NIVEAU INEDIT DE POLLUTION DE LA BAIE : La bombe de Hann





NIVEAU INEDIT DE POLLUTION DE LA BAIE : La bombe de Hann
«Baignade interdite!» La baie de Hann est infectée et contaminée. Dans cette plage, la pollution fécale évaluée à 100 000 UFC/100 ml (UHC-Unité format in colonie) est dix fois supérieure à la norme internationale qui est 2000 UFC/100 ml. Malgré cette contamination d'ordre microbien, des populations s'y baignent. Ce qui représente un risque majeur pour la santé des populations et l'écosystème.

«Les fortes concentrations mesurées en bactérie de contamination fécale rendent les eaux côtières impropres à la baignade, et moins propice aux habitats écologiques. La pollution bactériologique est un problème majeur dans la baie de Hann où l’ensemble des plages est contaminé par Escherischia Coli (E.Coli), qui est une bactérie fécale. Le taux de contamination dépasse au moins dix fois la valeur seuil de 2000 UFC E.Coli/100 ml, reconnue sur le plan international pour les eaux de baignade». C’est le résultat d’analyses effectuées en mer en 2010 par le ministère de l’Environnement de Mbao jusqu’à Hann et Bel-Air.

Selon Data Ba de la direction de l’Environnement qui présentait une synthèse de l’étude sur la courantologie du projet de dépollution de la baie de Hann à l’occasion du lancement des activités du comité de pilotage, «la baie de Hann est infectée et contaminée». En certains point, elle «a presque atteint 100 000 E.Coli/100 ml démontrant une fois encore l’urgence à agir pour préserver la santé des riverains».

Cette contamination est d’ordre microbien, rendant du coup la plage impropre et dangereuse et inapte pour la baignade en ce sens qu’elle «représente un risque majeur pour la santé des populations et l’écosystème. Malgré cela, les populations continuent à se baigner au niveau de cette baie» a-t-il regretté. Et le danger ne concerne pas uniquement les populations de Hann, mais toute la baie du port de Dakar à Petit Mbao.

Toutefois «il n’y a pas de métaux lourds dans les rejets. Résultat, la baie est en deçà de la norme» à ce niveau a-t-il noté. D’où l’intérêt du projet de dépollution de la baie qui prévoit la construction d’un réseau de 15 km, (le PAD aura son propre réseau) jusqu’à Petit Mbao où un émissaire enterré permettra de rejeter les eaux traitées à 3 km dans la mer. Il s’agit de rejet à traitement primaire jusqu’en 2015 qui sera amélioré en 2025. Il concerne 70% des effluents industriels.

En plus du réseau, le projet comprendra un intercepteur, une station dépuration. Un projet pareil est réalisé à Tanger au Maroc, mais ici l’émissaire est à 2 km de la plage. Seulement, a-t-il souligné, pour la baie de Hann, suivant l’étude des conditions météo-océaniques, un rejet à 2 km aura un impact sur le rivage du fait de son caractère confiné (en forme courbe) sans protection. Et le choix de Petit Mbao, site incontournable, s’explique par le fait que la baie est confinée.
Data Ba a indiqué que le traitement primaire vise l’amélioration écologique de l’eau dans sa globalité d’ici 2015. Le traitement secondaire va offrir des garanties de sécurité écologique de l’eau. C’est pourquoi l’étude d’impact environnemental et social prévu en août 2012 devrait confirmer la véracité de ces résultats de simulation (ou infirmer) et aboutir à la mise en place d’un plan de gestion environnement.

80% des industries au Sénégal sont concernées par la pollution de la baie de Hann. Au moins 78 industries dont les ICS, SOGAS (abattoir de Dakar), la Raffinerie de Mbao, etc. déversent directement leurs déchets dans la baie. Ce qui nécessite l’adhésion des industriels au projet. La convention de financement a été signée depuis 2008, mais on en est encore à la phase d’étude et calendrier d’exécution des travaux validé.


Sud Quotidien


PiccMi.Com - La Rédaction

Samedi 7 Janvier 2012 - 09:47




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