MOUSTAPHA NIASSE: « Je n’étais pas prêt à aller au Palais »





MOUSTAPHA NIASSE:  « Je n’étais pas prêt à aller au Palais »
Piccmi.com -M. Moustapha Niasse, est-ce que vous pouvez nous expliquer ce qui s’est passé ?

On m’a dit tout à l’heure, qu’on a annoncé que j’ai été atteint par des balles. Ce n’est pas le cas. Cela peut venir, mais je n’ai pas encore reçu de balle. Cette manifestation a été prévue pour prendre fin à 19 heures, après l’intervention de Monsieur Alioune Tine. Donc, lorsqu’il a fini de faire son intervention, nous nous sommes mis à rentrer. Puis, quand nous avons appris que ce n’était pas fini et qu’il risquait d’y avoir du grabuge, nous avons fait demi-tour pour revenir. Nous sommes revenus pour être avec les jeunes. Lorsque subitement, des camions qui envoient de l’eau chaude et des grenades lacrymogènes, ont chargé. Nous étions au milieu des jeunes et nous avons reçu des bombes lacrymogènes. Nous avons quelque peu étouffé d’ailleurs, mais nous voici et nous commençons à reprendre nos esprits.

Quelle est la leçon que vous tirez de tout cela ?

Nous tirons comme première leçon de tout cela, que le Président Wade a perdu la raison. En fait, ce qu’il faut rappeler, c’est que cet homme (Wade) crée cette situation d’insurrection pour pouvoir demain dire que les conditions d’insécurité dans le pays l’empêchent d’organiser le scrutin présidentiel du 26 février. Il est en train de réunir les conditions qui doivent lui permettre de dire qu’il n’est pas en mesure d’organiser l’élection présidentielle. C’est en fait ça qu’il fait. Aujourd’hui (hier) nous avons été provoqués, nous ne bougions pas, nous étions au pied du monument de l’Obélisque. Il n’y a pas eu de jets de pierres, d’affrontements, lorsque les grenades lacrymogènes sont parties.

Pourquoi avoir arrêté la manifestation à 19 heures ?

L’arrêt de la manifestation à 19 heures était décidé avant que le rassemblement ne débute. Parce qu’il avait été prévu pour Monsieur Alioune Tine, qui venait d’être libéré de son arrestation de 48 ou de 50 heures, prononce le mot de la fin. C’est lui qui devait s’adresser à la foule. C’était cela qui devait clôturer la manifestation. Lorsque Monsieur Alioune Tine n’a pas été vu, il a été demandé à Monsieur Amath Dansokho de prendre sa place et de s’adresser à la foule. Voilà comment les choses se sont passées. Une fois qu’Amath Dansokho a fini de parler, la manifestation était finie. C’est alors que des jeunes, à bon droit, ont dit : «Allons au Palais!» C’est un mot d’ordre qui est venu, alors que la question était de savoir si nous étions prêts à aller au Palais, le cas échéant, comment y aller et qu’est-ce que nous y ferions ? C’était cette question qui était en train d’être discutée lorsque les forces de l’ordre ont chargé. Voilà le problème.

Etiez-vous prêts à aller au Palais ?

Non. Je n’étais pas prêt à aller au Palais. Je suis un homme de droit et de loi. Si nous avions décidé ensemble que nous allions au palais, j’y serais allé. Si nous l’avions décidé ensemble avant-hier lorsque nous prenions la décision de venir ici aujourd’hui (hier) d’aller au palais, quels que puissent être les dangers, je serais au palais. Mais j’aurais été associé au processus de décision et à la mise en œuvre d’un argumentaire qui nous permet de franchir le pas pour aller au palais.


PiccMi.Com - La Rédaction

Mercredi 1 Février 2012 - 10:06




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