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La leçon d'économie de DSK à Cambridge



La conférence de l'ancien directeur du FMI dans la prestigieuse université britannique a donné lieu à manifestations. Mais Dominique Strauss-Kahn y a néanmoins livré sa vision de l'économie mondiale.



La leçon d'économie de DSK à Cambridge
De la conférence de Dominique Strauss-Kahn à Cambridge, on aura surtout retenu les manifestations de quelques centaines d'étudiants et l'arrivée mouvementée de l'ancien patron du FMI au siège de la prestigieuse université britannique. Mais les étudiants qui ont assisté à la leçon de DSK, prononcée à huis clos, sans médias, ont eu droit en fait à un solide cours d'économie intitulé « Histoire de trois ‘trilemmes' ». Le « trilemme », version à trois branches du dilemme, est un concept employé en politique économique pour décrire une situation dans laquelle trois objectifs également souhaitables ne peuvent être atteints simultanément, obligeant à en choisir deux sur les trois.

Grand amateur de jeux mathématiques

Pour DSK, grand amateur de jeux mathématiques, l'économie mondiale peut donc s'analyser en croisant trois trilemmes, d'où il découle plusieurs visions possibles du monde. Défini dans les années 60 par les économistes Mundell et Flemming, le premier des trois trilemmes postule qu'une économie ne peut avoir simultanément une politique monétaire indépendante, un marché de capitaux ouvert et un taux de change fixe. « Cette idée a justifié la libéralisation des marchés de capitaux et conduit beaucoup de pays à accepter des taux de changes flottants en échange de la maîtrise de leur souveraineté monétaire », a expliqué DSK. Le problème est que « les économies les plus peuplées et dynamiques du monde rejettent ce système » puisqu'elles refusent de laisser flotter leur monnaie. Les pays de la zone euro ont fait le contraire : ils ont gardé les marchés de capitaux ouverts et le taux de change fixe (l'euro) mais prix de l'abandon de la politique monétaire indépendante, puisque celle-ci est confiée à la BCE.

« Limiter l'importance de l'Etat nation en faveur d'un système de gouvernance mondial »

Deuxième trilemme, celui de Dani Rodrik, « connecte l'économie à la politique. Il dit que l'on ne peut avoir à la fois la souveraineté nationale, la démocratie et une intégration économique approfondie ». L'une des solutions pour sortir du trilemme consiste à « limiter l'importance de l'Etat nation en faveur d'un système de gouvernance mondial ». A son niveau, l'Europe est en plein dans ce trilemme, le cas de la Grèce reflétant bien l'impossibilité de garantir à la fois la souveraineté nationale, la démocratie et une vraie intégration au reste de l'Europe. De la même manière, au niveau de la planète, la crise a fait bouger les lignes depuis trois ans : si le gouvernement mondial reste une « utopie », la gestion de la crise a été marquée par « un niveau de coopération internationale sans précédent... Il ne peut y avoir de solution domestique aux problèmes économiques globaux ». D'où l'application du trilemme de Rodrik : plus d'intégration suppose moins de souveraineté si on ne veut pas sacrifier la démocratie...

Le troisième trilemme avancé par l'économiste Jean Pisani-Ferry, ex-collaborateur de DSK à Bercy, pointe « l'incompatibilité fondamentale entre une union monétaire, des systèmes bancaires nationaux et l'absence de responsabilité commune sur la dette publique ». L'une des options pour le résoudre consiste à adopter un système budgétaire fédéral, estime DSK. « Mais cela semble politiquement difficile » à cause de « la montée de l'euroscepticisme ».

L'originalité de la proposition de DSK consiste à croiser ces trois modèles. Cela donne un petit tableau à neuf cases permettant à chacun de choisir sa vision du monde en fonction de ses priorités : plus ou moins de démocratie, une politique économique plus ou moins autonome, plus ou moins d'intégration etc. Il en résulte des choix de politique économique multiples en théorie... sauf que le monde et la zone euro restent enfermés dans une vision particulière « qui ne fonctionne pas ». D'où la conclusion de DSK : « ce n'est pas une surprise que nous soyons incapables de résoudre les problèmes... »

N

lesechos.fr

Mardi 13 Mars 2012 - 19:00



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