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Marie Madeleine Diallo, un amour sans comédie : «Avec mon mari, pour le meilleur et le pire»





Marie Madeleine Diallo, un amour sans comédie : «Avec mon mari, pour le meilleur et le pire»
«J’ai vécu sa maladie comme toute épouse normale dont le mari n’est pas une célébrité. Vous décidez de vous unir pour le meilleur et pour le pire et quels que soient les obstacles», confie Marie Madeleine Diallo. Toutefois, pour l’artiste-comédienne, l’inactivité de son mari est un dommage pour ce qu’il représentait. «Il faisait bénéficier au public dakarois, aux collectionneurs et tous ceux qui l’appréciaient d’expositions de haute facture, c’est dommage», ajoute-t-elle. Toujours dans ses confidences, l’ex-agent de la Rts révèle avoir écourté sa carrière en arrêtant à 55 ans pour s’occuper de son mari, alors qu’elle avait la possibilité de continuer jusqu’à 60 ans et d’être nommée directrice de la station régionale de Saint-Louis.

La maladie de son mari n’a pas manqué de bouleverser l’environnement familial. Marie Madeleine reconnaît en effet que le train de vie du couple a subi un sacré coup. «Le train de vie n’est plus le même, il vendait des tableaux à 1 ou 2 millions et il n’avait plus la possibilité de le faire. Quand quelqu’un n’est plus en activité, son train de vie en pâti», affirme-t-elle. Dans la même foulée Marie Madeleine dément formellement avoir été quitté par Jacob Yacouba pour une autre femme. Sur cette question, elle est catégorique. «Ce n’est pas vrai», répond-t-elle énergiquement, avant d’ajouter : «Il y a des gens qui disent même que nous avons divorcé, mais c’est faux ! En bon pulaar il ne voulait pas vivre sous le même toit que ma mère, c’est pourquoi il a préféré vivre à la Somone pendant que je m’occupais d’elle. Après son décès, il est revenu à Saint-Louis.» L’avenir du couple, Marie Madeleine l’envisage avec beaucoup d’espoir. Pour conclure, elle nous confie très optimiste : «Il a commencé à peindre à nouveau et bientôt vous le reverrez.»


Ibrahima Condé, ami du couple : «Pensant qu’il allait mourir, certains se sont jetés comme des charognards sur ses œuvres»

«Je connais le couple Yacouba autant qu’un être humain puisse en connaître un autre. Je peux prétendre les connaître parce que cela fait 43 ans que nous cheminons ensemble. Leur histoire est connue de tout Saint-Louis, depuis le début. Jacob était employé dans la famille de Madeleine, il était un excellent guitariste. Madeleine n’était pas là, elle était à Dakar. A son retour elle a trouvé Jacob et ce fut le coup de foudre, malgré l’opposition de tout le monde, la famille, les amis et même les rivaux. On a lutté contre tous les deux par tous les moyens mais ils sont restés ensemble. Ils se sont refugiés dans la privation matérielle certes, mais leur force était leur amour. Pendant cette période ils avaient des problèmes avec la famille et même avec toute la ville. Mais ils ont fini par se marier», raconte Ibrahima Condé, le plus fidèle ami de la famille Yacouba.

Assistant de Jacob Yacouba pendant plusieurs années M. Condé qualifie la carrière de ce dernier de carrière en dents de scie. Il soutient en effet qu’on ne peut pas parler d’heures de gloire s’agissant de Jacob Yacouba. «Je l’ai connu dans des moments difficiles, beaucoup plus difficiles qu’actuellement où il est tombé malade. Il y a eu des moments où tous les feux de l’actualité étaient braqués sur lui. Au début, il avait commencé par vendre des tableaux devant La Poste, c’est Madeleine même qui se chargeait de la vente des tableaux en général. Adepte de l’école de Dakar il avait fait quelques cartons pour les manufactures de Thiès. Ces œuvres ont finalement intéressé plusieurs chefs d’Etat dont Léopold Sédar Senghor et François Mitterrand qui ont demandé à avoir des exemplaires. C’était donc l’un des rares à qui on achetait les cartons très chers. Par la suite ils sont allés en France où Jacob a fréquenté les Beaux arts de Reims. Quand il est revenu, il a changé de technique, il a commencé à utiliser la technique du Sépia, différente de ce qu’on faisait à l’école de Dakar. A partir de ce moment ce fut la montée en puissance, il était devenu l’un des artistes-peintres les plus chers du Sénégal. Quand on partait en exposition, les gens achetaient tout et en redemandaient, on parvenait à vendre tout avant de rentrer à Saint-Louis. On avait alors commencé à le combattre d’abord dans le milieu de la peinture et même parmi ses propres amis. Les gens on raconté du n’importe quoi sur lui. Un jour nous étions en exposition lorsqu’on nous a amené un grand journal de la place dans les colonnes duquel on avait écrit que Jacob et Marie avaient divorcé. C’est nous-mêmes qui avions appelé Madeleine pour l’en informer. On a tenté de le démolir, mais il a fait face. Quand il était au plus fort de sa maladie, certains se sont jetés comme des charognards sur ses œuvres pour les acheter pensant qu’il allait mourir», confie Condé.

Par ailleurs sur un autre sujet, il se veut formel : le couple n’a jamais divorcé. Quant aux amis de Yacouba qui l’ont quitté, Ibrahima Condé s’est posé la question de savoir s’ils étaient vraiment ses amis. «Vous savez, Jacob étaient populiste et il donnait à gauche et à droite et les gens gravitaient autour de lui par intérêt, donc c’est normal qu’ils soient partis quand il n’était plus actif», révèle-t-il, non sans manquer d’avertir les plus sceptiques : «Jacob va mieux et reviendra bientôt sur la scène artistique.»

cndiongue@lequotidien.sn

PiccMi.Com

Samedi 15 Octobre 2011 - 13:45



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