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MODERNISATION DE LA VILLE DE TOUBA: La vérité sur un projet à controverses



Le projet « Touba ville du futur », officiellement connu sous le nom de projet de modernisation de la ville de Touba et qu’on appelle communément, dans la capitale du Mouridisme, les chantiers de Touba, peine à aboutir. De 2007 à 2012, le régime libéral déclare avoir investi 60 milliards F Cfa. Une seule question cependant : qu’est-ce qui a pu retarder, pour ne pas dire, faire échouer ce projet, si cher à Serigne Saliou Mbacké qui comptait l’entreprendre à coup de milliards, sur fonds propres ? Que dire des fonds récupérés par le président Abdoulaye Wade et des promesses faites au saint homme ? Retour sur les péripéties de ce projet plein de mystères et de controverses.



MODERNISATION DE LA VILLE DE TOUBA: La vérité sur un projet à controverses

Historique du projet

Au commencement, il y avait Serigne Saliou Mbacké. En 1990, quelques mois après son accession au khalifat, le saint homme diligenta des travaux d’aménagement de la forêt de Khelcom. Ils coïncidèrent avec le renforcement de la route Thiénaba-Keur Saër et Diourbel Mbacké. A la fin de ces chantiers des travaux routiers, Serigne Saliou demanda à un de ses talibés spécialisé dans les travaux d’infrastructures routières de réfléchir sur un mégaprojet d’aménagement de la ville de Touba dont la population croît à une vitesse exponentielle.

En mars 2006, le regretté Serigne Saliou Mbacké, khalife général des mourides, s’adressa à la communauté mouride pour annoncer le déblocage de la somme d’un milliard quatre cents millions pour des travaux de rénovation de la grande mosquée. En plus de cette modernisation, le khalife prévoyait la construction de 200 kilomètres de routes bitumées dans la ville. Un projet doté de la somme de 10 milliards.

Mais, en fin stratège politique et sachant que l’élection présidentielle allait se dérouler dans quelques mois, Wade saisit la balle au rebond. Il annonça que la modernisation de la ville sainte de Touba revenait à l’Etat. Un programme de 100 milliards Cfa, sur une période 5 ans, à raison de 20 milliards par année. Toutefois, il faut souligner que cette volonté de s’accaparer de ces projets s’est heurté, pendant longtemps, au refus du khalife. Finalement, Serigne Saliou finit par penser que l’insistance de Me Aboulaye Wade était sous-tendue par un désir de bien faire, d’autant qu’il faisait dire à son directeur de cabinet d’alors qu’il «veut compléter le projet de Serigne Saliou par l’assainissement, l’éclairage public et le fameux Canal du Baol».

Devant autant de pression venant du chef de l’Etat et croyant à la sincérité de ses intentions, des personnes bien au fait du dossier des chantiers de Touba révèlent que Serigne Saliou remit à Wade un chèque CBAO de 05 milliards de CFA.  «Sept mois après, aucune activité n’avait été notée à Touba et l’argent avait miraculeusement disparu », précisent ces témoins.

La colère de Serigne Saliou Mbacké

Las d’attendre le démarrage des travaux, après avoir remis son argent à l’Etat, Serigne Saliou manifesta son mécontentement. Informé de cela, depuis le Portugal où il se trouvait à ce moment-là, Me Wade écourta son séjour et fit cap sur Touba. Ce jour-là, il atterrit à Touba à bord d’un hélicoptère. Ce même jour, le khalife fit appel aux talibés pour une séance de récital du Saint-Coran et les informer de son intention de démarrer personnellement des travaux à Touba, dans un proche avenir. Mais certains membres de son entourage, de connivence avec des autorités politiques, lancèrent les travaux des chantiers de Touba.

Ce qui ne manqua pas de fâcher le marabout. Le 16 mai 2007 débutèrent alors les travaux de voirie, d’adduction d’eau et d’assainissement, avec la pose de la première pierre, en présence du ministre de l’Equipement Habib Sy. Les travaux furent de nouveau lancés par Wade, le 09 décembre 2007. Au total, deux cérémonies de pose de première pierre furent donc organisées, ainsi que trois cérémonies de lancement officiel des travaux.

