contenu de la page



GREVE DES TRANSPORTEURS : 2012 démarre en charrettes





GREVE DES TRANSPORTEURS : 2012 démarre en charrettes
Dakar s’est caractérisée hier, lundi 2 janvier, par la galère des usagers du transport qui ont subi les conséquences de la grève du Syndicat national des travailleurs des transports routiers du Sénégal contre la cherté du prix du carburant. La fluidité du trafic a renseigné sur l’absence des cars rapide, ndiaga ndiaye, tata, taxis et autres véhicules de transport en commun. Face à ce dictat des acteurs du transport, certains usagers ont tout bonnement renoué avec les habitudes laissées aux villages en empruntant des charrettes pour rallier leur lieu de travail.

Le début de l’année 2012 s’ouvre sous de mauvais auspices pour les usagers du transport routier à Dakar. La grève d’hier, lundi 2 janvier a été difficilement vécue par les Dakarois qui empruntent quotidiennement les moyens de transport routier pour vaquer à leurs occupations. La galère s’est signalée dès le petit matin dans des quartiers comme les Parcelles Assainies où la plupart des gens en activités sont obligés de se pointer sur les arrêts de bus ou cars, à la première heure, pour espérer rallier à temps, leur lieu de travail. Aux environs de 5 h 30 du matin, sur l’axe tali bou bess x 22, une dizaine de personnes attendaient impatiemment leur habituel bus tata. La situation était plus perceptible à la hauteur du pont Patte d’Oie où était massée une foule immense composée de personnes en activités. Ce lieu qui, habituellement, est très fréquenté par des clandos et ndiaga ndiaye en partance à Colobane ou la gare routière de Colobane ne laissait apercevoir aucun moyen de transport en commun. Seules les voitures particulières pavanaient sous le regard piteux des usagers qui guettaient un hypothétique moyen de transport.

La situation était la même au niveau du garage de Colobane. A cette heure de petit matin où beaucoup de véhicules en provenance de l’intérieur déversent leur passager pour préparer un prochain départ, c’était le calme plat. Aucun signe de véhicule en déplacement. L’attention des passants était attirée par un groupe de gens assis autour d’un feu de chauffage et qui discutaient tranquillement. Interrogé sur la situation, le chauffeur de taxi qui nous transportait assure que nous étions ses derniers clients car il allait garer son véhicule après nous avoir déposés.

L’environnement qui prévalait en ville renseignait plus sur la situation de grève qui secoue Dakar. La circulation était fluide notamment sur l’axe Centenaire-Blaise Diagne-Sandaga-Ponty qui est réputé pour ses embouteillages. La présence policière était notée sur des points stratégiques comme le rond point poste Médina, rond-point Sandaga ou Garage Lat Dior. Un dernier lieu où, à la place des moyens de transport en commun, on y a retrouvé un pick-up rempli de policiers. Les quelques ndiaga ndiaye et car rapide trouvés sur les lieux ont profité de cette « journée morte » pour se donner une seconde jeunesse chez les mécaniciens. L’une des deux vendeuses rencontrées sur ce lieu qui en compte plusieurs, aux environs de 13 h, rangeait timidement ses affaires. Interpellée sur les conséquences de cette grève, Kiné Guèye, qui avait fini de se séparer de sa tenue de travaille pour s’installer dans sa taille basse en tissu fleurette rose, cachait difficilement sa désolation. « Le calme qui règne ici renseigne sur le désarroi que nous vivons avec cette grève. Toutes les personnes qui s’activent ici ne comptent que sur le transport pour vivre. Je vends du petit déjeuner et habituellement à pareille heure je me retrouvais avec un chiffre d’affaires journaliers de 20 mille FCfa ». Aujourd’hui, a-t-elle poursuivi, « je n’ai même pas pu faire 5 mille FCfa et je suis obligé d’aller offrir les plats que j’avais préparé aux pileuses qui sont juste là à Reubeuss par peur de les déverser ». Cette bonne dame qui a bénéficié de la proximité de son quartier (Fass Delorme) pour se rendre à lieu de travail dit être surprise de la réussite de cette grève. « J’étais au courant de la grève mais je ne m’attendais pas à ce que cela soit aussi suivie par les acteurs du transport».

