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MA VIE PAPE MBAYE, 56 ANS «Je suis hanté par la mort de 6 membres de ma famille»





MA VIE PAPE MBAYE, 56 ANS «Je suis hanté par la mort de 6 membres de ma famille»
Miraculé d’un accident de la route qui a engendré la mort de 5 membres de sa famille de retour des funérailles de sa fille, Ndèye Mbaye, morte par noyade à Karang (région de Fatick), Pape Mbaye, 56 ans, a aujourd’hui le cœur en charpie. Malade, les côtes brisées, ce père de famille résidant à Yeumbeul (lointaine banlieue dakaroise) vit des journées sombres et des nuits blanches, hanté par la mort tragique des…6 membres de sa famille.

«Ma seconde épouse et moi, sommes les seuls rescapés d’un accident de la route qui a coûté la vie à 5 de mes proches. Mais avant cela, j’ai perdu ma fille, Ndèye Astou Mbaye, morte par noyade. Elle vivait à Karang, auprès de ma sœur à qui je l’avais confiée dès son jeune âge. Elle se préparait à passer l’examen du Bfem. D’ailleurs, quelques jours avant son décès, elle m’a appelé pour solliciter des prières afin de réussir au Bfem. Sa mère était à mes côtés lorsqu’elle m’a appelé. Nous avons prié pour elle et l’avons rassurée. J’étais loin de me douter que c’était la dernière fois que j’allais parler avec elle. Quelques jours après, j’ai reçu un appel téléphonique de Karang m’informant de la mort par noyade de ma fille. Elle s’est noyée avec trois autres de ses camarades d’école. Sans tarder, nous avons décidé de voyager vers Karang. Aux environs de 21h, nous avons embarqué à bord d’un bus, mes deux épouses, mon fils aîné Dame Mbaye, Moustapha Seck, ma sœur Nogaye Mbaye, Diéwo Seck, ma belle sœur et moi. Nous sommes arrivés à Karang à l’aube du mercredi 04 juillet. Jusqu’à midi, le corps de ma fille était toujours dans la mer. Ce n’est qu’en fin d’après-midi que les sapeurs-pompiers ont pu enfin la retrouver. Quand elle a été exposée sur la berge pour que je puisse l’identifier, j’ai senti le sol se dérober sous mes pieds. Son corps était en état de décomposition avancée. En accord avec les notables de Karang, nous l’avons enterrée sur place, au cimetière de la localité. Après avoir reçu les condoléances des amis et proches à Karang, nous avons repris le chemin du retour dans la nuit du mercredi 4 juillet. Il était 21h à Karang. Nous avons affrété un taxi «7 places» dans lequel moi et six autres membres de ma famille avons pris place. Du fait de l’insécurité, j’ai demandé au chauffeur de nous amener jusqu’à notre domicile. Nous avons voyagé toute la nuit. J’avais pris place prés du chauffeur et le reste de ma famille occupait les autres places du véhicule. Le gars roulait à tombeau ouvert et par deux fois nous lui avons demandé de lever le pied. Aux environs de 4 heures, nous nous sommes tous endormis. Quelques minutes plus tard, il y a eu un choc violent suivi de cris de douleur. J’ai juste eu le temps d’ouvrir les yeux pour ensuite sombrer dans le coma. 24 heures plus tard, je suis revenu à moi-même et lorsque j’ai ouvert les yeux, un médecin m’a fait comprendre que je me trouve à l’hôpital de Pikine, situé dans le camp militaire de Thiaroye. Avec ma deuxième épouse évacuée à l’hôpital régional de Thiès, nous sommes les seuls survivants de l’accident. On m’a longtemps caché que tous les autres passagers étaient morts sur le coup et leurs corps enterrés. Je ne fus informé de leur décès qu’une fois sur le point de quitter l’hôpital et c’est un médecin qui m’a annoncé la triste nouvelle. Ce fut un deuxième choc après celui de l’annonce du décès de ma fille. Sur le coup, j’ai réalisé que ma famille venait d’être totalement décimée. C’était dur, très dur. Aujourd’hui encore, je suis hanté par leur image.

«J’en arrive à cacher leurs photos pour les oublier. En vain»

Je n’ai aucun moyen de subsistance. J’ai pris ma retraite au mois de décembre 2011. Après une carrière de trente-trois ans à Sénégal-Bois. Ma maison était inondée et j’étais en location. Avec l’argent de ma retraite, j’ai remblayé ma maison et malgré la détérioration du sol, nous avons décidé d’y retourner, car le loyer est cher. J’ai tout dépensé dans les travaux pour avoir un semblant de gîte. J’ai l’impression que ce drame est un tournant dans ma vie, il fait partie de ma vie. Ce n’est pas tant mes blessures qui me préoccupent ni le fait que ma vie soit davantage compliquée, mais perdre d’un seul coup 6 membres (les 5 de l’accident et sa fille morte noyée) de sa famille n’est pas facile à oublier. Je revis chaque jour cet accident. Il m’est impossible d’oublier. J’en arrive à cacher leurs photos pour les oublier, mais en vain. Leur souvenir reste toujours vivace. Leurs ombres hantent les murs de ma maison vide. Tous les jours, à tout instant, dans mon esprit défilent les moments que j’ai pu passer avec eux. Je crois que tant que je serai en vie, leur image va me hanter. En plus de cela, j’ai en charge les 8 enfants de ma sœur décédée elle aussi dans l’accident. Jamais, je ne me séparerai de ces enfants par loyauté pour ma sœur. J’ai vingt-trois personnes à ma charge et je suis aujourd’hui sans ressources.

L'observateur

Dimanche 16 Septembre 2012 - 11:12



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