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Maissa Waly Dione Mané ( 1185-1229 ) , 44 ans de règne



Le premier roi de la dynastie Guelwar du Sine s’appelait de son vrai nom Maissa Waly Mané. Il était le fils de Sira Badiane Mané, la première reine de Djilor, et le frère de la princesse Gnilane Mané. Il reçut son surnom Dione du fait qu’à la fin de son long règne, ses successeurs, impatients de lui succéder, disaient de lui Dione, c’est-à-dire « il est encore là », « il vit toujours ». Ce surnom resta attaché à son nom par la suite.



Maissa Waly Dione Mané ( 1185-1229 ) , 44 ans de règne
Maissa Waly Dione était un prince Guelwar originaire du pays de Ngâbou. Il fut mystérieusement guidé par une ombre qui le conduisit successivement à Koular, à Pethia Mak (dans le Djonik-Saloum) où il demeura sept ans et laissa sa sœur Siga Badial et Wa Kumbof, à Keur Dâbo où il fut retenu pendant deux ans par les habitants du Djonik. À Keur Dâbo, les “fétiches” lui conseillèrent de poursuivre son chemin. Il construisit donc des pirogues pour se rendre jusqu’à Sangomâr, puis à Fadiouth où Mara Diom, le neveu de Maissa Waly, se noya : c’est pour s’occuper de la sépulture de Mara Diom que Maissa Waly installa ses esclaves à cet endroit. Deux suivantes de Maissa Waly restées à Fadhiouth y ont donné naissance aux matrilignages Sos et Tiakhanor.

Après cet épisode, Maissa Waly revint à Keur Dâbo, puis se rendit à Mar Soulo où il résida deux années. Les “fétiches” l’encouragèrent à offrir de nombreux sacrifices et lui révélèrent qu’un très bel oiseau, appelé Lam Diatta, lui montrerait le chemin. En le suivant, Maissa Waly allait pouvoir traverser le marigot de N’Dangâne à pied sec, lui et sa suite. Néanmoins les “fétiches” exigèrent le sacrifice d’une fraction de la troupe de Maissa Waly : celui-ci fit passer les nobles en tête, alors les sagnit sacrifiés, fermant la marche, furent tous engloutis à l’exception de quelques rescapés qui parvinrent miraculeusement jusqu’à Diouroup Mbârdiam.

Maissa Waly s’arrêta brièvement à N’Dangâne avant de continuer jusqu’à Diakhanor-Palmarin où il séjourna pendant six mois. Son serpent Ginâru lui conseilla ensuite d’aller à Mbissel. Il resta six mois à cet endroit sans parvenir à ses fins : devenir roi comme il l’escomptait.

Maissa Waly Dione Mané ( 1185-1229 ) , 44 ans de règne
Voici l’événement qui lui permit de prendre le pouvoir : un litige à propos d’un troupeau de boeufs restait en suspens depuis cinq ans. En effet, un Serer de Lambaye (Baol) était venu à Fadial pour y résider et y avait confié ses troupeaux avant de rentrer dans son pays où il mourut. À sa mort, son neveu, nommé Wa Ngom Sose, vint réclamer les boeufs, mais le gardien refusa de restituer les bêtes. Le litige durait depuis cinq ans à l’arrivée de Maissa Waly à Mbissel ; celui-ci fut mis au courant de l’affaire et sollicité de départager les rivaux. Il usa d’un stratagème qui lui permit de rendre son jugement. Il fit construire une malle dans laquelle il introduisit un enfant de sept ans environ qui voyagea incognito avec Wa Ngom, lors de son retour au Baol. À la frontière des deux pays, des cavaliers de Maissa Waly font rebrousser chemin à Wa Ngom. Revenu à Mbissel, l’enfant fit le compte rendu exact de tout ce qu’il avait entendu et confirma la véracité des dires de Wa Ngom : les boeufs appartenaient bien à l’oncle de ce dernier. L’intelligence dont Maissa Waly avait fait preuve à cette occasion lui permit d’être reconnu digne de la royauté. Les gens de Mbissel plébiscitèrent Maissa Waly qui accepta d’être roi à condition d’avoir à ses côtés le riche Wa Ngom qui devint ainsi le premier Diaraf du Sine.

Avant l’arrivée de Maissa Waly et son accession à la royauté, le pays du Sine était divisé entre trois chefs de la terre appelés lamane :
 le Lam Sango, parfois nommé Diarno Diouala, résidant à Palmarin ;
 le Diémé Fadial, à Fadial ;
 le Wal Satim Ndok, à Ndok (à l’est du Sine actuel).
Ces chefs ont eu des successeurs après la prise du pouvoir par Maissa Waly, mais ont vu leur influence diminuer assez rapidement.

Les Serer peuplant le Sine à l’arrivée de Maissa Waly faisaient partie de la grande migration serer qui, partie de Sero, transita par le Tekrour, par Saldé, par le Dyolof, et vint s’installer dans la région de Lambaye, dans le Sine et le Saloum. Cette vague de peuplement donna également naissance aux Lebu du Cap Vert et aux Serer None.

