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Focus sur les «secrets» qui entourent les « Ndaw rabin, Ndëp, Tuur, Xamb, Kasak...»

ALIOUNE DIAGNE MBOR DISSEQUE LA CULTURE LEBOU



C'est avec un brin de nostalgie que Alioune Diagne Mbor, 87 ans et « Ndey Ji rew » (président) de la Communauté Lébou explique les différents concepts qui sous-tendent les activités culturelles au sein de ladite société. Il évoque notamment les « secrets » qui entourent les « Ndaw rabin», les « Ndëp», les « Tuur», les « Xamb » et autres « Baawnaan» et « Kasak»... Un patrimoine culturel éducatif en voie de disparition, concède-t-il.



 Focus sur les «secrets» qui entourent les « Ndaw rabin, Ndëp, Tuur, Xamb, Kasak...»
Occupant la stature de «Ndey Ji Rew» qui équivaut au titre de président de la République dans la société Léboue, Alioune Diagne Mbor, dissèque les différentes facettes du très riche patrimoine culturel de la communauté Léboue. Une culture qui, selon lui, souffre aujourd'hui d'une forte érosion . Parce que toutes les activités cul­turelles, du Ndaw rabin, au 'Lël', en passant par le 'Ndëp', les 'Tuur', les 'Xamb', le 'Baawnaan' etc, avaient des buts bien précis, d'éducation, de sensibilisation.... ».

Prenant l'exemple du «Ndaw rabin», Alioune Diagne Mbor relève que, «les gens pensent que c'est une danse comme n'importe laquelle, mais elle est loin d'être ordinaire. Car le «Ndaw rabin» est organisé par la communauté à un moment précis de l'année, à l'approche de l'hivernage, où on s'achemine vers une période de travail qui demande beaucoup de courage, d'abnégation pour bien produire. On ne connaissait pas la monnaie. On ne connaissait que les greniers pleins et les pirogues prêtes à aller en mer. Alors pour donner du courage aux jeunes qui faisaient ces travaux, le Jaraaf faisait cette fête qu'on appelait 'Ndaw ràgu'. Les hommes se chargent physiquement et les femmes chantent et dansent, mais pas n'importe comment. Ces actes et ces chansons étaient pleins de symboles évocateurs de gloire. Une sorte de 'Baawnaan', une prière. Et dans la dernière quinzaine d'octo­bre, chacun voulait montrer que son père avait la meilleure récolte. Pour mesurer tout ça, on disait que 'Nagnou lambanté'. Et c'est ce qui a amené le 'Lamb' qui est différent de la lutte telle qu'elle est pratiquée aujour­d'hui, on ne voyait pas de sang. C'était vraiment la fête. C'était du 'Baku', du folklore avec les 'Tuus' des lutteurs».

La culture Lébou en voie de disparition

Concernant le «Ndëp», le «Ndey Ji rew» des Lébous souligne que ladite communauté étant animiste à l'origine, à l'avènement de l'islam, elle a assimilé cette religion en y adaptant sa culture. «Avec l'islamisation, quand on démarrait les 'Ndëp', on disait 'Bismilahi diamni, ma tagu Yallah'. Cependant, bien qu'un aspect de la culture léboue soit tombé en désuétude, on a observé un phénomène inverse. En effet, un psychologue s'est servi de l'enregistrement des chansons de 'Ndëp' pour la thérapie de ses patients. Ces derniers entraient alors en transes et il se rendait compte que cela avait le même effet que les médicaments qu'il leur donnait», explique-t-il en notant que le 'Ndëp', c'est aussi des offrandes», il y a d'autres rites comme les 'Tuur' et des 'Xamb' qui sont «plus personnels et se font dans les maisons à l'aide de canaris.

Pour ce qui est du « Kasak», M. Diagne Mbor confie que c'est quelque chose de très important chez les Lébous, mais qui a tendance à disparaitre. «C'est dommage qu'on ne fasse plus beaucoup de 'Kasak'. Parce qu'avant, c'était une initiation, une école. Disons que vous êtes en classe de première, entre 0 et 5 ans, c'est la formation domestique, avec les problèmes de la maison. À 7 ans, le père vous amène aux champs et vous inculque des connaissances relatives à la biosphère et à la biodiversité. De 15 à 20 ans, vous êtes circoncis et là c'est le 'Lël', avec la retraite dans la forêt où vous vous organisez en société avec un 'Toko Buur' (le benjamin), le 'Ticim' (le perturbateur) et le 'Buur' qui est très respecté. Et vous avez un professeur qui reste chez lui et vous envoie son assistant, le 'Selbe' qui est avec vous. Quand aux 'Njuli' (circoncis), ils se débrouillaient pour manger. Ils pouvaient donc voler du bétail parce qu'ils étaient impunis. Mais le père de chaque 'Njuli' apportait un taureau pour son fils, surtout lorsqu'il avait passé l'épreuve avec bravoure. Et Durant le 'Lél', toutes les chansons de 'Kasak' étaient destinées à éduquer. Après cela, vous avez réussi à votre Bac et quand vous rentrez chez vous, c'est l'Université le 'Pénc'. C'est vraiment dommage qu'on ne voit plus cela. Parce que les enfants restent chez eux maintenant lorsqu'ils sont circoncis». dit Alioune Diagne Mbor, un brin nostalgique de l'ancienne époque

Oumou Sidya DRAME
Source Le Populaire

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Vendredi 18 Juin 2010 - 10:18



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