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MORTS DANS LES ZONES DE CONFLITS EN AFRIQUE : Les Jambars, une liste macabre





MORTS DANS LES ZONES DE CONFLITS EN AFRIQUE : Les Jambars, une liste macabre
À vouloir épuiser le répertoire funéraire, on finit sans doute par se perdre. Les soldats sénégalais ont certes une bonne réputation en matière de gestion de la paix dans des zones de conflit en Afrique. Mais ce prestige se paye cher. Les casques bleus tombés, depuis 2004 (déploiement en Côte d’Ivoire), sur des terrains de ni paix ni guerre se comptent par dizaines. D’où les prises de positions parfois radicales des chefs d’Etat sénégalais. Aujourd’hui, près de 2000 soldats sénégalais sont déployés dans les différentes zones de conflit.

Un soldat sénégalais est mort mardi dernier en Côte d’Ivoire des suites d’un accident. Ce décès vient allonger la liste macabre des "Jambaars" (braves en langue Wolof) tombés au niveau des théâtres d’opération onusienne. Très sollicités, grâce à leur professionnalisme reconnu, les militaires, policiers et gendarmes sénégalais n’en payent pas moins le prix de leur bonne réputation. La mort de ce militaire dans le pays de Houphouët Boigny n’en est pas la première.

Le mardi 08 avril 2014 tombait Idrissa Badji. Soldat de 1ère classe du 14ème contingent sénégalais de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), Idrissa avait été victime lui aussi d’un accident de circulation sur l’autoroute YamoussoukroAbidjan, précise Sud online, le site du journal Sud quotidien. D’après la Direction des relations publiques des Armées (DIRPA), il a eu un malaise le lundi 07 et est "subitement tombé du véhicule" lors d’une mission d’escorte et de dépannage. Evacué à l’hôpital de Bouaké (niveau 2) puis d’Abidjan (niveau 3), il avait succombé le lendemain, à 15h.

Avant Idrissa, deux autres Sénégalais avaient péri en Côte d’Ivoire. Il s’agit d’un Sergent-major du nom d’Idrissa Diop et du soldat de 2ème classe Assane Sadio. Le premier, né en 1958 et père de sept enfants, est décédé le 27 septembre 2012 à Yamoussoukro, suite à "un malaise". Le second a quitté ce bas-monde, le vendredi 16 décembre 2011. Lui aussi, soldat de 2ème classe, âgé de 44 ans et père de trois enfants, a été emporté par un accident de circulation, deux mois seulement après son arrivée sur le terrain.

Funeste octobre 2013

Le théâtre d’opération le plus meurtrier pour les corps militaires et paramilitaires sénégalais reste sans doute le Darfour. Le dernier décès de soldat sénégalais dans cette région soudanaise date du 29 décembre 2013. Des inconnus avaient ouvert le feu sur une patrouille, faisant deux morts : un Sénégalais et un Jordanien. En octobre de la même année, deux "Jambaars" avaient quitté le Darfour les pieds devant. Cause : accident de circulation. Ces casques bleus revenant d’une patrouille dans une zone difficile d’accès avaient vu leur véhicule se renverser. Bilan : deux morts et neuf blessés.

Dans ce même mois décidément macabre, trois gendarmes du pays de la Téranga avaient été tués. C‘était le 13 octobre. Les trois disparus, selon Le Quotidien qui avait fait leur portrait, avaient pour nom Issa Faye, Thierno Birahim Mbaye et Mamadou Ndiaye. Issa Faye, né le 15 juin 1977 à Oussouye, était un Maréchal des Logis Chef. Il avait fait Haïti, RDC et Darfour, respectivement en 2006, 2010 et 2012. Thierno Birahim Mbaye avait lui démarré sa carrière au 3ème Escadron porté de la Légion de gendarmerie d’intervention (LGI). Natif de Sakal, (4 décembre 1983) dans la région de Saint-Louis, il avait rejoint l’armée le 1er janvier 2006, avant de migrer vers la gendarmerie le 1er janvier 2008. Le troisième, Mamadou Ndiaye, avait vu le jour le 6 octobre 1980, à Tambacounda. Après être entré dans l’armée le 1er janvier 2002, il était revenu dans la vie civile, le 31 décembre 2003 avec le grade de brigadier gendarme auxiliaire. Il a ensuite été admis à la gendarmerie, le 4 février 2008.

