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LEçONS D’HISTOIRE ET DE GEOPOLITIQUE … IMMIGRATION : Mythes et mirages de l'eldorado canadien



Ottawa, Toronto, Québec, Montréal, Vancouver. Des villes lointaines d'un monde à nos pieds. Des cités qui n'ont plus désormais aucun secret pour ces voyageurs désireux de vivre leur rêve ailleurs que chez eux. Il n'y a plus de terroirs secrets et infranchissables pour les immigrés venus d'Afrique et d'ailleurs sur le vaste territoire canadien. Ils sont français, belges, anglais, chinois, sénégalais, rwandais, gabonais, camerounais à vivre tranquillement dans les provinces canadiennes. Habitués au froid excessif de l'hiver, ils s'y plaisent désormais. Leurs enfants aussi. Inscrits dans des écoles qui n'ont rien à voir avec certaines « huttes » tropicales sous équipées auxquelles ils s'étaient habitués, ces enfants venus d'Afrique surtout, s'adaptent à leur nouvelle vie de «p'tits riches». Comme leurs parents. Mais, au-delà des clichés et des images, l'immigration au Canada n'offre pas toujours, une meilleure vie à certains. Et beaucoup de surprises attendent au tournant ceux qui partent dans l'inconnu.



LEçONS D’HISTOIRE ET DE GEOPOLITIQUE … IMMIGRATION : Mythes et mirages de l'eldorado canadien
Il y a quelques mois en juin dernier, La Presse, encore elle, a publié un article relatant le calvaire des médecins d’origine étrangère (européens, africains, asiatiques etc.), qui ont choisi le Canada comme terre d’immigration. Dans un film, une femme, Tetchena Bellange, c’est son nom, a eu l’idée de montrer la frustration de gens venus au Québec ou dans les autres provinces canadienne pour exercer leur métier après de brillantes études universitaires. Médecins pour beaucoup et pas tous, ils traînent leurs souffrances quotidiennes dans les villes et les pages de journaux.

Aujourd’hui, ils sont des milliers d’experts dans divers domaines à retourner à l’université, leur maîtrise, Dea, Dess ou doctorat en poche pour reprendre pour certains leur formation du début. Une perte de temps quand on apprécie tous les sacrifices consentis pour accéder aux papiers de résidents temporaires ou permanents dans ce pays.

«J'ai étudié la médecine dans mon pays et j'ai travaillé en France 10 ans comme médecin de famille. En immigrant à Montréal avec mes enfants, j'ai passé tous les examens canadiens de médecine, le Collège des médecins reconnaît les équivalences de mes diplômes. Avoir un poste de résidence dans un hôpital devrait alors être simple. Cela fait deux ans que j'applique, et je suis toujours refusé.» Ce témoignage fait dans La Presse par un médecin d’origine française dans un quotidien québécois est devenu presque banal dans les colonnes des journaux canadiens. Qui n’a jamais entendu parler de toutes ces histoires de médecins algériens, haïtiens, même libanais, incapables de se trouver un hôpital où travailler ici, et forcés de se recycler à la fin, en chauffeurs de taxi.

La réalisatrice Tetchena Bellange, elle aussi, connaît bien ces histoires. Et des pires encore. Elle les a toutes réunies dans son documentaire « Médecins sans résidence », réalisé en 2010 et présenté en juin dernier à l'Onf, dans le cadre de la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale en milieu de travail. «En fouillant un peu, écrit la scénariste, sous la plume de la journaliste Sylvia Galipeau, je me suis rendu compte que la situation est encore plus grave, explique-t-elle au bout du fil. Et à l’en croire, Il y a aussi des médecins étrangers qui font toutes leurs équivalences. Ça leur prend entre trois et cinq ans. Ça leur coûte environ 10 000$. Ils passent tous les examens. Une fois leur diplôme reconnu, ils n'arrivent toujours pas à trouver de résidence...»


