Videos Musique
59 structures de l’Etat officiellement supprimées
21/05/2012
Une Sénégalaise remporte le premier prix de la dictée Paul Gérin Lajoie
21/05/2012
"La Pointe de Sangomar" sera bientôt vendue, assure Macky Sall
21/05/2012
Vers une délocalisation de la tenue du Conseil des ministres
21/05/2012
Macky Sall confirme Niasse au Perchoir de l’Assemblée nationale et arrête Cissé Lô
21/05/2012
PELERINAGE A LA MECQUE 2012 : Air Europa exige un acompte d’un milliard FCfa
21/05/2012
La campagne agricole menacée : Des criquets déjà en pèlerinage à Gossas
21/05/2012
1.989.396 utilisateurs d’Internet au Sénégal au 31 décembre dernier (Internet world stats)
21/05/2012
Revelations sur une mafia entre agents du Tresor et des transitaires au port de Dakar
21/05/2012
Le Premier ministre, Abdoul Mbaye se jette dans la politique
21/05/2012
Mardi 22 Mai
3:31
|
|||||
MUSEE D'HISTOIRE DU DJOLOFF ET DE L'AMITIE FRANCE-SENEGAL A YANG-YANGSitué au Nord-ouest du département de Linguère, dans la région de Louga, le village de Yang-Yang (communauté rurale de Mbeuleukhé) est devenu célèbre par son musée historique : le Musée d’histoires de France-Sénégal du Djolof. Riche d’une belle mosaïque culturelle, de sa figure historique Alboury Ndiaye, ce hameau au climat de type sahélien conserve jalousement les richesses du dernier Bourba du Djolof. À la découverte des forteresses royales et des vestiges dignes des dynasties de l’Europe médiévale!
Linguère-Yang Yang, le parcours du combattant
Le soleil est au zénith. Une chaleur suffocante dicte sa loi dans le Djolof. Point de doute : pas moins de 45° à l’ombre. Sous un soleil de plomb, le chauffeur Omar Dia s’engouffre dans le véhicule et met le turbo. Direction : Yang-Yang, capitale du royaume du Djolof, à 37 kilomètres au Nord-Est de Linguère, en passant par la piste sablonneuse de Doundodji. À bord d’une L 200, notre fidèle compagnon : Pape Masseck Seck, président de l’Association pour le développement communautaire (Adec), professeur d’Anglais et principal du Cem de Kadji Madia, à quelques km de Linguère. Une organisation qui intervient dans plusieurs secteurs d’activités économiques, sociales, éducatives, culturelles, environnementales, de santé, de communication, d’animation, ou encore de sensibilisation. Avec eux, la chose la mieux partagée : une chaleur d’étuve, une canicule impitoyable obligeant Pape Seck à se dévêtir de son boubou, à se déchausser et à sortir le mouchoir. Nous transpirons à grosses gouttes. Dans cette zone aride, le climat est de type sahélien. La végétation est dominée par des arbustes épineux. Le «soump» (balanite), le «ratt» (combretoum), le «nguer» (le guerra), le «nèp nèp» et autres arbustes jonchent la vallée. Le long de la piste autour des villages, des troupeaux de chèvres, d’ânes, de moutons et autres ruminants en divagation. Ils s’adaptent bien à la zone. L’essentiel du troupeau, renseigne notre compagnon, Papa Masseck Seck, est au sud de Linguère, autour du Ranch de Doli, Thiel, Gassane, Dioulky à la recherche de pâturages plus généreux. Les quelques sujets laissés au village servent à régler les questions de subsistance. Avec notre compagnon, la conversation porte sur mille sujets : la politique, la scolarisation des filles dans le Ferlo, mais surtout l’histoire du Bourba-Djolof. Le chauffeur Omar Dia, lui, est bien concentré au volant. Il se faufile et bifurque tous les vingt mètres : la piste est sablonneuse et sinueuse. Et vite, les villages de Ndiakhaté, Louille, Ndiané, Ngouille Diéri, Kalossi et enfin notre destination :Yang-Yang. Le village est situé sur une dune de sable. D’ici, nous apercevons le minaret de la mosquée de Mbeuleukhé, où repose le saint homme Daouda Dia, grand-père du député non inscrit Aliou Dia. L’on retient, entre autres, de cet homme de Dieu, sa forte implication dans la propagation de la tarikha tidiania dans le Djolof. Musée d’Alboury : Tel le palais de l’ancien roi d’Espagne ! Un détour chez l’imam Ndong où les clefs du musée sont gardées et, en compagnie de Bakhaw Bâ, le directeur de l’école du village, nous sommes autorisés à visiter le palais royal. Un édifice qui rappelle au visiteur le palais de La Almudaina (une des résidences de l’ancien roi d’Espagne dont les transformations par le 1er roi chrétien indépendant, Jacques II de Majorque, en firent un véritable palais). On piaffe d’impatience. Pressé de découvrir des vestiges qui n’ont rien à envier aux belles galeries baroques du XVIIe siècle. La porte n’est pas fermée aujourd’hui, nous a-t-on dit chez l’imam du village. Sur les lieux, Bakhaw Bâ nous fait découvrir les mystères du souverain dont le nom est inscrit en lettres d’or dans le panthéon de l’histoire du Sénégal : Le Musée du Bourba Djolof, Alboury Ndiaye, restauré par son fils, Mansour Bouna Ndiaye, de son vrai nom Yéli Birayamb, fils aîné du Bourba Alboury Biram Penda Ndièmé et de la princesse «la Linguère» Madjiguène Bassine Ndiaye. Ce grand bâtisseur a foré près de 80 puits en 1930 pour son peuple en renonçant à son salaire et construit le premier bassin de rétention en 1931 à Labgar. Ce palais royal figure dans le cénacle du patrimoine historique du Sénégal. Sur le fronton de la façade du mur, on peut lire : «L’œuvre, c’est ce qui dure au-delà de son créateur». Parole d’Evangile.
