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INONDATIONS A DAKAR : Tous coupables de laxisme





INONDATIONS A DAKAR : Tous coupables de laxisme
Lutte contre les inondations au Sénégal, tous s’engagent. C’est une lecture que l’on peut faire des élans de solidarité suscités par les fortes pluies du week-end dernier ayant causé des pertes en vies humaines et dégâts matériels considérables à Dakar et dans plusieurs régions du pays, précipitant du coup le déclenchement du Plan national Organisation des secours (Plan Orsec).

Seulement, force est de reconnaître que ces dons qui pleuvent sur le ministère de l’Intérieur à coup de centaines de millions, voire de milliards de F Cfa en espèces et en nature et matériels, combinés aux mesures jusque-là annoncées par les autorités, dont les 1.3 milliard du gouvernement en prélude au déclenchement du Plan Orsec (500 plus 800 millions), la suppression du Senat, etc., ne constituent qu’une goutte d’eau dans l’océan du mal des inondations dans la capitale sénégalaise que le «Plan directeur d’assainissement de Dakar» devra soigner.

Ce projet encore en phase d’étude jusqu’en avril 2013 (soit 14 mois avant d’aller à la recherche de financement) est évalué à 440 milliards de F Cfa, dont 14 milliards en phase d'urgence pour les eaux pluviales. Mais en attendant son effectivité, des spécialistes sont unanimes : les fortes pluies enregistrées dans la capitale sénégalaise et sa banlieue ne sont pas la cause des inondations. Au contraire, ce qui se passe en banlieue dakaroise depuis plus d’une décennie est la résultante de plusieurs fautes combinées. D’abord, il faut relever l’occupation anarchique de l’espace et des zones non aedificandi au vu et su des autorités qui ont laissé faire depuis maintenant plus d’une trentaine d’années.

Des règles d’aménagement et des plans directeurs, ces populations n’en ont cure. Grâce au laxisme et laisser aller des autorités ou avec la caution de certaines, des familles morcellent des champs légués par leurs grands parents et revendent des parcelles à des particuliers. Ces derniers, les actes de vente signés pour l’essentiel par des délégués de quartier en poche, peuvent construire sans tenir compte de l’Etat du terrain, sans aucune étude de sol et autorisation de construire préalables. Pis, comme si l’Etat était favorable à cette occupation anarchique de l’espace, ces quartiers spontanés installés au niveau des bas-fonds et zones de cuvette ont été découpés en communes d’arrondissements au nom de la décentralisation.
Les racines du mal

Ensuite, l’absence de réseaux d’évacuation des eaux usées et pluviales vient accentuer le mal vivre des populations mis à nu chaque hivernage depuis maintenant une décennie. De la commune de Dakar à la banlieue, à l’exception des canalisations creusées par le colon et vieilles pour la plupart de plus de 60 ans (Plateau et Médina), des zones d’habitation et cités poussent partout sans aucun plan directeur, ni d’urbanisme, ni d’assainissement. Des promoteurs immobiliers et particuliers semblent n’être mus que par l’argent généré par la vente des parcelles loties. Des sociétés nationales ne sont pas exemptes de reproches (la preuve par les Parcelles assainies). Et, que dire des différents services de l’Etat desquels relève tout le processus qui aboutit à la construction?

Il y a enfin la non exploitation de la nappe souterraine qui reçoit près de 80 000 m3 d’eau potable du Lac de Guiers via des usages domestiques. Cette eau non recyclée combinée à celle déjà existante sous terre et celle des pluies accentuent la remontée de la nappe phréatique entraînant des inondations après chaque forte pluie (Cf Sud Quotidien : «Eux & Nous» du mardi 21 août 2012 intitulé «Face aux inondations, récupérer la cuvette des Niayes» - Mamadou Kassé -). C’est dire que la question des inondations requiert une volonté politique manifeste et l’engagement de tous les acteurs politiques, économiques, sociaux, culturels et même sportifs.

Mettre fin au laxisme et prendre des mesures impopulaires

Et tous semblent s’accorder sur le fait que la solution définitive du problème passera forcément par la correction du laxisme vieux d’une trentaine d’années et la prise de «mesures impopulaires» de la part des autorités, notamment la délocalisation de certaines populations. En atteste, en plus du président de la République Macky Sall qui a émis l’idée dès son retour de voyage en Afrique du Sud, le ministre de l’Intérieur Mbaye Ndiaye qui est d’accord sur le fait que «si les inondations persistent, on peut être amené à déplacer les populations vers d’autres zones plus habitables tels que le lac Rose par exemple».

Et, tout est fin prêt, si les études du plan directeur d’assainissement sont bouclées et le financement acquis, pour le déguerpissement des habitants de certaines zones, la protection civile ayant déjà travaillé là-dessus depuis 2005. «Depuis le déclenchement du plan Orsec de 2005 à nos jours, des études ont été faites pour identifier toutes les maisons situées au niveau des mares, des zones non aedificandi et des voies d’écoulement d’eau. Celles qui nécessitent un déguerpissement peuvent l’être. D’autres nécessitent la mise en place d’un système de drainage des eaux pluviales. Par contre, il y en a qui, impérativement mériteraient d’être délocalisés, pour d’abord que les populations vivent en paix et vivent heureux, mais aussi pour permettre à d’autres qui seraient impactés d’être libérés de ces eaux. La planification a déjà été faite et on sait qui doit quitter et qui doit rester», explique le chef de la Division Etude et Opération de la Protection civile.
Décloisonner ou délocaliser la capitale ?

Cela est d’autant plus nécessaire que la presqu’île de Dakar, sur seulement une superficie de 550 km2, accueille plus de deux millions de Sénégalais, en plus l’administration et tous les services de l’Etat. Avec cette macrocéphalie de Dakar, se pose, dès lors, le problème de l’aménagement du territoire et au-delà de l’aménagement urbain tout comme celui des établissements humains qui sont d’une importance capitale dans la qualité de vie et la contribution dans la gestion équilibrée de l’espace.

C’est pourquoi, en plus de la mise en œuvre des programment ambitieux annoncés par le gouvernement pour venir à bout du phénomène, n’est-il pas temps de penser au décloisonnement de Dakar ? Que dire de la délocalisation de la capitale administrative et politique vers l’intérieur du pays ? Des hommes politiques notamment Me Abdoulaye Wade, Me Doudou Ndoye et Idrissa Seck ont émis l’idée du transfrert de l’administration centrale de Dakar vers l’intérieur du pays. D’ailleurs, l’ancien chef de l’Etat, est allé plus en avant en s’engageant pour la construction d'une nouvelle ville moderne, future capitale politique et administrative du Sénégal à Mékhé Pékess, dans la région de Louga. Une Agence nationale avait été créée pour gérer ce dossier, avant d’être dissoute par les nouvelles autorités dans le cadre de la rationalisation des structures de l’Etat.
Aussi, la mise en marche des «Pôles de développement économique régionaux», contenus dans les programmes de campagne de différents candidats la présidentielle de février-mars 2012, n’aiderait-elle pas à fixer des populations dans les régions intérieures sachant qu’elles trouveront l’essentiel dans leur terroir ? Autant de questions dont les réponses contribueraient largement à faire du phénomène des inondations un vieux souvenir à Dakar. Ne reste plus que le courage politique

Seneweb.com

Vendredi 31 Août 2012 - 11:39



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