Discrimination et petite hypocrisie


Et le plus aberrant étant, selon elle, de tous les médecins interrogés, aucun n'a voulu parler à la caméra. «Ils ont peur que cela ne porte préjudice à leur candidature», explique la réalisatrice. Leurs commentaires sont plutôt rapportés par une voix hors champ: «Cela m'enrage de me sentir impuissante», «Les obstacles sont insidieux», «Mais pourquoi on me rejette?». En guise de réponses, la réalisatrice a donné la parole non seulement à des groupes de défense des travailleurs étrangers (notamment Médecins d'ailleurs et le Centre de recherche-action sur les relations raciales), mais aussi au Collège des médecins et à la Conférence des recteurs. Ceux-ci répondent entre autres, que ces médecins ne sont pas forcément formés pour soigner les mêmes pathologies, qu'ils n'ont pas les mêmes habiletés cliniques ; en un mot, qu'on ne peut pas transposer du jour au lendemain un médecin étranger au Québec.

Si l'on en croit le conseiller en emploi Doudou Sow qui a dressé son propre bilan des années Lamontagne à la barre du Collège des médecins du Québec (Cmq), « le principal obstacle à l’intégration des médecins étrangers, c’est bien le Dr Lamontagne. S'il peut se faire bonne conscience et s'enorgueillir d'avoir fait le job de sa corporation, le Dr Yves Lamontagne semble avoir sciemment ou inconsciemment boycotté l'intégration de ces diplômés immigrants dans le système médical du Québec… »

L'idéal, disent certains, devrait passer par une « mise à niveau personnalisée». Or, évidemment, cela coûte de l'argent. Beaucoup. Et les ressources sont comptées. Ces mêmes personnes se demandent ainsi, « si le Cmq estime que les personnes formées à l’extérieur du Québec représentent une force indéniable et un des éléments de la solution à la pénurie d’effectifs, alors pourquoi priver des Québécois des médecins étrangers ? Il n y a pas de chèque en blanc pour les médecins étrangers puisqu’il existe une série d’examens à faire pour évaluer leurs compétences (examen d'évaluation du Conseil Médical du Canada (Eecmc); examen d'aptitude, partie 1, du Conseil médical du Canada (Eacmci) ; Examen d'aptitude, partie 2, du Conseil Médical du Canada (EacmcII) ; ou encore, réussir à la partie pratique (Ecos) de l'examen des sciences cliniques médicales du Collège des médecins du Québec ou à l’examen de français de l'Office québécois de la langue française, ou en être exempté). (Lire à ce sujet : « Trois voies possibles pour pratiquer au Québec » par le sociologue et conseiller en emploi, Doudou SOW).

Un autre son de cloche est venu du Dr Yona Likongo, médecin au Centre hospitalier Jacques-Viger, à l’institut de réadaptation de Montréal et président de la Commission pour la préparation aux examens et l’intégration professionnelle de l’Association des médecins gradués de l’étranger au Québec. Le Dr Likongo trouve que la médecine est universelle mais reconnaît que la différence se trouve dans les approches. La façon de fonctionner n’est pas la même, ce qui fait que les médecins étrangers doivent se familiariser avec les méthodes et les façons de faire. La différence se situe au niveau de la méthodologie.

Selon lui, « il existe une ouverture apparente, mais les difficultés existent toujours. La médecine c’est une profession qui à mon avis est universelle, je peux dire, je l’ai dit, le fémur c’est toujours le fémur que ce soit aux États-Unis, au Canada, au Congo, ou en Belgique, c’est le fémur. L’utérus c’est la même chose. Ce qui peut différer, à l’en croire, la différence se trouve dans des applications, dans les approches, parce qu’on ne peut pas dire que la façon nord-américaine de fonctionner en médecine est tout à fait la même qu’au Congo. La médecine en tant que telle, il n’y a pas de différences, il suffit que les gens se familiarisent avec les méthodes et les façons de faire d’un milieu et le médecin n’a pas tellement d’autres choses à apprendre que ce que peut donner comme différence de méthodologie».
Si les médecins étrangers sont incompétents, comment se fait-il qu’ils puissent pratiquer dans les provinces anglophones (Ontario, Manitoba, Saskatchewan, Colombie-Britannique)? Certains se posent la question.

