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LES MARCHÉS DE DAKAR À UNE SEMAINE DE LA KORITE : Rareté des clients et cherté des prix



La flambée des prix de certains produits, notamment les légumes, inquiète les ménages dakarois. Selon les commerçants rencontrés aux marchés Sandaga, grossistes et détaillants, cette situation s’explique par le fait que plusieurs produits à forte consommation sont importés. Quant au marché de la viande, il souffre d’un déficit de réglementation, si l’on en croit des consommateurs.



LES MARCHÉS DE DAKAR À UNE SEMAINE DE LA KORITE : Rareté des clients et cherté des prix
Lundi 30 août 2010, à une dizaine de jours de la fin du ramadan. La circulation est dense sur l’avenue Cheikh Ahmadou Bamba à la hauteur du marché Hlm. Le soleil est au zénith. Il fait chaud. Les piétons transpirent. Certains commerçants assis devant leurs étals se servent d’éventails pour lutter contre la chaleur. La pollution sonore amplifie la touffeur. Malgré le Ramadan, partout des vendeuses d’eau fraîche proposent de petits sachets qui s’achètent comme des petits pains. En dépit de la chaleur, les marchandages serrés animent le marché à l’approche de la fête de la Korité. Nombre de dakarois ont choisi de faire tôt leurs achats pour éviter les bousculades de dernière minute. A Dakar, chaque marché à sa spécificité. Ainsi, le marché Hlm est par excellence la « plate forme » des tissus. D’où cette affluence, tout le monde voulant fêter la Korité avec de beaux habits. La commerçante Aïda Guèye feuillette son journal dans son magasin. Elle ne vend que des tissus et soutient que les modèles en vogue actuellement sont les brodés, les dentelles et d’autres tissus légers en coton. « Pendant l’été, les gens préfèrent les tissus légers. Ils n’ont pas le choix à cause de la forte chaleur », explique-t-elle.

Textiles essentiellement importés d’Asie

Les clients se font toujours désirer. Aïda souligne qu’à la même période l’année dernière, il y avait une très forte affluence au marché Hlm. « Nos principaux clients viennent de la banlieue et des autres régions. Mais, à cause certainement des inondations et de la faiblesse du pouvoir des ménages en ce mois de ramadan, il n’est pas évident qu’il y aura beaucoup de monde cette année », précise Mme Guèye. Ses articles sont en provenance d’Asie, plus précisément d’Inde et de Thaïlande. D’ailleurs, pour tous les commençants ou vendeurs interrogés, la quasi-totalité des tissus vendus dans notre pays est importée. Ici, comme dans tous les magasins visités, les prix varient entre 1000 à 8000 F Cfa le mètre. Khady Fall est en plein marchandage avec la vendeuse Madeleine Guèye. Au bout des échanges, elle achète 15 mètres de basin de couleur jaune. « Cette année, le prix du tissu a sensiblement grimpé. J’ai acheté le mètre à 1000 F Cfa. Et c’est la même chose pour d’autres articles sur le marché. Toujours est-il que, les clients vont acheter car n’ayant pas d’autres choix. Ainsi, nous allons continuer à enrichir les commerçants », dit-elle. Au même moment, arrive Mountaga Diop pour lui présenter des colliers de fabrication locale. Bien faite et très prisée. L’unité se vend à 1000 F Cfa.

Pape Modou Faye travaille dans une société de la place. Il est venu au marché chercher des tissus pour les membres de sa famille, conscient que les prix vont augmenter avec l’approche de la Korité. A son avis, l’Etat du Sénégal ferait mieux d’encourager la création d’usines de fabrication textile. Car, selon lui, les retombées économiques seront énormes et les planteurs de cotons auront un marché pour écouler leur production. Mieux, les jeunes trouveront des emplois dans ces usines, alors que le prix du tissu pourrait sensiblement baisser. Ce qui constituerait « une aubaine pour les ménages et une plus-value pour l’économie nationale. Je me demande si ceux qui nous dirigent sont réellement des économistes. Nos femmes d’affaires dépensent chaque année des milliards pour s’approvisionner en tissu dans d’autres pays », constate-t-il. La vendeuse Collé Mbaye approuve ces propos de M. Faye. Elle est vendeuse au marché Hlm depuis 15 ans. Ses tissus viennent de la Gambie. « Les rares clients que nous recevons soutiennent que les tissus sont chers, mais ils doivent comprendre qu’un produit importé ne peut pas être bazardé à n’importe quel prix », dit-elle.

