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LES DAKAROIS MANGENT HORS DES MAISONS : Quand la conjoncture piétine les normes sociales



Rares sont les dakarois qui ne sont jamais entrés dans une gargote, restaurant ou « dibiterie » pour prendre un repas. Les cantines, tables qui longent les grandes rues de la capitale traduisent mieux cette réalité. Chaque matin, des milliers d’ouvriers, d’élèves, de commerçants et de fonctionnaires se bousculent devant ces lieux, soit pour prendre le petit déjeuner, le déjeuner ou le diner. Un fait en contradiction avec les pratiques qui jadis avaient cours. Des pratiques fondées sur des enseignements traditionnels qui interdisaient de manger dans la rue Un tour dans certains quartiers populaires de Dakar nous en dit beaucoup.



LES DAKAROIS MANGENT HORS DES MAISONS : Quand la conjoncture piétine les normes sociales
Les traditions et habitudes semblent ne plus résister à l’épreuve de la conjoncture économique et de l’accélération du rythme des dakarois. Les normes sociales interdisaient de manger dehors. « Lekk mbedd bakhoul », (on ne mange pas dans la rue) disait-on, pour justifier une telle assertion on évoquait le regard de l’autre : le « mauvais œil ». Mais aujourd’hui toutes ces croyances se sont effondrées comme neige au soleil. Pire la majorité des dakarois préfèrent manger dans les gargotes et les restaurants de fortune qui meublent le décor dakarois. Cela sans se soucier des conditions d’hygiène, l’essentiel pour eux est de remplir le ventre pour tenir, la qualité c’est pour après…. Le bol de midi en tout cas a de moins en moins de signification, le plat et les sandwichs l’ont supplanté

Il fait 8heures à Niarry Tally. La plupart de ces tentes, affichent le plein. Clients, serveuses sont plongés dans des discussions passionnantes alliant commandes et service. Absa Dia, une sénégalaise, la trentaine nous reçoit dans une tente, recouverte de draps et soutenue par quatre poutres en bois soigneusement disposées. Pains beurre, mayonnaise, spaghetti, thon ou saucisson avec café au lait ou café Touba y sont servis. « Je me suis installée ici, il ya 5 ans, au début j avais une table et je ne vendais que le petit déjeuner. Je rends grâce à Dieu parce qu’aujourd’hui je vends le petit déjeuner, le déjeuner et le diner. J’ai beaucoup de clients c’est pourquoi j’emploie 3 personnes » nous explique t- elle. Moussa Diop, apprenti maçon de son état, par ailleurs client assidu, invita ses camarades à partager son petit déjeuner (une baguette de pain, des spaghettis avec 2 œufs durs plus une tasse de café). « J’habite très loin, mon patron ne tolère pas les retards et mon métier exige une nourriture consistante, c’est pourquoi je suis habitué de ce lieu et Absa nous sert de bonnes choses » nous explique t-il.

Si certains justifient leur penchant pour ces gargotes par des raisons professionnelles d’autres évoquent la crise économique. Elhadji lamine Cissé, enseignant a la retraite retrouvé sur place, assimile cette floraison de restaurants et cantines à une avancée significative de la pauvreté. Selon lui : « les sénégalais mangent dehors par ce que les chefs de familles ne parviennent plus à assurer les trois repas à la famille. Ceci est une indication claire de la baisse progressive du pouvoir d’achat du sénégalais ».

Cap sur le centre ville, plus précisément au garage « Lat. Dior ».Il est 10 heures passées de 25 minutes. Mécaniciens, apprentis, chauffeurs et marchands ambulants donnent vie à cet endroit. Un groupe de vendeurs de viandes rôties avec des charriots soigneusement alignés communément appelés « forokh thiaya » retiennent l’attention des passagers ou riverains. Quelques personnes autour d’eux, s’affairent à choisir les morceaux de viande qui les conviennent. Une jeune fille habillée d’un pantalon jean noir et d’une chemise aux manches courtes, passant prés d’eux, d’un air dédaigneux montre sa répulsion à cette nourriture. Accrochée, elle met en garde : « Ce n’est pas sur ce que vendent ces messieurs. On ne sait pas s’ils respectent les normes hygiéniques ? J’aurai aimé que les autorités compétentes soient plus rigoureuses avec vendeurs de nourritures ».

Cette position est balayée d’un revers de mains par ces vendeurs, Baba Fall, un des leurs explique : « ça fait trois ans que nous sommes là, nous avons des clients qui travaillent même dans l’administration, qui passent par là chaque jour avant d’aller au bureau. L’hygiène est garantie, nous avons des attestations médicales qui prouvent notre bonne santé. Cette affluence justifie bien la qualité de notre service ».

A midi, c’est la même ambiance au garage de colobane. De jeunes serveuses se faufilent entre les voitures, petits plats en mains, déposés chez les clients après un petit bonjour accompagné d’un sourire. Les chauffeurs de taxis jaunes noirs semblent s’être donné rendez-vous au restaurant « Mame Diarra ».Cheikh Diagua chauffeur de son état soutient que la fréquentation de ces restaurants, gargotes et « tangana » s’explique en partie par le fait qu’ils sont toujours dehors et n’ont pas le temps de retourner chez eux surtout qu’ils habitent dans la banlieue dakaroise.



Source : Sudonline.sn

Jeudi 30 Septembre 2010 - 09:45



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