Plus tard, le Président Wade, en visite officielle en Chine, prit contact avec des entrepreneurs chinois, notamment, le groupe QMCC à qui il confia les chantiers de Touba. Quelques semaines plus tard, un des patrons du groupe débarqua au Sénégal et fit cap sur la ville sainte, pour une reconnaissance du terrain. Sa mission terminée, il retourna en Chine. Entre-temps, Wade mit à la disposition des Chinois l’hélicoptère de l’Armée nationale pour qu’ils puissent survoler Touba, afin de mieux cartographier la ville. Mais, les chinois finirent par se retirer des chantiers.

Des sources révèlent que les Chinois ont laissé tomber, à cause des commissions demandées par certaines personnes impliquées dans la coordination des chantiers. Pour sauver les meubles, « un simulacre de dossier de consultation d’entreprises a été monté et a permis, sans appel d’offres, de choisir Henan Chine (C’est bien après qu’il a été découvert que de hautes autorités du pays ont des intérêts dans cette entreprise)», confient nos sources.

Finalement, l’autoroute de Ngabou, vieux projet de Serigne Saliou Mbacké, qui a englobé énormément d’argent, sans respecter le minimum de normes techniques, fut le premier chantier livré. En fin 2007, Serigne Saliou s’en alla le cœur gros. Mais sûr qu’il allait se reposer auprès de son illustre père pour qui il a toujours voulu faire une œuvre d’envergure (depuis 1978 !).

La poigne d’El hadji Mouhamadou Lamine Bara Mbacké

El hadji Mouhamadou Lamine Bara Mbacké Falilou accéda au khalifat général des mourides en 2008. Le successeur de Serigne Saliou Mbacké s’évertua à perpétuer l’œuvre de son prédécesseur, en continuant les travaux de la ville sainte. Sous l’égide de Serigne Mouhamadou Lamine Bara Mbacké, les travaux concernèrent des aspects aussi divers que la Grande Mosquée de Touba, des travaux de voirie, d’assainissement, d’embellissement, d’éclairage public, entre autres. Ce dernier exigea et obtint des entreprises en charge de ses travaux, que sont : BAOL CONSTRUCTIONS et ERT pour la Grande Mosquée, EIFFAGE et SOTRACOM pour les travaux des routes, l’accélération des travaux et leur achèvement dans les délais.

Avec le nouveau khalife, les travaux vont à un rythme très satisfaisant, au moment où ceux que mène l’Etat avec les Chinois piétinent. N’empêche que la première action de Wade est de demander au nouveau Khalife de lui prêter 02 milliards, sous le prétexte «qu’il n’arrivait plus à honorer les factures de Henan Chine», soutiennent certains proches de l’entourage du khalife. Et de préciser : « les 02 milliards lui ont été versés par ordre de virement en son nom. » A en croire nos sources, « il a encaissé la somme la veille de son fameux voyage à Téhéran». Ainsi, pendant les 30 mois de règne d’El Hadji Bara, les chantiers marchèrent à cloche-pied.

LES CHANTIERS DE TOUBA EN CHIFFRES

Le projet de modernisation de la ville de Touba, d’une enveloppe de 100 milliards de francs Cfa, entamé en 2007, devait s’étaler sur une période de cinq années. Il concerne des travaux de réalisation d’ouvrages hydrauliques, de réhabilitation, d’élargissement et de construction de routes, d’aménagement paysager et de trottoirs et enfin d’assainissement.

Pour la voirie, il était prévu la réalisation de 115 km de routes dans la ville. Certaines routes existantes devraient être réhabilitées et élargies en 2 x 2 voies avec l’aménagement de trottoirs. C’est ainsi que l’autoroute Mbacké - Touba a été élargie et prolongée jusqu’à la grande mosquée, avec la mise en place de contre-allées, de terre-plein central. La rocade actuelle a été élargie en 2 x 2 voies, ainsi que la corniche qui a été reliée à l’autoroute Mbacké - Touba. Les routes allant de la grande mosquée vers Darou Mousty, celles allant vers Touba Belel et la R 163, longue de 4 km, devraient constituer l’ossature principale pour la mise en place d’un réseau routier structurant pour la ville sainte.

