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PENURIE DE GAZ DANS LA BANLIEUE : Le charbon, seule alternative



Après le pain, c’est au gaz butane de jouer « la star » en se faisant rare, plongeant ainsi les ménages dans le désarroi. De Bène Baraque en passant par Yeumbeul jusqu’à Guédiawaye, le combustible reste introuvable. Les dépôts de gaz sont de fait fermés et les ménages dans la rue à la recherche du « feu » pour pouvoir cuisiner. Face à cette situation, le charbon et le bois restent la seule alternative.



PENURIE DE GAZ DANS LA BANLIEUE : Le charbon, seule alternative
A Bène Baraque, le constat est amer. Les bouteilles de gaz de 6kg et de 2,7 kg sont introuvables dans ce quartier populaire depuis plus de trois jours. Un boutiquier, installé au quartier Darou Salam 4, enfonce le clou : « Je n’ai pas eu de gaz depuis bien avant la Korité ». Paradoxe : les vendeurs comme les ménages ignorent totalement les causes de la pénurie qui les frappe de plein fouet. En face, on se retrouve dans une autre boutique où rien qu’à l’entrée, on sent les signes de la pénurie. Trois sacs de charbon y sont exposés dans une sorte de cage en fer. Un acheteur du nom de Oumar Baldé, trouvé sur place, confirme la pénurie. Il affirme avec dégoût que le gaz est en manque depuis presque trois jours et les ménages en souffrent énormément. Ces derniers, estime d’ailleurs M. Baldé, sont obligés de recourir au charbon qui a du mal à prendre feu en cette période d’hivernage.

Non loin de là, se trouve un dépôt de gaz, habituellement très animé par les transactions des charretiers. La grande porte, hermétiquement fermée, témoigne à elle seule de la vacance des activités usuelles. A l’entrée de la petite porte, pointe un jeune gardien, bouquinant nonchalamment, qui nous confie que les responsables du dépôt ne sont pas venus travailler à cause de la pénurie.

Aliou Ndiaye, commerçant au quartier Ainoumady confirme cet état de fait : « Je n’ai pas vu de gaz depuis bientôt six jours ». Et d’ajouter : « Je ne sais pas ce qui est à l’origine de ce problème. Ce sont les charretiers qui me livrent. En cas de pénurie, ils m’en informent ». Sa femme, installée à coté de lui en train de vendre des tissus et des ustensiles de cuisine, certifie la pénurie. Madame Ndiaye soutient que les femmes sont contraintes d’acheter du charbon ou du bois pour les grandes familles. La dame de bleu vêtue constate par ailleurs que le poids du gaz a considérablement diminué. Et d’ajouter qu’avec la bouteille de 6 kg, on parvient difficilement à cuisiner pendant une semaine, ce qui n’est pas une situation de tout repos pour les « goorgorlou ».

A quelques enjambées, se trouve un autre dépôt. Cet entrepôt est lui aussi fermé, la pénurie étant passée par là. Devant le portail, se retrouve garé un camion gros porteur. Tout à fait à coté, une jeune fille, assise sur une bouteille de gaz vide, attend de manière désespérée l’arrivée du combustible tant prisé.

A Yeumbeul, dans un « car rapide » en partance de Guédiawaye, une dame portant un petit garçon sur le dos monte avec une bouteille de gaz vide. Très vite, un débat se crée autour de la pénurie, à l’intérieur du véhicule. « Ça fait trois jours que je suis à la recherche de gaz », entonne une femme. Et une autre de renchérir, tout en proposant l’utilisation du « fourneau jambar » qui, selon elle, est très économique, si on en comprend les secrets. A Guédiawaye, précisément à Daroukhane et les autres localités, le constat est le même. La pénurie se confirme de plus en plus. Dans les rues et ruelles, des jeunes femmes de tout âge, une bouteille de gaz vide à la main, déambulent fébrilement, à la recherche du « feu ». A l’entrée des boutiques et magasins, des flacons de gaz vides peuplent le décor.

En face de l’école 24, toujours à Daroukhane, se trouve un dépôt, cette fois-ci ouvert mais pas fonctionnel.

A l’entrée, est assis un homme de teint noir, fonctionnaire à retraite, capitalisant une dizaine d’années dans le secteur de la commercialisation du gaz. Mbaye Kane, gérant du dépôt, livre son expérience dans le milieu des hydrocarbures en toute humilité. M. Kane soutient à cet effet qu’il y a presque dix jours qu’il n’a pas eu d’approvisionnement en gaz. « C’est Touba gaz qui nous ravitaillait en gaz et on n’a pas de contact direct avec le distributeur. Ce dernier nous informe quand le produit est disponible », martèle t-il.

Et M. Kane de prendre la Société africaine de raffinage (Sar) pour responsable de la pénurie car, selon lui, c’est la Sar qui fait la commande des bateaux. Et d’ajouter : « Les distributeurs ne sont pour rien dans cette pénurie ». Conséquence de cette situation : le manque à gagner est estimé, par le gérant du dépôt, à quelque 1.000.000 F Cfa les dix jours.

Revenant sur les spéculations sur le prix du gaz, le vieux Kane ne se garde point de jeter l’anathème sur les boutiquiers, en les traitant de « truands » qui augmentent les prix de manière illégale. « Les contrôleurs économiques sont en train de les traquer en les faisant payer des amendes », poursuit-il. Les prix légaux sont, selon Mbaye Kane, de 2990f pour la bouteille de 6kg et 1350f pour celle de 2,7 kg.

Kadja Niang, vendeuse de thé, déclare pour sa part que : « la pénurie est très difficile pour nous, car on ne peut pas acheter chaque jour 4 kg de charbon, en raison de 100 FCfa le kilo. Et de poursuivre : « Cela nous fait perdre nos clients, car l’activité est au ralenti et les clients sont pressés ».

A quelques mètres de là, on pénètre dans une gargote à l’ambiance sourde. A l’intérieur, une jeune dame du nom de Diouma Diagne s’active pour satisfaire ses clients. Interpellée, elle soutient avoir constaté la pénurie depuis vendredi dernier. Dans la même lancée, la vendeuse défend que le gaz est meilleur que les autres produits de combustion, quel qu’en soit le prix. Et la dame de conclure, avec défiance, que le charbon détruit leurs matériels alors que le bois donne une mauvaise odeur.



Source : Sudonline.sn

Mardi 28 Septembre 2010 - 11:50



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