Le silence des armes du Bourba-Djolof
À l’intérieur du musée, des sabres, des lances en fer, des fusils en bois, des gris-gris et autres talismans se disputent la magie des lieux. Dans ce lot d’amulettes, on peut citer «Tiawdi-Ndioufène», un talisman, nous dit-on, dont la famille Diouf du village est le dépositaire. Cette famille était chargée de protéger les rois Le gris-gris en question, nous explique-t-on, rendait le roi invulnérable. Il est recouvert de tissu blanc. Le Bourba-Djolof le mettait au cou en forme de collier et le laissait pendre jusqu’au niveau de la poitrine : c’était son pare-balles. La tradition est bien ancrée. D’ailleurs, nous souffle Pape Masseck Seck, «jusqu’à nos jours des jeunes qui s’incorporent dans l’armée font un détour dans cette famille pour se procurer ce talisman». Dans un coin de la chambre royale, des ustensiles minutieusement rangés : cuillères, écuelles, petites calebasses. Le Bourba-Djolof les utilisait aussi pour ses hôtes de marque. À quelques encablures du lit de Sa Majesté, la table royale. Le tout en fer avec une architecture séduisante. Le Bourba-Djolof raffolait de soup-kandja (riz à la sauce gombo) et aussi de poulets rôtis. Aussi, il aimait donner à boire et à manger aux pauvres. Le palais a un seul étage. Selon la tradition orale, le sable qui a permis d’édifier le joyau provient de l’impôt des royaumes vassaux de l’empire du Djolof. Au début, le palais était rouge ocre avant d’être reconstruit par le fils, Mansour Bouna Ndiaye qui a repeint la façade du mur et les parois intérieures en blanc de lait. Le Djolof, terre d’exil de Bamba L’on rapporte que le fondateur du mouridisme, Cheikh Ahmadou Mbacké a séjourné dans les terres du Djolof de 1904 à 1912. Précisément à Thiéyène et Diéghol, deux villages à la lisière du département de Linguère, dans la région de Louga. Même s’il n’y a pas de liens de sang, il existe une alliance entre le neveu de Lat-Dior Ngoné Latir Diop, Alboury Ndiaye de par sa descendance maternelle, et le fondateur du mouridisme. Avant que ce dernier n’aille répondre à la convocation du gouverneur de l’Afrique occidentale française à Saint-Louis en 1895. En effet, le 10 août 1895, le fondateur du mouridisme quitte son terroir de Mbacké Bari pour aller répondre à la convocation du gouverneur. C’est durant ce trajet qu’il va se cantonner dans les terres du Djolof en passant par le célèbre village de Coki, Thiéyène et Diéghol. Arrivé à Saint-Louis, le 5 septembre de la même année, aussitôt entré dans le bureau du gouverneur, comme pour défier l’autorité du colon, le saint homme étale sa natte pour prier. Cette date marque le Magal des deux «rakkas» de Saint-Louis, un acte de défiance envers l’ordre colonial. Le 20 septembre 1895 a eu lieu le fameux procès du fondateur du mouridisme. Victime de bannissement, il sera déporté vers les lointaines terres du Gabon le lendemain, 21 septembre. L’on retient qu’avant leur disparition, plusieurs rois, notamment Lat-Dior, Alboury Ndiaye, l’Almamy Samory Touré qui donnait aussi du fil à retordre aux envahisseurs, ont fait allégeance ou signé un pacte d’amitié avec Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké. Le tata d’Alboury, des vestiges à ciel ouvert Si le palais s’impose sur le versant de la dune de sable, le tata (la forteresse du souverain), lui, est érigé de l’autre côté, à l’ouest du musée, au pied de la dune. Il a été construit au 19e siècle. Avec des murs très épais, de forme circulaire, dans les lesquels sont creusées des souricières. L’on rapporte que face à l’envahisseur, le Bourba-Djolof et ses lieutenants pouvaient, à partir des souricières, tirer sur l’ennemi. Une partie du tata faisait office de caserne pour un régiment de cavalerie. Devant nous, un des sièges du roi, des services administratifs, civils et militaires. La reine mère avait aussi sa résidence dans ce quartier général du souverain. Même si le tata est aujourd’hui en ruine, le pourtour est conservé jusqu’à un mètre de hauteur. Il jouait une fonction stratégique et militaire avec, dans la cour royale, le cheval du Bourba-Djolof. On l’appelait Capitaine. Non loin de cet espace, des sites historiques comme les champs