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Frappée par la crise : La Suneor raffine à l’arrêt





Frappée par la crise : La Suneor raffine à l’arrêt
Les performances de l’équipe de foot étaient la preuve de la santé financière de Sonacos. Ass Birane Cissé, Racine Kane, feu Karim Sèye faisaient vibrer de joie le cœur de plusieurs sportifs et férus du ballon du Sénégal. Elle était soutenue par une société florissante. Aujourd’hui, la Suneor, qui a succédé à la Sonacos, est moribonde. Cette mort a été précipitée par la cession de l’entreprise au groupe Advens. Retour sur un passé glorieux réduit à néant par une privatisation sur mesure.

C’est un décor de cimetière : Tout est à l’arrêt. Anxieux, les travailleurs sont figés dans un désastre après avoir connu une période faste dans leurs vies. Il leur reste un seul espoir auquel ils s’agrippent comme des désespérés : Les employés de la Suneor de Diourbel scrutent le ciel pour conjuguer les difficultés actuelles de leur boîte au passé. Et espèrent un signal fort de l’Etat.

Aujourd’hui, la belle dame, qui a allaité dans l’allégresse plusieurs milliers de personnes, est dans une situation chaotique. Dix années après avoir cédé ce fleuron à l’homme d’affaires franco-sénégalais Abass Jaber, le Sénégal est plongé dans le cauchemar. Alors qu’il l’avait acquis presque symboliquement : 5 milliards de F Cfa. Du temps des Socialistes, on a refusé de privatiser l’ex-Sonacos à des repreneurs qui avaient mis sur la table de 30 milliards.

A Diourbel, les travailleurs at­tendent la bonne parole. Aux alentours de l’usine de Diourbel, le sinistre est total. Le mouvement des camions, qui chargeaient et déchargeaient, est vivant seulement dans les souvenirs des populations. «C’est du passé. La Suneor est morte», se désolent les employés.

Aujourd’hui, l’homme d’affaires franco-sénégalais a trouvé une parade pour rester en vie. Mais, il fait face à une résistance farouche de ses employés qui refusent la balkanisation de leur boîte. Quel est le motif de la cession des usines de Kaolack et Ziguinchor ? «L’entre­prise croule sous les dettes qui sont de l’ordre de 48 milliards. Elle a des difficultés financières énormes. Ils disent qu’ils cherchent de quoi les éponger. C’est dans cette optique que Avril, ex-Sofiproteol, s’est signalée. Elle ne s’est pas engagée pour prendre l’ensemble de l’entreprise dans son intégralité mais Kaolack et Ziguinchor», répond un interlocuteur.

L’entreprise sera dénommée Suneol avec 66,5% pour Avril et 33,5 % pour la Suneor avec une minorité de blocage. Dans le nouveau schéma mis en place, Avril va remettre 14 milliards, Jaber va essayer de céder une partie du foncier de Dakar pour renflouer les caisses. «Cette option, nous n’en voulons pas. C’est tout ou rien», soutiennent les syndicalistes qui disent niet à toute «balkanisation de l’entreprise». Par conséquent, ils exigent maintenant «l’arbitrage de l’Etat qui, en dernier lieu, doit valider tout ce qui se passera». Très intransigeants, les syndicalistes soutiennent que «si la Suneor devrait être donnée à quelqu’un, qu’elle le soit en groupe.»

Thiembaye Ndiaye, représentant des travailleurs, explique que l’acte de vente est loin d’être consommé. Pourquoi ?
«Sur la supposée cession des usines de Lyndiane et Ziguinchor à 14 milliards, la vente n’est pas encore effective parce que l’accord en principe doit comporter trois parties. La 1ère partie consistait à mettre sur pied l’accord entre Advens et Sofiproteol. En sus des 14 milliards qu’il allait obtenir, Jaber, qui n’avait dépensé que 1 milliard de francs, va disposer des terres de Dakar sise à Bel Air et des 14 milliards que Avril va mettre sur la table. De toute façon, nous n’accepterons pas cette balkanisation de notre boîte.»

Balkanisation

Dans les souvenirs de Diourbellois, la Sonacos avait un patrimoine riche. Elle avait une huilerie, une parfumerie, une javellerie, une margarinerie et fabriquait des pates dentifrice. «Ce qui permettait de créer énormément d’emplois», soutiennent les travailleurs. «Rien que pour l’arachide, on pouvait compter entre 120 personnes tous les matins qui s’activaient à travers les hangars et les centres de déchargement. L’usine roulait à trois feux non stop. Ce qui faisait que l’économie de la ville marchait bien. Mais petit à petit, l’entreprise commençait à diminuer sa production. Elle, qui recevait jusqu’à environ 1200 tonnes d’arachide par jour, a vu sa production fortement chuter. Les graines étaient acheminées vers Kaolack et les autres usines», se rappellent, avec les voix pleines de trémolos, les habitués de l’ex-Sonacos.

Surfant sur cette richesse, Diourbel était devenue un eldorado. «Les gens venaient de partout pour chercher du travail. Il y avait une unité. En 1985, les premières difficultés se font jour. Des employés ont été licenciés pour motif économique. Cela a provoqué la dislocation de plusieurs familles», regrette Ibrahima Dacosta, ancien employé de la boîte. Songane Faye, employé, se remémore de la belle époque : «Nous étions 15 personnes à être recrutées le même jour en 1983. La centrale fonctionnait normalement. J’ai le cœur lourd chaque jour que je viens travailler. Les jours se suivent et se ressemblent. Les différents pouvoirs, qui se sont succédé après le régime socialiste, ont mis à genoux l’entreprise. La privatisation n’a pas été bien pensée. L’usine m’a tout donné. J’ai pu acquérir une maison et entretenir ma famille grâce à cet emploi. Si j’étais en face du chef de l’Etat, je vais lui demander de faire comme Senghor et Diouf. Il n’a qu’à nationaliser la société. Si l’usine est fermée, Diourbel qui était en agonie va mourir définitivement.»

Ndiack Sarr, délégué du personnel, demande au Président Macky Sall de tenir ses promesses : «De toute façon, le renouveau de l’agriculture passe par la société Suneor.» Regard désabusé, Ibrahima Dacosta parie sur le patriotisme des fortunes de la région pour redonner à Diourbel un nouveau souffle. Il dit : «Je lance un appel aux milliardaires de cette région pour qu’ils redonnent une nouvelle jeunesse à cette usine. Ce qui aurait beaucoup aidé Diourbel qui se meurt faute d’activités. De 1200 travailleurs, la Seib se retrouve avec 65 permanents.» En 2014, les dettes de l’entreprise sont de l’ordre de 48 milliards de nos francs. Cette situation financière explique la vente programmée des usines de Kaolack et Ziguinchor à la société Avril. Quelle chute !


Le quotidien

PiccMi.Com

Samedi 28 Février 2015 - 11:05



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