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PIERRE MANSOUR GOMIS SUCCOMBE ALORS QU'IL PASSAIT LE BAC : «Dieu est grand, mais il a emporté mon Pierre»



Un candidat au Baccalauréat a rendu l'âme, hier en pleine épreuve de Français, au centre d'examen du lycée des Parcelles Assainies. Pierre Mansour Gomis a succombé quelques minutes après avoir été pris de malaise. Il est passé de vie à trépas, laissant derrière lui une mère effondrée, un père sans voix et une famille éplorée.



PIERRE MANSOUR GOMIS SUCCOMBE ALORS QU'IL PASSAIT LE BAC : «Dieu est grand, mais il a emporté mon Pierre»
Il était venu pour passer le Bac. Il est parti sur une civière des sapeurs ¬pompiers. Pierre Mansour Gomis ne reverra plus sa mère qu'il a quittée très tôt pour tenter de décrocher son Baccalauréat au centre d'examen du Lycée des Parcelles Assainies de Dakar (Lpa). Il n'aura pas non plus la joie de suppléer son père dans la gestion gratifiante, mais ô combien difficile de la maison. L'épreuve de Français, il n'aura pas le temps de la finir. Et ne saura pas qui de ses camarades du jury 485 décrochera haut la main son parchemin ou sera ajourné. Sa vie s'est arrêtée hier. Il a mené son ultime combat sous terre, surpris fatalement par un subit malaise.

Une mort subite

De sa table de la salle 10, Pierre Mansour Gomis s'est brusquement levé pour sortir en catastrophe. Devant l'œil médusé de ses autres camarades. Le surveillant, intrigué par son comportement, le rattrape et lui intime l'ordre de rejoindre sa place. Pierre Mansour Gomis, un jeune très bien éduqué, s'exécute. Il ne veut pas froisser le surveillant qui ne comprend pas qu'il est en train de vivre ses derniers moments. Mais lorsqu'il rejoint sa table, c'est pour en ressortir automatiquement, tenaillé par de terribles douleurs au ventre. Poli jusqu'à son dernier souffle, il s'approche du président du jury, les traits tirés, et lui explique son état. L'enseignant pense que le candidat a juste faim. Il demande qu'on lui serve à manger et à boire. Chose faite. Mais ce repas, au lieu de le soulager, accentue sa douleur. Pierre se tord de douleur et dégueule. Il est automatiquement acheminé à l'infirmerie du centre d'examen où il reçoit les premiers soins. L'on espérait qu'il allait pouvoir rejoindre, dans quelques minutes ses camarades, pour continuer les épreuves. Mais Dieu en avait décidé autrement. Après quelques minutes passées dans l'infirmerie, Pierre laisse échapper un dernier soupir et rejoint le ciel. L'infirmier dépassé court avertir les responsables du centre d'examen. Emoi et consternation. La police est avisée. Les sapeurs-pompiers requis. La nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Les élèves, mis au courant, abandonnent leurs copies et déclenchent un concert de cris. L'heure n'est plus à la concentration. L'épreuve de Français peut attendre. Place à la tristesse. Le centre d'examen est endeuillé. Des pleurs par-ci, des gémissements par-là. Les responsables du centre essaient de contenir la foule déchaînée. Au même moment, on s'affaire à avertir les parents. Quelques minutes plus tard, la police de Guédiawaye arrive et procède au constat. Les sapeurs-pom¬piers enlèvent le corps et l'acheminent à l'hôpital Aristide Le Dantec pour les besoins d'une autopsie.

Consternation et détresse au centre d'examen

14 heures. Les épreuves vont devoir reprendre. Mais, le chef du centre, visiblement affecté, sort de son bureau situé juste à gauche de l'entrée principale. Il est suivi des présidents de jury. Une pile de copies à la main, ils discutent à voix basse, sous l'œil vigilant des 3 policiers assis tranquillement près de la porte. Le chef du centre est tellement affecté qu'il perd de sa superbe. «Je ne peux pas répondre à vos questions, car les candidats sont déjà sous le choc et doivent composer à l'instant. Il ne faut pas en rajouter. Je demande à la presse de quitter les lieux», lance-t-il sentencieux. Il ignore peut-être que c'est la grande faucheuse qui a gâché la concentration des potaches. Certains sont debout sur le balcon, attristés par la nouvelle, les yeux écarquillés. La mort de leur camarade semble hanter leur esprit. Ils sont visiblement abattus. «J'ai très peur depuis que Pierre est parti. Cela nous a tous surpris. Nous étions dans la même salle. Il composait comme tout le monde et soudainement il a eu un malaise», explique un élève avant de regagner sa salle d'examen. D'autres qui ne veulent pas se déconcentrer tournent les talons. «Notre bête noire nous attend, (les Mathématiques) nous ferons mieux de regagner nos salles», avance une autre candidate qui, même si elle essaie de jouer à la forte, est visiblement très affectée par la disparition de Pierre.