Assainissement

Pour ce qui est du volet assainissement, le projet prévoit la construction de 43 500 mètres de canaux et de dalots et conduite Pvc, et 343 000 m de caniveau de bordure avec des ouvertures. Les eaux devraient être drainées vers 9 bassins de rétention, avec la mise en place d’une mini-station de relevage des eaux pluviales. Elle va être connectée à celle des eaux de ruissellement du programme routier. Un système de canalisation à écoulement gravitaire et un autre à écoulement sous pression constitueront l’assainissement des eaux usées. Des conduites de différents diamètres seront ainsi réalisées. Jusqu’en 2010, seuls 20% de ce qui était prévu avaient pu être réalisés.

Electrification et eau potable

En ce qui concerne les travaux d’électrification, il est prévu le passage en souterrain du réseau en moyenne et basse tension dans le centre-ville, dans un rayon de 1 km et dans la limite de la première rocade du centre-ville. Un passage souterrain de 75 km de câbles qui nécessite l’ouverture de 65 km de tranchées, la mise en place de 27 km de buse, la réalisation de postes préfabriqués de 30 kv et des déplacements de compteurs.

Touba devrait également être dotée d’un éclairage public moderne, notamment au niveau de la voirie du centre-ville sur la route qui doit être élargie, entre la fin de l’autoroute Mbacké - Touba et la grande mosquée. Il est prévu des candélabres, avec des luminaires équipés de lampe de 400 watts.
A ce jour, tous ces travaux annoncés n’ont pas été réalisés entièrement. A cause de ces impairs, le khalife général des mourides, Serigne Sidy Mactar Mbacké, a dû décaisser 300 millions de francs. Ce qui explique les nouveaux lampadaires installés sur tout l’axe central menant vers la Grande mosquée.

Quant au volet approvisionnement en eau potable de la ville de Touba, sont attendus deux réservoirs au sol en béton armé de 6 000 m3, deux châteaux d’eau de 1 000 m3, un château d’eau de 500 m3, six forages de production à gros débit, 12 cabines de pompage avec logement, 10 électropompes, cinq groupes électrogènes, 250 km de conduite de différents diamètres variant de 63 à 600 mm.

Aéroport international

Pour l’Aéroport international, les travaux tardent à prendre leur envol. Le site a été changé à deux reprises. Aux dernières nouvelles, il est prévu de le réaliser vers Touba-Bogo à 30 kilomètres de Touba. En mars 2009,  Mbaye Ndiaye, alors Dg des aéroports du Sénégal, avait rencontré les autorités religieuses, sur instruction du chef de l’Etat, Me Wade. Le Dg avait parlé d’un délai de trois ans pour la réalisation de cette infrastructure. Il disait que des appels d’offres avaient été lancés et les partenaires techniques choisis. Que l’aéroport était prévu pour une «capacité d’accueil qui va graviter autour de 500 000 à 1 million de passagers par an».

L’aéroport était attendu pour être fonctionnel en janvier 2010. Touba attend toujours sa construction. En visite à Touba, Wade, comme pour couper court aux rumeurs qui disaient qu’il n’allait pas terminer les travaux à Touba, avait tenu à rassurer le khalife général en ces termes : «Danaa ligéey Touba ! Door naako, te danaa ko agale (je vais moderniser Touba ! j’ai commencé le travail et je vais le terminer)». Il disait avoir trouvé de nouveaux partenaires américains et malaisiens. A ce jour, point d’experts américains et malaisiens. Abdoulaye Wade n’a pas pu, en effet, réaliser entièrement son projet de modernisation de la ville de Touba.

Chantiers inachevés, incohérents et surtout très mal exécutés

Car en février 2012, les travaux des « fameux chantiers de Touba », sous Wade, se sont donc arrêtés, inachevés, incohérents et surtout très mal exécutés, sans respect d’aucune norme technique, après avoir englouti la bagatelle de 60 milliards représentant trois années de décaissement, sur les 100 milliards promis initialement par Wade.