La colère de Wade

Ces hommes en bleu avaient été victimes d’une embuscade près de Geneina, alors qu’ils escortaient un convoi d’eau potable se rendant au quartier général de la Minuad, dans l’Ouest du Darfour, contribuant à asseoir la réputation de zone difficile et dangereuse pour la Mission conjointe Nations unies-Union africaine au Darfour (MINUAD). En effet, cette attaque meurtrière était loin d’être un coup d’essai. La mort, en octobre 2007, du Brigadier-chef Mayoré Kébé avait été la goutte d’eau qui avait failli faire déborder le vase. Car, on se rappelle encore, en cette année 2007, le coup de colère du Président Abdoulaye Wade.

En effet, ce soldat de la 15ème promotion de la police, né le 31 octobre 1958, père de trois enfants, tué dans un attentat, venait de porter à six le nombre de casques bleus sénégalais ayant péri, depuis l’envoi des troupes en 2005. Les cinq premières victimes ayant été enregistrées dans la journée du 1er avril 2007.

Six soldats en deux ans, c’en était déjà trop pour Abdoulaye Wade, qui avait immédiatement organisé une conférence de presse au cours de laquelle il avait menacé de retirer les Jambaars, s’il se révélait qu’ils avaient été tués "par défaut d’armes". "Les soldats sénégalais vont rentrer s’ils n’ont pas d’armes pour se défendre. Il ne faut pas exposer les gens comme ça. Ce n’est pas possible !" s’insurgeait-il. Le président Wade précisait qu’il avait envoyé "des soldats mais pas des gens au mouroir".

Il ne mit pas en exécution sa menace, puisque les soldats sénégalais sont toujours déployés au Darfour. Par ailleurs, une différence à noter entre le Soudan et la Côte d’Ivoire : Pratiquement, l’identité de l’ensemble des soldats morts au pays de l’ivoire a été révélée. Alors qu’à l’opposé, celle de presque toutes les victimes au Darfour a été tenue secrète. La raison ?

Mali, le nouveau cimetière

Depuis quelque temps, le Mali semble avoir pris le flambeau funèbre sur le Soudan. Deux soldats sont tombés à Kidal, le samedi 14 décembre 2013. Leur nom, Ousmane Fall et Cheikh Tidiane Sarr. Ils ont trouvé la mort dans un attentat suicide. Une voiture piégée s’est jetée sur la Banque malienne de solidarité (BSM) qu’ils gardaient. Leur camarade Meïssa Kassé est lui grièvement blessé. Un autre casque bleu sénégalais, Birane Wane, a péri le mardi 7 octobre, victime lui aussi d’explosifs lancés sur le siège de la MINUSMA à Kidal. Sans arrivée au coup de gueule de Wade, Macky Sall, l’actuel chef de l’Etat, a demandé plus de sécurité pour les soldats.

L’autre zone de conflit, qui a enregistré la mort de militaires sénégalais engagés dans des opérations de maintien de la paix, est la République démocratique du Congo. Le gendarme Sadia Faty y a "disparu" le 6 octobre 2012. La thèse officielle de sa mort est la noyade. Ce que sa famille a toujours réfuté. Elle estime que son fils a été assassiné pour cacher un trafic de diamant et a décidé de porter plainte.

Auparavant, en novembre 2008, des soldats sénégalais étaient sortis sans uniforme pour acheter des cartes téléphoniques. Ils avaient rencontré sur le chemin des militaires congolais. Selon le porte-parole de la MONUC, Madondje Mounoubai, les soldats congolais avaient voulu s’emparer des portables des soldats sénégalais. Ces derniers avaient alors riposté. Au cours de l’altercation, une "balle perdue" avait touché un "Jambaar".

Selon le lieutenant colonel Adama Diop, membre de la DIRPA, le Sénégal engage aujourd’hui près de 2 000 soldats dans les différentes zones de conflit. Le Mali, le Congo, la Côte d’Ivoire, et le Darfour ont tous enregistré des morts. La Guinée Bissau est le seul pays où les Jambaars sont jusqu’ici préservés.

Enquête

PiccMi.Com

Mercredi 5 Novembre 2014 - 11:40



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