La seconde partie des peuplements serer est constituée par les compagnons des conquérants guelwar et de Maissa Waly en particulier. Ces Serer sont venus du Sud (Casamance) et sont apparentés aux Diola avec lesquels ils se reconnaissent des liens de parenté jusqu’à présent.
Parmi les compagnons et la famille de Maissa Waly on note : Siga Badial, Wa Kumbof, Gnilane Mané, Koular o Méo, Kin o Méo et Sin o Méo.

Siga Badial, la soeur de Maissa Waly, eut des relations avec Fari Diom, lors du séjour des Guelwar à Koular, et fut mère de Mara Diom, mort à Fadiouth, et de Tening Diom. Celle-ci, mariée à un lutteur serer, du village de Djillakh (Dieghem), nommé Boukar Djillakh Faye, donna naissance à Tassé Faye, Wagane Faye, Mabane Faye et Gnilane Faye, qui furent tous rois du Sine ou linguère.

Kin o Méo et Sin o Méo, deux soeurs de Maissa Waly, restèrent avec leur frère, alors que leur soeur aînée, Koular o Méo, s’installa définitivement à Koular. Kin o Méo eut, de Ma Dieng, Diouma Dieng, le 4e roi du Sine, et Sin o Méo eut, de Sambaye Niane, Diomaye Niane, le 6e roi du Sine. Kin o Méo n’eut qu’un seul descendant qui accéda au trône, tandis que Sin o Méo et Tening Diom sont à l’origine de tous les rois du Sine.

À ses débuts, le royaume des Guelwar du Sine ne groupait guère que les pays environnants de Mbissel. Il n’a connu, ni à cette époque, ni par la suite, aucune sujétion à l’empire du Dyolof et n’a jamais payé de tribut au Buur-Dyolof. Ndyâdyân Ndiâye, le fondateur légendaire de l’empire du Dyolof, a reçu son nom Ndyâdyân de la bouche de Maissa Waly qui, consulté à son sujet, lui prédit un grand avenir.

Tassé Faye, le successeur, 1 an de règne, 1229-1230

À la mort de Maissa Waly, Tassé Faye, le fils de Boukar Djillakh Faye, un simple paysan de Djillakh, et de Tening Diom, la nièce de Maissa Waly, prit le pouvoir pour une brève période. Il établit sa capitale près du village actuel de Ndiol Mangane, où l’on trouve encore le baobab de Tassé Faye. Il fut guidé dans son choix par la mystérieuse “ombre” qui avait déjà dirigé Maissa Waly. Il demeura à Ndiol pendant une année. C’est au cours de la célébration de la fête de la Tabaski qu’il fut mordu par un serpent et qu’il mourut, laissant le trône à son frère Wagane.

A.D - PiccMi.Com

Samedi 11 Septembre 2010 - 17:24



Réagissez à cet Article

1.Posté par guejopaalgnane le 12/09/2010 15:00

Ils méritent en effet qu'on se souvienne d'eux.Non pas seulementt pour leur rendre hommage,mais aussi pour chercher comment ils concevait la communauté et la politique et particulièrement les fonctions du prince.Les modèles à imiter ou à bannir en politique ne sont pas seulement en occident ou en amérique,etc.Il ya des fondements africains de la vie sociales qui sont des obstacles pour un développement général et durable et pour la conception et la construction de nos Etats et de nos nations.Mais il est possible qu'il ait des principes de bonne gouvernance chez les princes et dans les administrations de nos anciens royaumes fédérés ou en cours de synthèse étattique.

2.Posté par malick dione le 13/09/2010 16:40

J'ai beaucoup apprecie cet article. En ma qualite de descendant de Maissa Waly j'aimerai avoir la liste de ses enfants. Je sais que ce sont ses neveux qui ont assure la succession. C'est la raison pour laquelle dans la plupart des recherches ce sont surtout la lignée de ses neveux qui sont mis en exergue. Cela se comprend car ce eux qui ont herite du trone. Merci d'avance. Malick DIONE

3.Posté par Mactar DABO le 24/09/2010 12:41

Je suis un natif du village de keur DABO un village mythique ou Maissa WALY recevait toutes les différentes révélations mystique qui ont fait de lui ce grand roi du SINE. Cet article vient de rétablir l'histoire de ce Grand Homme. J'en profite pour tous les petits fils de maissa waly et des grands dignitaires comme DARA DABO le fondateur de Keur DABO qui ont cheminé avec lui de fédérer leur effort car nous sommes DEVENU aujourd'hui ce que ces grands hommes ont fait de nous.

4.Posté par Papis le 25/09/2010 23:26

En tant que sérère je viens de me rendre compte que le 1er roi de notre sine n'était pas un sérère. très riche article. bonne continuation. c'est bien de parler de notre histoire et de la valoriser. on nous a longtemps emmerdé ak des histoires de charles magne, napoléon, philip.....

5.Posté par Binte Njawarr le 24/11/2010 22:08

Je n'ai jamais su que Ndiadiane avait reçu son nom de Maissa Waly Dione,la plupart du temps on dit qu'il l'a reçu d'un devin serere mais on de precise pas lequel.Article tres interressant d'un site que je viens de découvrir par hasard et qui m'a agreablement surprise on devrait davantage le vulgariser.Je viendrai certainemant le visiter plus souvent.