La même accalmie relevée plus haut est notée au garage Petersen. Jadis connus pour le nombre important de véhicules de transport en commun qui y stationnent, le parking était tellement désert que les jeunes apprentis, chauffeurs et laveurs de véhicule trouvés sur les lieux se sont payé le luxe d’organiser une partie de football. Un receveur sur la ligne 2 qui a parlé sous le sceau de l’anonymat nous a confié que sur une vingtaine de lignes que compte Petersen, seule la 28 qui fait l’axe Petersen-Hamo 6 en passant par Croisement Cambérène, Pharmacie Golf, Guédiawaye, fonctionnée. Habitant à Guédiawaye, le jeune raconte que son véhicule a été intercepté à hauteur de Ben Taly par les grévistes qui lui ont intimé l’ordre de débarquer tous les passagers qui n’ont pas hésité à lui réclamer le remboursement du prix de leur billet.

A l’en croire, cette situation l’a obligé, sur demande du propriétaire du véhicule, d’aller jeter son dévolu sur la ligne 28 dont l’itinéraire était plus calme parce qu’il y avait la présence de policiers sur les principaux axes. Une situation qui a été possible du fait que son patron appartient au même Gie Darou Salam que ceux de la ligne 28.

Le dictat des grévistes, la galère des usagers

Les grévistes étaient très déterminés pour faire respecter l’ordre. Certains d’entre eux qui s’étaient massés à la rue 37 X Centenaire obligeaient les taximen ou tata « défaillants » à débarquer de gré ou de force leur client. Certains les ont même menacés de saccager ou bruler leurs véhicules s’ils refusaient d’obtempérer. N’eut été l’intervention de la police qui a dispersé les manifestants, le pire pouvait subvenir. Lors d’une discussion surprise dans un bus de ligne 9, dans l’après-midi d’hier, un passager raconte que le bus qu’il a pris le matin en allant au boulot a été intercepté au niveau de Niary Taly où un groupe de jeunes a intimé l’ordre au chauffeur de faire descendre tous les passagers s’il ne veut pas se retrouver avec un bus saccagé ou incendié.

Cet état de fait a été confirmé par le site Seneweb qui rapporte que des transporteurs du Syndicat national des travailleurs des transports routiers du Sénégal qui s’insurgent contre la cherté du carburant, se sont très tôt rassemblés, ce lundi matin, au rond point Niary Taly et au garage Guédiawaye pour faire descendre les clients à bord des transports en commun. Selon eux, poursuit la même source, la grève doit être observée par tous les transporteurs. « C’est pour le bien de nous tous», a indiqué sur les ondes de la Rfm un des manifestants avant de durcir le ton «personne ne va transporter qui que ce soit durant la grève. On fera descendre de force les clients». Le secrétaire administratif, Aliou Sow, interrogé par Radio Sénégal, avait expliqué que « faute d'obtenir satisfaction, nous ne pouvons que maintenir notre mot d’ordre ». Avant de renseigner qu’un conseil interministériel sur les transports est prévu mardi, avait annoncé vendredi soir la télévision nationale.

Même les transporteurs qui ont pris le risque de circuler ne semblent pas tirer un grand profit. Le receveur interpellé à Petersen a affirmé que la grève a eu un impact négatif, avec un manque à gagner qui risque d’être « énorme ». « En temps normal, je fais un chiffre d’affaires de 40 à 50 mille FCfa entre 5 heures et 13 h, sauf les samedi et dimanche ». Aujourd’hui, s’est-il désolé, « depuis ce matin, je ne parviens même pas à faire 20 mille FCfa et l’argent risque d’être réutilisé pour l’achat de carburant ».


Dakar retourne à l’ère du moyen âge


Dakar qui se réclame comme l’une des capitales les plus développées d’Afrique, a perdu de sa splendeur hier. Après le retour aux bougies que le Président de la République avait suggéré comme alternative à l’absence d’électricité, la capitale sénégalaise a donné un nouveau visage, peu reluisant. Face à la grève des transporteurs, les usagers étaient obligés de s’imaginer un moyen de locomotion pour se rendre au boulot. Les Dakarois n’ont pas craché sur les services de charrettes qui, généralement, sont dévolus pour le transport de matériaux de construction, des ordures ménagers et autres objets lourds. Les « charrettes transporteurs » étaient aperçues sur de grandes artères l’avenue Bourguiba, les deux voies qui séparent Liberté 6 et Scatt Urbam et même le Boulevard Général de Gaulle où, habituellement, la circulation de transport en commun n’est autorisée qu’aux bus Dakar Dem Dikk.

La grève d’hier a chamboulé les activités de plusieurs personnes les obligeants ainsi à rebrousser chemin ou à rester simplement chez eux. C’est à l’image de Mme Sow Aminata Mbaye, résident à Dakar-Plateau. Professeur d’anglais de son état, Mme Mbaye dit avoir annulé un cours parce que « mes étudiants n’ont pas pu se rendre à l’école faute de moyen de transport. » Elle a fait part de son soutien aux grévistes « parce que je suis véhiculée et je supporte difficilement comme les transporteurs la cherté du prix du carburant ». Sa belle sœur, Mme Mbaye dit avoir ressenti l’effet de cette grève avec le grand retard accusé par sa bonne. « Généralement, ma bonne arrivait à la maison à 8 h mais aujourd’hui elle s’est pointée à 11 h à cause de l’absence de transport. Ce qui va engendrer un retard sur l’exécution des tâches domestiques à exécuter».

