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MARCHE AFRICAIN DE L’ASSURANCE : La Fanaf a à faire



Après Kinshasa en février dernier, Dakar abrite du 20 au 25 février 2011 la 35ème Assemblée générale de la Fédération des sociétés d’Assurances de droit national Africaines(Fanaf). L’occasion pour les 600 délégués venus du monde de se pencher sur les défis de « l’Assurance africaine face aux changements du futur », thème de la présente édition.



MARCHE AFRICAIN DE L’ASSURANCE : La Fanaf a à faire
En conviant la presse, ce jeudi 17 février à Dakar, les responsables de la Fédération sénégalaise des sociétés d’assurances (Fssa) souhaitaient juste s’en tenir à la présentation du programme de la 35ème édition de l’Assemblée générale de la Fédération des sociétés d’Assurances de droit national Africaines(Fanaf) qui se tient du 20 au 25 février prochains dans la capitale sénégalaise. Chiche ! Ce rendez-vous important par rapport aux économies africaines nécessite tout de même un tour d’horizon pour donner un aperçu du secteur dans la sphère africaine afin de mieux apprécier « l’Assurance africaine face aux changements du futur », thème de la présente édition.

Alors qu’à travers le monde, son rôle dans le développement économique des pays n’est plus à démontrer, pour ce qu’il contribue à mobiliser des flux d’investissements à même de financer la croissance économique, entre autres, tout en renforçant le tissu social par la prévoyance, en Afrique, on ne peut en dire autant du secteur de l’assurance qui en est encore à ses balbutiements et le continent souffre du plus faible taux de couverture au monde.

A la fois hétérogène et étroit, le marché africain de l’assurance est loin de prendre son envol pour un réel développement, avec des compagnies d'assurances qui présentent la même structure de portefeuille et offrent des produits similaires. Si bien que le marché tarde à franchir la barre des 1% contre un chiffre d’affaires mondial actuel d’environ 1 950 000 milliards de FCfa. L’Afrique du Sud est le pays où le taux de pénétration est plus élevé en Afrique avec 14,38%. En comparaison, ce taux serait de 1% au Sénégal, si l’on en croît Vadiourou Diallo, le Secrétaire général de la Fssa(Fédération sénégalaise des sociétés d’assurances). De plus, les souscriptions individuelles ne sont pas encore très nombreuses comparées aux souscriptions par contrat groupe.


Le chiffre d’affaires global du secteur en Afrique a certes largement progressé passant de 230 milliards de FCfa à plus de 400 milliards de FCfa en 12 ans, le taux de pénétration de l’assurance reste très faible à 0,5 par rapport au PIB, avec cependant un potentiel de développement très important. Encore faudrait-il lever les innombrables contraintes auxquelles fait le marché africain.


Dangereux écueils

Certes le secteur connaît un élan soutenu dans quelques pays d’Afrique du Nord, du
Centre et de l’Ouest, beaucoup reste à faire. En Afrique noire, la consommation d’assurance par tête serait la plus faible au monde (moins de 1000 FCfa par habitant et par an), pouvoir d’achat oblige, doublé d’une véritable inculture de l’assurance. De fait, la demande d’assurance y est très limitée à une très faible fraction d’agents économiques qui sont pour l’essentiel des entreprises industrielles et commerciales.
De plus, des insuffisances liées à la règlementation et au contrôle des Etats sont notées, avec un corpus règlementaire de la Cima (instance supranationale de supervision et de contrôle créée en 1992 et qui a abattu un important travail) qui souffre de manquements en particulier dans sa politique d’octroi d’agréments qui favorise plutôt une inflation du nombre des acteurs dans des marchés déjà saturés, mais aussi dans la règlementation des placements jugés inadaptés aux évolutions de l’environnement économique et financier.

Dans un tel contexte, les problèmes liés à la gestion-même des compagnies d’assurances ne sont pas des moindres.

En surnombre sur plusieurs marchés, elles se caractérisent par la faiblesse de leur chiffre d’affaires moyen et pâtissent notamment de celle des taux de rendement des placements, du fait de l’absence de réelles opportunités de placements rentables. Une situation aggravée par l’importance des arriérés de primes, mais surtout par la mauvaise gouvernance qui frappe nombre d’entre elles, avec l’insolvabilité de certaines compagnies qui, le plus souvent, ne respectent pas les cahiers de charge et se font parfois retirer leur agrément après contrôle. La plupart des compagnies d’assurance en Afrique appartiendrait pour plus de 50% de leur capital à des personnes physiques qui sont en général des commerçants peu au fait des subtilités du métier.

En gros, il conviendrait d’assainir davantage le secteur en renforçant le contrôle et partant, renforcer la surface financière des compagnies notamment par le relèvement de leur capital social (exactement comme c’est le cas pour le secteur bancaire de l’Uemoa et de la Cemac depuis le 31 décembre dernier). Le règlement du 3 avril 2007, relevant le capital minimum des sociétés d’assurances, va dans le bons sens, mais s’avère insuffisant. La complaisance de certains contrôles nationaux a fini par déteindre sur le contrôle supranational, dont l’essentiel des membres seraient issus.
Mais c’est sans doute la démocratisation de l’accès à l’assurance qui rendrait moins élitiste le secteur dont la clientèle est majoritairement composée d’entreprises.

Ce n’est qu’après ce préalable que l’on pourrait envisager l’institution de nouvelles obligations d’assurances notamment dans les branches ayant un grand impact dans la vie des populations africaines à savoir, l’assurance construction, l’assurance responsabilité civile des professions libérales et retraite complémentaire.
Il va sans dire que la défiscalisation, chère à la Fanaf, de certaines branches d’assurance (maladie, par exemple) devrait aider à encourager les sociétés à créer des produits adaptés aux besoins et aux moyens financiers des populations. Elle devrait en tout cas permettre non seulement de réduire le coût des primes, mais également d’équilibrer quelque peu les comptes de cette branche.

Nul doute que toutes ces problématiques seront abordées au cours des différents travaux de la prochaine Assemblée générale de la Fanaf. En attendant, on retiendra qu’au Sénégal, les sociétés d’assurance brassent un chiffre d’affaires de quelque 80 milliards de FCfa (chiffre 2009 de la FSSA). Vu la taille du marché, ce n’est pas énorme. Mais on peut se féliciter tout en suggérant plus, de ce que le code a mis un terme au règne des « chasseurs de primes » alors beaucoup plus soucieux de réaliser de gros chiffres d’affaires que de la qualité des résultats réels et de la couverture effective des risques des personnes qu’ils sont censés assurer.

Source: SudOnline

Mr.Cmr - PiccMi.com

Vendredi 18 Février 2011 - 16:47



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