Une montagne de frustration et d’humiliation


Mais, l’idée du Dr Lamontagne intervient toujours dans la question du « eux » et du « nous ». La rhétorique du discours du président directeur général se situe dans la dialectique « Eux » et « Nous exclusif ». (Lire à ce sujet : « Médecins des colonies » : Un propos qui n’honore pas le Dr Yves Lamontagne selon le Dr Doudou Sow.) Une stratégie démagogique « du diviser pour mieux régner » qui est déplorable.

Par exemple, les propos qu’il avait tenus à l’égard de Madame Pauline Marois, lorsqu’elle était Ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux du 15 décembre 1998 au 8 mars 2001 restent encore présents dans les esprits : « Mme Marois, nous, on ne veut pas de médecine à deux vitesses ; nous ne voulons pas non plus de médecins à deux niveaux et nous demandons donc, et je pense que c’est juste, que la compétence des médecins étrangers soit la même que celle qu’on demande à nos enfants qui sont dans les facultés de médecine. »

Les mêmes propos ont été encore renouvelés lors de la Conférence-débat dans le cadre de la Semaine des professionnels que l'Institut du Nouveau Monde (Inm) avait organisé en collaboration avec le Conseil interprofessionnel du Québec (Ciq) mercredi, le 14 octobre 2009 au Complexe des sciences Pierre-Dansereau. Ses propos ont fait réagir M. Thomas Mulcair, député fédéral d’Outremont du Nouveau parti démocratique (Npd) qui avait demandé au Dr Lamontagne de cesser de dire le « eux » et le « nous » et lui avait également rappelé que les médecins étrangers avaient obtenu tous leurs prérequis pour pratiquer la médecine.
Cet homme politique et avocat, chef adjoint du Npd connaît aussi le système puisqu’il a présidé l’Office des professions du Québec en qualité d’administrateur public.

Misère professionnelle et déception

Toute une vie à recommencer…



Cette situation décrite dans le quotidien La Presse, n’est pas spécifique aux médecins. Dans l’industrie comme dans les services, nombre de personnes arrivées par les voies de l’immigration depuis une décennie, n’ont pas encore travaillé dans leur secteur. Quand il arrive à Québec il y a quelques mois, le jeune S.Cissé muni de sa maîtrise en droit, croyait avoir franchi les portes du paradis. Aujourd’hui, au début de son premier emploi, l’homme travaille dans un domaine tout à fait nouveau pour lui. Lui, le juriste est devenu manutentionnaire et dit y rencontrer des personnes brillantes venues au Québec munies de leur diplôme de troisième cycle.

Aujourd’hui, ils opèrent tous dans les métiers manuels. Histoire de survivre alors quand ils quittaient l’Europe, l’Afrique et l’Asie, certains avaient un métier et gagnaient suffisamment d’argent pour être heureux. La tentation du large les a convaincus, mais ils restent amers. Aujourd’hui présents dans le privé et surtout la fonction publique canadienne, beaucoup d’anciens travailleurs (chargés des ressources humaines, inspecteurs du travail titulaires des diplômes d’élites dans leur pays) ont dû pour la plupart, refaire leur cursus universitaire pour trouver un emploi au Québec. Certains sont dans les services de l’immigration d’ailleurs, d’autres dans l’enseignement.

Un seul mot d’ordre d’ailleurs est donné aux nombreux compatriotes parfois tentés par l’immigration avec comme prudence de ne plus se fier aux nombreux cabinets et agences qui vendent les bienfaits de l’immigration au Canada. Le conseil est de ne s’adresser qu’aux services officiels qui pourraient vous dire exactement ce qui vous attend, une fois que vous avez fini d’abandonner votre travail ici pour tenter le diable vers le Canada.

Et, un article paru dans le Quotidien québécois, Le Devoir, en date du 18 septembre 2010, révèle que « Les immigrants reçus au pays à l'âge adulte ne tirent pas les mêmes avantages d'un diplôme canadien que ceux arrivés avant l'âge de la majorité. » Cela a été souligné avec force dans une étude intitulée «Un diplôme postsecondaire canadien: un tremplin vers des emplois de qualité pour les immigrants?», diffusée il y a quelques mois par l'Institut de recherche en politiques publiques (Irpp).