La traite des vendeurs de légumes

Il y a peu de personnes au marché des légumes de Sadanga. Ndiogou Bèye est couché sur une natte près de ses sacs d’oignons. Il n’aime pas parler à la presse. « Je parle, mais on ne prend pas ma photo. D’ailleurs, vous parlez du journal de quel soleil ? », s’interroge-t-il. « C’est le quotidien Le Soleil de Hann, le premier journal de presse écrite du Sénégal », lui rétorque le photographe reporter. Il se lève et s’assied en jetant un coup d’œil sur ses sacs d’oignons. « Bon, je suis à votre écoute et que vous voulez-vous savoir », lance-t-il, visiblement dompté par la faim. Grossiste, il renseigne qu’il vend la tonne d’oignon à 350 000 francs Cfa. Il importe son produit du Maroc. « Si l’Etat encourage les importations d’oignons, le prix peut baisser jusqu’à 200 francs Cfa. Car, sans nul doute, l’offre sera supérieure à la demande », confie-t-il. Selon le détaillant Babacar Faye, les stocks d’oignon local sont épuisés sur le marché. Il vend le kilogramme de produit importé entre 450 et 500 francs Cfa. Le chauffeur Moussa Ndiaye cherche de la salade, de l’oignon vert, de la tomate. Il trouve que les prix de ces légumes très élevés. Cependant, contrairement à l’annonce des vendeurs sur prix de l’oignon, la ménagère Astou Ndiaye soutient avoir acheté le kg à 600 F Cfa.

« Vous savez, vous êtes des journalistes, rares sont les vendeurs qui vous donneront les prix exacts. Seul l’Etat peut aider les ménages. Malheureusement, il y a toujours un fossé entre les discours et la réalité. On y peut rien », déplore-t-elle. La tomate vendue au marché Sadanga est aussi importée du Maroc. Selon la vendeuse Ndèye Sène, pendant l’hivernage, les prix des légumes montent considérablement à cause de la faiblesse de l’offre alors que la demande reste toujours constante, voire plus forte au mois de Ramadan. Sur les différents étals visités, les prix du kg s’établissent d’ailleurs ainsi : tomate (1000F), piment (3500F), oignon vert (2000F), navet (500F), carotte (800 F), manioc (400F), chou (500F), citron (200F), aubergine (1000F), pomme de terre (500F).

Inflation du prix de la viande

Les dakarois sont de grands consommateurs de viande si l’on en croit le boucher Mamadou Alpha Diallo. Nombreux sont les bouchers qui ont déjà vendu une grande partie de leur stock aux environs de 14h. Le prix du kilogramme de viande de bœuf varie entre 2200 et 2500 F Cfa. Alors que celui du mouton vacille entre 2500 et 3000 F Cfa. « J’ai l’impression qu’il n’y a pas de réglementation dans la vente de la viande au Sénégal. Les bouchers sont leurs propres chefs. L’Etat ne fait rien pour soulager les ménages. Tout le monde peut devenir boucher et vendre au prix qu’il veut. Vous ne verrez pas un boucher fermer boutique », martèle Khadjatou Diallo, assistante à la retraite. Installés à l’entrée principale du marché, les vendeurs de poulets affichent une mine joviale. Ils ont presque fini de vendre leurs poulets. Un poulet s’achète entre 2500 et 3000 F Cfa.

Maké DANGNOKHO
Le Soleil

PiccMi.Com

Mercredi 1 Septembre 2010 - 04:40



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