Dakar Dém-Dikk sauve la face et se frotte les mains


Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Cette grève du syndicat national des travailleurs des transports routiers du Sénégal, a laissé libre cours à la société de transport Dakar Dem-Dikk. Un bus de la ligne 9 ralliait le boulevard Général de Gaulle à la Place de l’indépendance via l’avenue Malick Sy, l’avenue Blaise Diagne, avenue Ponty en moins de 10 minutes. Cet axe qui se caractérise par ses bouchons habituels. Un receveur du nom de Aliou Kane, trouvé au terminus Lat Dior, a confié qu’un de ses collègues a pu réaliser aux environs de 13 heures, un versement de 80 mille FCfa pour trois départs Keur Massar-Petersen alors qu’habituellement, il faisait entre 40 à 60 mille FCfa pour la même fréquence. Une hausse qui, à son avis, s’explique par la fluidité de la circulation. Un exemple qui pourra renseigner sur la bonne affaire réalisée par cette société nationale de transport. Par ailleurs, M. Kane a fustigé l’attaque dont certains bus ont été victimes au niveau de la banlieue. Cette situation a amené la société à changer l’itinéraire de certaines de ses lignes comme la 9, qui a opéré une déviation en empruntant la rue 10 pour éviter Niarry Taly.

Devant les nombreux désagréments causés par cette grève qui n’était qu’à son premier jour, l’ensemble des personnes interpellées ont souhaité un prompt retour à la normale. C’est à l’image de cet agent de Dakar-Dem Dikk qui s’est désolé : « cette grève n’est pas une bonne chose pour le pays parce qu’elle paralyse toute l’économie. On dirait un jour de fête car les gens sont restés chez eux». Face au contexte actuel du pays, M. Kane souhaite que l’Etat trouve le plus rapidement une solution en initiant un dialogue avec les syndicats de transporteurs.

PiccMi.Com

Mardi 3 Janvier 2012 - 11:31



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.










TWITTER
SENEGAL | VIDEO - Thierno Madani Tall reçu par le Khalif des Mourides;Cheikh... | PICCMI https://t.co/pZwHZX5tnN https://t.co/17iabZTm9w
SENEGAL | BARTHELEMY DIAS S’EXPLIQUE, CE MARDI: A peine installée en début de... | PICCMI https://t.co/PqwpvrLqp9 https://t.co/0m6JyAU8g7
SENEGAL | HAUT CONSEIL DES COLLECTIVITES TERRITORIALES: TANOR, LES MAINS LIEES:... | PICCMI https://t.co/VV2cQjULaT https://t.co/wZIfpUWEEU
SENEGAL | MISSIONS DE PAIX DE L’ONU : LE SÉNÉGAL POUR UN RÉAJUSTEMENT DES... | PICCMI https://t.co/XvLaiZPAoG https://t.co/ldK6JzK6UL
SENEGAL | Panne de la chaloupe en pleine mer : GOREE ECHAPPE AU NAUFRAGE -... | PICCMI https://t.co/zLHP61XGsN https://t.co/p0MCryEI5l
SENEGAL | 114ème Gamou de Pire : El Hadj Moustapha Cissé relève les pires tares... | PICCMI https://t.co/7nH27hDgM9 https://t.co/MS9UMT9Fsz
SENEGAL | COMMÉMORATION DU CINQUANTENAIRE DU 1ER FESTIVAL MONDIAL DES ARTS... | PICCMI https://t.co/0jJd7Jvgam https://t.co/LQcWO2wsb9
SENEGAL | LIGUE 1 : LE STADE DE MBOUR BATTU (0-1) À DOMICILE PAR GORÉE: Le... | PICCMI https://t.co/T3em6qhkEf https://t.co/YKWg3zF3PS
SENEGAL | LIGUE 2 : LE DUC PREMIER LEADER: Le Dakar université club (DUC) a... | PICCMI https://t.co/PwvMrdrPEi https://t.co/kro3wWWdsa
SENEGAL | SAHARA OCCIDENTAL : MOHAMMED VI SALUE "LE SOUTIEN INÉBRANLABLE" DE... | PICCMI https://t.co/Gsk6y8uRpW https://t.co/RX7Nzf7CN9