Ironie du sort et de l’histoire. Par la faute des électeurs, Wade ne pourra pas se prosterner devant le khalife général des mourides et lui dire que le travail de Touba est fini, que la ville est modernisée. Abdoulaye Wade est aujourd’hui chagriné de n'avoir pas pu réaliser ses vœux pour la ville de Touba, pendant son magistère. « Le Président Wade souffre de n'avoir pas pu achever les chantiers à Touba.

Mais aussi de n'avoir pas réalisé d'autres projets pour la capitale du Mouridisme qu'il souhaitait concrétiser avant de quitter le pouvoir », se désolait un de ses proches, au sortir d’une audience avec le khalife général des mourides. Tout de même, Me Abdoulaye Wade a espoir que ses projets pour Touba seront concrétisés par sa famille (biologique ? ou politique). « Je suis sûr que c'est un des miens qui achèvera les chantiers et réalisera les projets pour Touba », laissait entendre Me Wade devant Serigne Sidy Mactar Mbacké.

POURSUITE DES TRAVEAUX AVEC LE NOUVEAU REGIME

La grande offensive de Macky Sall

Après le départ de Wade, l’Etat du Sénégal restait devoir de l’argent à la société chinoise en charge de travaux. Par conséquent, Henan Chine avait décidé de la suspension des chantiers engagés sous le régime de la première Alternance. A l’époque, certains responsables avaient évoqué un arrêt « conjoncturel». Entre-temps, les choses ont bougé. Le président de la République Macky Sall, lors de sa première visite à Touba, en novembre 2012, avait indiqué que Henan Chine, l’entreprise chinoise chargée des travaux, avait reçu 9 milliards de francs CFA sur les sommes qui lui étaient dues. Il annonçait la reprise des travaux, après le magal de la même année.

C’est le volet assainissement qui a alors démarré sa première phase, pour un coût de 7 milliards dont 1 milliard du khalife, Serigne Sidy Mactar Mbacké, en guise de contrepartie. Aujourd’hui 60 % des travaux de ce volet sont déjà réalisés, si l’on en croit le député apériste Abdoul Ahad Seck Sadaga. Il s’agit en effet des travaux de canalisation et de drainage des eaux usées et pluviales au niveau de Darou Khoudoss, de Niary Etage, au niveau du ‘’30 de Cheikh Bombaly’’, des Cimetières, de Gare Bou Ndaw, de l’Hôpital Ndamatou et enfin d’une partie du marché Ocas.

A ces réalisations, il faut ajouter la réhabilitation, avec l’achat de 5 nouvelles pompes, des stations pompage de la Grande mosquée, du marché Ocas, de Keur Niang et l’agrandissement du bassin de Darou Rahman. Aujourd’hui, tous ces travaux ont été entièrement réalisés. Enfin depuis le mois de juin, la seconde phase du volet assainissement a été entamée. Les travaux concernent Guédé, une partie de Darou Khoudos, Darou Minan, Gouye Mbind et Gare bou Ndaw.

Une dizaine de routes déjà réalisées

Pour le volet infrastructures routières, au total une dizaine de routes, dont trois de 7 km, quatre de 15 km et une de 1,5 km ont été déjà réalisées. Toutefois, il existe des difficultés pour achever certaines routes décapées, comme la route de Niary Etage, de Guédé et de Darou Khoudos. A en croire certaines confidences, l’entreprise à qui on a sous-traité les travaux est confrontée à des problèmes d’argent. Actuellement, on assiste à un arrêt des travaux.

Macky Sall a également annoncé d’autres projets pour la cité religieuse, dont une autoroute devant relier Diamniadio à Touba, via Thiès, dont le coût global est estimé à 400 milliards de francs CFA. Il a ensuite annoncé la construction d’un aéroport à Touba et promis l’augmentation des capacités de l’hôpital Matlaboul Fawzeyni, et l’érection d’un autre hôpital dans la cité du Mouridisme.

Me Abdoulaye Wade aimait à dire qu’il allait faire pour la ville du fondateur du Mouridisme ce que personne n’avait jamais réalisé. Au rythme où vont les choses, son successeur Macky Sall est en passe de faire largement mieux. Auquel cas, il risque d’en récolter les dividendes politiques.

Abdou Fatah Gaye ( Touba)
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PiccMi.Com

Mardi 23 Septembre 2014 - 08:33



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