoup de Sénégalais ignorent de quelle viande est fait leur "Thièbou yappe" (riz à la viande) bien prisé par les populations. Ces dernières ne cherchent pas à savoir d'où vient ce qu'elles mangent.

Les dames chargées de faire la cuisine dans presque tous les foyers l'appellent "la viande importée" tout court. Elles pensent à cent pour cent que c'est du bœuf. Les vendeurs détaillants sont au même niveau d'information à l'exception de quelques-uns. Dans les marchés, bouchers et clients sont d'accord pour dire que c'est l'augmentation des prix qui a poussé les consommateurs à aller vers la viande indienne.

Le marché de Gueule-Tapée est très fréquenté en cette matinée du 30 juillet. Une marée humaine pourrait-on dire. Elle se justifie par le caractère populeux du quartier. A une centaine de mètres du lieu, l'on constate des embouteillages humains dans certaines rues et ruelles. Le milieu du marché construit comme un hangar est consacré à la vente de provisions.

Dans cet endroit où la concentration des visiteurs est plus forte, les bouchers font partie des personnes les plus sollicitées. Sur sa table de moins de deux mètres carrés, Diallo expose sa marchandise. Ici le consommateur a deux choix entre la viande de bœuf local et celle de buffle appelée "viande importée ou congelée". En jetant un coup d'œil sur son étal, l'on remarque facilement la différence entre les deux types de viande.

Diallo, coupe-coupe à la main, s'affaire autour d'un gros morceau pour le scinder en plusieurs. "La viande importée est plus vendue que celle locale car elle coûte moins cher", explique-t-il. A cette heure de grande affluence, il n'a pas de temps pour discuter. Tout ce qu'il fait, c'est de vendre et chasser ces nombreuses mouches à la recherche de nourriture.

Plus fréquenté que celui de Gueule-Tapée, le marché Tilène sis dans la commune d'arrondissement de la Médina ne déroge pas à la règle. Le décor est le même. Plus grand, il attire plus de clients dans une ambiance très animée. La partie réservée à la vente des denrées alimentaires se distingue par son insalubrité et une odeur désagréable. Dès que le visiteur s'approche des vendeurs de viande, ces derniers l'interpellent, lui demandant s'il veut acheter. Comme les précédents interlocuteurs, ils ne savent pas ce qu'ils vendent. Ils soutiennent tous que c'est de la viande de bœuf importée.

"La viande de buffle est très utilisée par les restaurateurs"

Clients et consommateurs sont unanimes pour dire qu'il y a une ruée vers ce produit venu pour la plupart de l'Inde. "Nous vendons beaucoup de viande importée actuellement car elle est plus abordable ; mille six cent francs CFA le kilogramme contre trois mille pour celui de bœuf", lance Ibrahima Barry apparemment satisfait de la bonne marche de ses affaires. Maïmouna Diop, venue faire son marché, de renchérir : "Nous les femmes, on préfère la viande de buffle car elle est plus facile à utiliser, elle est complètement désossée. En plus, elle est moins chère."

Compressée et emballée dans des sachets plastiques sous forme de rouleaux de quatre kilogrammes, la viande de buffle est très utilisée par les restaurateurs. Ce vendeur qui ne veut pas divulguer son nom maîtrise mieux la question. Il explique que la majeure partie de ses commandes étaient faites par les restaurants, mais depuis quelques mois, avec l'augmentation des prix des produits locaux, beaucoup de particuliers se tournent eux aussi vers la viande de buffle à cause de son accessibilité. En attendant une future baisse du prix de la viande de bœuf, l'importation de la viande de buffle a encore de beaux jours devant elle.



Un produit "halal"

Dans un pays à quatre-vingt-quinze pour cent musulman, cette viande peut semer le doute dans la tête de certains consommateurs. Mais le buffle est un animal dont la consommation est autorisée au même titre que le bœuf par l'islam, selon Alioune Badara Ngom, Imam et président de l'association des élèves et étudiants musulmans du Sénégal (AEEMS). Ce que confirment d'ailleurs les services de la Direction du commerce intérieur. "C'est une viande Halal qui respecte les conditions et règles islamiques en la matière", explique Issa Wade, chef de la division de la consommation.

Beaucoup de Sénégalais connaissent le buffle en tant qu'animal sauvage, mais il est aussi domestique. D'ailleurs son élevage est aussi développé dans certains pays occidentaux et asiatiques que celui du bovin. Il est élevé essentiellement pour la production du lait et de la viande. Actuellement, l'Inde et l'Australie sont les plus grands exportateurs de viande de buffle, selon lemonde.fr. "Qu'il soit domestique ou sauvage, sa consommation est licite, selon l'islam", conclut Imam Ngom.





3 QUESTIONS À...

ISSA WADE, CHEF DE LA DIVISION DE LA CONSOMMATION, DIRECTION DU COMMERCE INTÉRIEUR

"C'est une viande qui a été longtemps importée au Sénégal"


On a noté ces derniers temps une forte présence, sur le marché, de la viande de buffle. Cela constitue-t-il une nouveauté ?

La présence de la viande de buffle sur le marché sénégalais date de longtemps. Il faut aussi noter que parallèlement à nous, il y a les services techniques de l'élevage qui inspectent cette viande, qui donnent un document administratif pour son importation.

Est-ce que cette forte présence n'est pas aussi liée à la hausse du prix de la viande de mouton, de bœuf...

Non, non. On peut dire que c'est une viande qui est classée, qui a été longtemps importée au Sénégal et visiblement qui connaît un succès auprès des commerçants. Si la viande marche bien du point de vue vente, c'est parce que la viande actuellement commercialisée au Sénégal ; viande de bœuf, viande de mouton, est une viande dont le prix est relativement plus cher que la viande de buffle. Mais cela n'enlève en rien l'aspect propreté de la consommation.

Parlant de propreté, est-ce qu'il y a le contrôle nécessaire sur la viande importée ?

Pour la viande, avant que nous ne donnions une quelque autorisation, il nous faut l'avis technique des services vétérinaires de l'élevage qui sont au Port. Ils font un prélèvement sur cette viande, nous donne un avis technique notifié en cela par un résultat d'analyse. C'est cet avis technique qu'on appelle certificat phytosanitaire. Si la viande est propre à la consommation, on signe l'autorisation, au cas contraire, on ne donne pas d'autorisation. En réalité, il y a des services techniques de l'Etat qui inspectent cette viande, qui font des analyses de cette viande avant de donner des autorisations. On est là pour contrôler les produits alimentaires qui nous viennent de l'étranger et qui sont vendus dans les marchés. Rien ne vaut la santé des personnes et c'est une responsabilité qui nous incombe. On ne peut pas se permettre de jouer avec la santé des populations sénégalaises.

Enquête

PiccMi.Com

Mardi 4 Août 2015 - 19:00



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