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« KOLERE-WEULEURE » : Le sens de la reconnaissance par excellence





« KOLERE-WEULEURE » : Le sens de la reconnaissance par excellence
Le mot « koleré » se traduit, selon Massamba Guèye, docteur ès-lettres, spécialiste de la littérature orale comme le souvenir d’un lien. C’est la relation qu’il y a entre deux personnes. Le « koleré » nait toujours du souvenir, d’une épreuve vécue ensemble ou un acte fait avant. « Si quelqu’un fait du bien pour moi, on garde cette relation et on dit que c’est une relation fondée sur le souvenir de ce que nous avons vécu. C’est ça le koleré », précise M. Guèye. C’est l’attitude morale de reconnaissance. Par exemple, indique t-il, on dit en wolof « diw dé dafa am koleré » (untel a de la reconnaissance). Mais lorsqu’on de dit qu’untel est une mente religieuse en français, cela veut dire que « diw amoul koleré ». En effet, tout le monde sait que la mente religieuse s’accouple avec les mâles et les détruit après. Et le fait d’oublier le « koleré » (la reconnaissance) fait qu’on assimile une personne qui ne se souvient pas des bonnes actions à cet insecte. Le terme « koleré », n’est pas à confondre avec le mot « weuleré » car on parle de « weuleré », quand il s’agit de la personne « sama weuleré ». Tel est mon « weuleré », cela veut dire qu’il y a un rapport entre nous et l’on se souvient d’un lien que nous avons partagé. Le spécialiste de la littérature orale indique qu’on ne dit jamais « diw sa ma koleré ». La bonne utilisation c’est « diw sama weuleré la ».

« Quand le wolof dit, « koleré guinaw lay fété », c’est pour exprimer selon M. Guèye, le souvenir. « Guinaw », signifie le passé. « Koleré guinaw lay fété », signifie qu’il faut toujours construire nos relations et notre reconnaissance par rapport à ceux avec qui nous avons vécu », dit M. Guèye. « Malheureusement, nous vivons dans une société de course vers le matériel, une société de l’absorption de la reconnaissance », se désole-t-il. Le « koleré » signifie donc aujourd’hui pour les gens, chercher de nouveaux amis. Certains vont jusqu’à changer la vraie expression, en disant que « koleré kanam lay fété (devant), ce qui veut simplement dire : tout ceux qui ont fait du bien pour moi, je dépasse, j’oublie maintenant je ne regarde que ce qui est devant moi. Ces derniers sont des opportunistes et n’ont rien compris de la vie, estime M. Guèye. Cela est une attitude d’ingratitude », se désole-t-il. Il donne le champ politique comme l’exemple le plus patent de cette ingratitude avec le phénomène de la transhumance politique.

Maguette GUEYE DIEDHIOU
Le Soleil

PiccMi.Com

Mercredi 25 Août 2010 - 14:33



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