«Dieu est grand, mais mon Pierre est parti»

Au Hlm Las Palmas, sis à Guédiawaye, où il habite, les cris de douleur accueillent les visiteurs. Assis à l'ombre d'une terrasse, des jeunes discutent. L'un d'eux nous indique la maison mortuaire. Une modeste demeure, aux murs fendillés, est envahie par les parents, voisins et amis du défunt. Des jeunes filles sont assises, pour la plupart, en file indienne devant l'entrée de la maison sur une partie du bâtiment qui ne tient presque plus. Voiles à la main, elles se recouvrent le visage pour essuyer leurs larmes. Des femmes d'un âge plus avancé essaient tant bien que mal de calmer les esprits en invoquant le Bon Dieu. «Le mal est déjà fait. C'est la volonté divine. Nous ne. pouvons rien y changer. Prions pour lui. Dieu est grand», lance une dame. Ses sages mots sont fendillés par un cri assourdissant venu de l'intérieur de la maison. «Yallah bakhna, wayé sama pierre dem na (Ndir : Dieu est grand, mais mon Pierre est parti)», se lamente une dame très mal-en-point, le visage dégoulinant de sueur, les yeux bouffis, les traits chahutés par de grosses larmes. Elle sort de la maison, les deux bras sur la tête. Habillée d'une robe en Wax, à l'effigie de la vierge Marie, elle hurle de toutes ses forces : «Wouy sama pierre dem na» (mon Pierre est parti). «C'est sa mère», nous souffle un petit garçon, cousin de Pierre. Une dame s'avance vers elle, la soulève et la supplie de regagner la maison. Pendant ce temps, les autres membres de la famille, assis à même le sol ou sur des briques, souffrent en silence. Visages tristes, des gestes de la main par-ci, des regards furtifs par-là, les membres de la famille attendent une partie de la famille partie récupérer le corps à l'hôpital. Ne pouvant plus contenir son chagrin, une jeune fille tombe en transe. Du haut d'un mur où elle était assise, elle tombe et s'affale par terre. Des femmes accourent et débitent des ordres : «Soulevez là et mettez-là sur le côté. Elle aura moins mal», crie une dame. «Jeanne, il faut que tu sois forte. Pierre est parti, nous n'y pouvons rien», lui lance une autre.
Pierre est bien parti. A la fleur de l'âge. Son Baccalauréat, il le passera dans l'au-delà. Ainsi s'achève la vie de Pierre Mansour Gomis. Prématurément...

« Il était sérieux et travailleur»

Elève en TL2 F au groupe scolaire Gaston Berger de Guédiawaye, présenté par ses proches comme un garçon sérieux et travailleur, Pierre Mansour Gomis, âgé de 24 ans (il est né le 16 avril 1987 à Ziguinchor), était à sa deuxième tentative pour décrocher le Baccalauréat. «Il était assidu et très discipliné», confie son directeur d'école, par ailleurs son professeur de Mathématique, Pape Dame Seck. «Je l’ai pratiqué pendant deux ans pour avoir été son professeur. Il est très ouvert et vivait en bonne intelligence avec ses camarades de classe. Il n'a' jamais montré des signes réfractaires devant les ordres de ses professeurs. Il avait le commerce facile et avait de la volonté pour réussir», ajoute-t-il. Il déplore la lenteur de l'intervention médicale. «Pierre pouvait survivre s'il avait été secouru à temps», insiste-t-il. Selon lui, Pierre ne souffrait de rien, mais comme il n'y avait pas de médecin qualifié dans l'établissement et que les sapeurs-pompiers ont mis du temps pour arriver sur les lieux, il a succombé à l'intérieur même de l'infirmerie. «pierre pouvait encore être parmi nous et continuer son examen», répète-t-il. Mais c'est oublier qu'il ne pouvait pas décliner l'invitation de Dieu.

SOURCE : L’OBS Codou BADIANE
Via Xibar.net

PiccMi.Com

Jeudi 7 Juillet 2011 - 08:41



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1.Posté par Toussaint BATICA FERREIRA le 07/07/2011 13:09

YALLAH baax na wayé souñou Pierre dem naa! waay sama waay, sama raak!!! thiey BOROM BI li loumou done? thiey BAAY BOROM KATANE li loumou?
xol fess naa wayé YALLAH woté naa, Pierre tontou na! YALLAH na YALLAH na nangu ñaan, yeurum ko te xaaré ko al djana!!! Repose en paix mon ami mon frère!!! que de bons souvenirs!

2.Posté par ndeye anta le 10/07/2011 11:12

R.I.P pierre!!!!!!!

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