6.Posté par Abdou DIONE le 05/11/2011 00:30

En tant que descendant de Maissa Waly DIONE, je trouve très intéressant votre article. En outre, ce genre d'œuvre nous rappelle nos origines. Il nous rappelle qui nous sommes, notre histoire, tellement riche si bien qu'on ne sauré envier quiconque en ce qui concerne la civilisation. Nos anciens, d'une intelligence inouïe, nous ont légué des valeurs, des vertus, une moralité élevée, un enseignement incommensurable!
Pour preuve, méditer sur les proverbes seereer, wolof, pulaar, jola, etc. Toute une philosophie! Ou encore sur la structure de nos sociétés, la téranga sénégalaise, l'entre-aide en milieu rural, surtout dans les travaux champétres ou en cas de sinistre, etc.

« M'adressant à tous et à chacun, je puis dire logiquement que :
Notre développement, celui de l'Afrique, ne peut se faire par des "Stratégies" ou des "modèles" IMPORTES, car leurs concepteurs ne nous ont pas suffisamment connus, encore moins notre environnement et, n'ont donc pas tenu compte de l'ensemble des facteurs impliqués, pouvant avoir des influences plus ou moins défavorables ; Mais plutôt de "Stratégies" ou de "modèles" INTERNES.
Puisse que nous connaissons mieux que quiconque qui nous sommes et où nous sommes, ce qui y est possible et accepté, ce qui y est possible mais non accepté, ce qui n’y est possible, nous devons et devrions pouvoir ou même pouvons élaborer des "stratégies" ou des "modèles" tenant compte de l'ensemble des facteurs ou parties prenantes, pouvant avoir des résultats conséquents, afin de relever et d'élever l'Afrique à un niveau digne de rang" ;
En somme, j'ose dire que le développement ne viendra pas à nous mais viendra de nous »

Mon cri de cœur: RETOUR AUX SOURCES!
« D’abord enracinement, en suite ouverture, en fin choix »
Merci à toutes et à tous!
"Ndiookoo ndial fa doole"
" Adna mbilki cir"

7.Posté par koroxé le 15/03/2012 23:34

il y'a quand même trop d'erreurs, d'approximation (c'est quoi le "serpent" de maissa waly ?), de préjugés ("sacrifices humains"), c'est quoi les "fetiches" (connaissait il Dieu ?), d'explications non rationnels ("arrivérent mystérieusement à Diouroup mbardiam"),etc.....

une partie de l'histoire est faite de légende , mais toute l'histoire n'est pas légende. il faut un vrai travail de documentation et de recherche , de l'analyse pour faire un vrai travail d'historien.

l'initiative est à saluer , mais la qualité scientifique laisse à désirer. c'est important de connaitre l'histoire , mais pas n'importe quoi qu'on fait passer pour de l'histoire.cela est dangereux.

8.Posté par communauté serere le 17/03/2012 15:53

rejoignez la communaité sérére sur facebook.
https://www.facebook.com/pages/Communaut%C3%A9-S%C3%A9r%C3%A9re/129622243714486

9.Posté par Mamadou NDIAYE "LYNX" le 21/03/2012 22:32

Ma question : es ce que MAISSA WALY DIONE est l ancetre des griots?

10.Posté par maissawaly le 18/04/2012 10:27

C'est la critique qui fait le progrès,cependant il n'y a pas de mal de raisonner objectivement, dans l'optique d'améliorer les recherches d'ordre scientifique qui est justement un travail de groupe et de réflexion commune, peu importe la couleur ou le sexe mais que la personne soit animée de vertu et du devoir de mémoire, face à l'identité culturelle en quête de reconstitution historique datant de plusieurs siècles. Car l'histoire est souvent jalonnée de légende et mythologie la Grèce et l'Égypte en sont des illustrations de par leurs passés médiévales. Donc à mon parent KOROXE je dis de ne pas trop fustiger cet aspect mystérieux de l'histoire de Maissa waly dont l'analyse n'est souvent pas pathétique pour ne pas dire scientifique au demeurant du fond et de la forme du récit et de son lointain passé. C'est à ce titre que je tiens à saluer l'auteur en lui adressant toutes mes félicitations de l'effort consenti à la hauteur de la revalorisation d'une culture d'un rois concepteur de progrès et de civilisation pour l'humanité toute entière. Merci et que les contributions continuent dans l'objectivité de faire de cette rubrique un espace de dialogue et de retrouvailles dans l'identité linguistique et culturelle.

11.Posté par Mouhamadou Lamine DIONE le 26/10/2012 23:57 (depuis mobile)

Je rends hommage à ceux et ou celles qui ont aidé à conserver et à transmettre ce récit à notre génération.

12.Posté par Mamadou john le 29/04/2015 01:03 (depuis mobile)

Je vois l''histoire très mythique
Il ne faut un vrai historiens digne de son nom

13.Posté par diagne moustapha le 17/03/2016 14:34

je suie tre connten de senegal demb

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