de bataille de Guilé, à environ 6 kilomètres de Yang-Yang. Ce terrain d’affrontement est situé sur une zone de dépression. Sur les lieux, une végétation encore touffue nous séduit, le sable gris cendre, une couleur qui rappelle l’intensité des opérations qui s’y sont déroulées. Ici, on garde en mémoire la célèbre bataille qui a opposé le Bourba-Djolof, Alboury Ndiaye, à Samba Laobé Fall, Damel du Cayor. Un peu plus loin de nous, d’autres champs de bataille : Ndiamé Ndiaye à Thilla Warwhokh à une vingtaine de kilomètres de Yang-Yang et 12 kilomètres de Linguère. On rapporte encore que c’est dans ce champ de bataille que le souverain Alboury Ndiaye a battu l’Almamy Bara Bâ qui venait du Fouta. Autour de Yang-Yang, nous avons un autre lieu historique où a séjourné El Hadj Omar Foutiyou Tall, l’Almamy du Fouta qui a combattu les Peulhs du Macina et les troupes coloniales, notamment celles de Faidherbe. Dans cet espace, le visiteur peut encore voir les traces de la peau de prière de l’Almamy du Fouta, tout comme les traces des pattes de son dromadaire et celles de son chat. El Hadj Omar Foutiyou Tall y était venu en retraite spirituelle. L’unité africaine : Et si l’on réapprenait l’histoire ? Le Djoloff demeure le creuset de l’histoire du Sénégal. Au moment où l’on s’accorde à dire que l’unité africaine est la voie incontournable pour le décollage de l’Afrique, nul n’a le droit de taire l’histoire des résistants de la trempe d’Alboury Ndiaye, de Lat-Dior Ngoné Latir Diop ou encore Samba Laobé Fall. Des figures historiques qui incarnaient des valeurs qui ont pour noms : le courage, le respect de la parole donnée, l’honnêteté. Somme toute : la dignité. Des valeurs qui ont caractérisé le souverain du Djolof jusqu’à sa mort dans la boucle du Niger où l’irréductible roi fut tué par une flèche empoisonnée décochée par un enfant. En quittant le Djolof les armes aux poings, il a compris l’inexistence des frontières pour accepter, au Mali, d’être un lieutenant d’un autre roi, Ahmadou de Ségou. Dans cette ère de grands ensembles nos chefs d’Etat, sont-ils prêts à renoncer à leur souveraineté pour mettre sur orbite le grand ensemble afin de sortir le continent de cette situation de morcellement et de pauvreté abyssale ? On nous parle urbi et orbi de la renaissance ou de l’unité africaine, on célèbre en grande pompe un monument qui, dit-on, symbolise la liberté et la renaissance de l’Afrique. Ne devrait-on pas réapprendre l’histoire de nos résistants ? Eux qui incarnaient véritablement les valeurs de dignité, de courage pour l’intérêt de leurs peuples, mieux, d’un continent : l’Afrique. Le roi Ahmadou de Ségou a été accueilli par le Bourba-Djolof à Yang-Yang où les deux résistants ont bâti une stratégie commune contre l’envahisseur. Au Sénégal, les parlementaires se battent aujourd’hui pour avoir une pension de retraite. Pour une fonction élective ! Des gens comme Mansour Bouna Ndiaye ont su renoncer à leur salaire et même à un statut de chef de province pour aller s’installer à Louga. Des chefs d’Etat africains usent de toutes les pirouettes imaginables pour se faire succéder par leur fils. Alors qu’il ne suffisait pas d’être roi pour confier les rênes de la royauté à son rejeton. Le Conseil de sages intronisait le roi sur la base des valeurs qui régissaient la communauté (courage, honnêteté, dévouement à la cause communautaire). Ces valeurs immatérielles et matérielles du Djoloff, malheureusement inconnues de la nouvelle génération doivent être sauvegardées, vulgarisées et transmises à la postérité. Les enseignants ont une part de responsabilité dans ce cadre, mais surtout les autorités, notamment le ministère de la Culture, le département de l’Education qui doivent intégrer autant de valeurs dans leurs programmes. JEAN-PIERRE MANE Source L'Observateur Dans la même rubrique :
PiccMi.Com - La Rédaction
Samedi 3 Juillet 2010 - 15:20
Réagissez à cet Article
Nouveau commentaire :
|
Publicité
En ce Moment sur PiccMi.Com
Vidéos du Moment
L'actualité en vidéo
L'actualité en vidéo
|
||||
|
Copyright © 2011 PiccMi Company | Tel: 33 850 03 82 | Mail: piccmi@piccmi.com | All Rights Reserved
|
|||||


Actualité