Un énorme fossé entre canadiens et étrangers


Les immigrants détenteurs d'un diplôme étranger sont handicapés sur le marché de l'emploi au Québec. C'est largement documenté. Mais, qu'en est-il des immigrants qui ont décroché un diplôme d'un collège ou d'une université canadienne, se sont demandés Maude Boulet et Brahim Boudarbat de l'École de relations industrielles de l'Université de Montréal. La conclusion qu'ils tirent est sans appel: même s'ils ont un diplôme canadien en poche, les immigrants arrivés à l'âge adulte au pays trouvent plus difficilement un emploi, comparés aux Canadiens de naissance et même par rapport aux immigrants accueillis avant l'âge de 18 ans. Le Devoir d’ajouter que, « C'est au Québec que le fossé entre les taux d'emploi des immigrants arrivés à l'âge adulte (84,6 %) et ceux des Canadiens de naissance (92,2 %) est le plus grand, soit 7,6 points. En Ontario, l'écart est de 6,7 points, alors qu'en Colombie-Britannique, il n'est que de 2,4 points.

« Alors, ce n'est pas seulement la reconnaissance des diplômes qui pose problème. Même avec un diplôme canadien, ça ne marche pas pour les immigrants qui sont arrivés à l'âge adulte au Canada ou au Québec», fait valoir Maude Boulet qui a décortiqué l'Enquête nationale auprès des diplômés (2005), promotion 2000. «C'est la première fois que ce genre de données est exploité dans ce sens», indique au passage son directeur de thèse, M. Boudarbat.

La conséquence de tout cela est dans les écarts de salaire. En effet, selon les régions d’installation, les écarts évoluent. Par contre, sur le plan salarial, l'écart ajusté entre les salaires des immigrants arrivés au Québec alors qu'ils étaient âgés de 18 ans ou plus et les personnes qui ont vu le jour au Canada est moins élevé au Québec qu'en Ontario et en Colombie-Britannique. Si les immigrants reçus à l'âge adulte gagnent, au Québec, en moyenne 7,6 % de moins que les Canadiens de naissance, ils reçoivent un salaire inférieur de 12 % en Ontario et de près de 20 % moindre en Colombie-Britannique par rapport à leurs collègues nés au pays.

Ces derniers temps, de bonnes nouvelles sont arrivées du gouvernement de la province de Québec et qui annoncent un début de reconnaissance des compétences acquises à l’étranger. Le 31 octobre dernier, la ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, Mme Kathleen Weil, la présidente de l'Ordre des pharmaciens du Québec, Mme Diane Lamarre, le recteur de l'Université de Montréal, Dr Guy Breton, ainsi que le doyen de la Faculté de pharmacie, M. Pierre Moreau, ont annoncé la mise en place d'un Programme d'appoint pour les pharmaciens étrangers. Ce programme, d'une durée de 16 mois, vise à faciliter l'accès à la profession aux pharmaciens issus de l'immigration.

Et comme les nouvelles s’enchainent, le 14 novembre dernier, la même ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, Mme Kathleen Weil, a annoncé l'octroi d'une aide financière de 207 483 $ à l'Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec (Oppq) qui régit les professions de physiothérapeute et de thérapeute en réadaptation physique. La mesure vise encore à faciliter l’accès des personnes immigrantes aux professions de physiothérapeute et de thérapeute en réadaptation physique. Ce soutien financier devrait servir à la conception d'outils d'évaluation et de reconnaissance des compétences des candidats formés à l'étranger.

Sud Quotidien

PiccMi.Com

Mardi 17 Janvier 2012 - 09:48



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1.Posté par bambarabi le 17/01/2012 14:38

Bon ben!!! quelque part on se dit sans vouloir être cynique que "c'est bien fait pour eux ( les immigrants) " . car comment concevoir qu'on laise un bon job , quelque part pour aller vers l'aventure? c'est tout simplement un déni de DIEU . Et c'est dommage car le mythe n'est pas prêt de s'arrêter car nos "parents" continuent toujours à croire aux chimères d'une vie meilleure au Canada qu'en Afrique ou ailleurs..Quels CONS...Bien fait pour eux . Rien ne vaut "Home sweet home" . Arrêtez les complexes et restez travailler chez VOUS...
A Bon entendeur...

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