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POLLUTION DE L’ESPACE PUBLIC PAR DES AFFICHAGES ANARCHIQUES : Hommes politiques, syndicalistes et artistes ces véritables contre-modèles



L’affichage anarchique sur les murs, les arrêts des bus, les poteaux électriques, encombre de plus de plus les rues de la capitale sénégalaise. Un acte d’incivisme et d’indiscipline qui est généralement le fait des politiques, des syndicalistes et des artistes, censés être des modèles dans la société.



POLLUTION DE L’ESPACE PUBLIC PAR DES AFFICHAGES ANARCHIQUES : Hommes politiques, syndicalistes et artistes ces véritables contre-modèles
La capitale sénégalaise offre un visage hideux. Aux ordures ménagères, des déchets, poubelles qui traînent partout et qui polluent l’atmosphère, s’ajoutent l’incivisme et l’indiscipline des hommes politiques, des syndicalistes, des artistes. Ces derniers, censés donner le bon exemple, se comportent comme de véritables contre-modèles pour les enfants. Ils polluent le cadre de vie avec leurs affichages anarchiques qu’ils mettent partout, dans un désordre inqualifiable.
Au lieu d’utiliser les panneaux d’affichage qui sont quasiment dans tous les coins et recoins Dakar, ces derniers ont recours à la voie la plus facile et la plus illégale. Les murs des insti- tutions, des écoles, des maisons, les poteaux électriques, les arrêts des bus, entre autres, sont devenus les espaces où ces politiques, syndicalistes et artistes, mettent des affiches pour véhiculer des messages ou pour faire de la propagande.
En effet, avec l’approche des élections de 2012, on voit partout dans la capitale des affiches sur lesquelles figurent les photos des candidats à cette présidentielle. C’est le cas d’Ibrahima Fall du mouvement Taxaw Temm, Macky Sall, Bruno d’Ervenille, Oumar Khassimou Dia, Amsatou Sow Sidibé, Moustapha Niass, Idrissa Seck, Tanor Dieng, etc. Et pour toucher plus de cibles, ces derniers ont choisi les établissements scolaires et les universités pour faire leur campagne de communication. Ainsi, à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, au lycée Maurice de Lafosse ou encore au lycée Seydou Nourou Fall pour ne citer que ceux-là, les photos de ces candidats règnent en maître.
Les syndicalistes figurent également en bonne place parmi ces grands pollueurs du cadre de vie propre. Ils salissent les murs de la capitale pour faire passer leurs messages. S’agissant des artistes, les rappeurs en général, eux aussi salissent ces lieux pour annoncer leurs concerts et manifestations. Et c’est ainsi que Dakar, la capitale du Sénégal est étouf- fée et surchargée de déchets. Une attitude qui est aux antipodes des discours qu’ils véhiculent dans leurs albums.

SERIGNE LEYE THIOUNE, DIRECTEUR DE L’AMENAGEMENT URBAIN : «Les autorités doivent aménager des zones spécifiquement réservées à ces affichages»
Serigne Lèye Thioune, le Directeur de l’aménagement urbain (Dau) est revenu sur le phénomène des affichages anarchiques. Le qualifiant de «fléau qui (les) perturbe en tant que gestion- naire de la ville», il indique qu’il «pose problème surtout au niveau du milieu urbain». Avouant la difficulté de leur travail, il soutient : «nous avions entamé, il y a de cela deux mois, une cam- pagne d’enlèvement des affichages sauvages et des graffitis. Mais, dès qu’on les enlève, le phénomène revient».
C’est pourquoi il fait état d’une campagne de sensibilisation en direction des principaux afficheurs, des partis politiques, des annonceurs et du public en général. Egalement, M. Thioune annonce la mise en place d’un système de surveillance avec la mise à contribution des riverains.
Au-delà de ces mesures, le directeur de l’aménagement urbain préconise des sanctions. «Il faut aussi appliquer la loi, parce qu’il y a une réglementation par rapport à cette situation. Si on voit le Code des contreventions, il y a des sanctions qui sont prévues pour la dégradation du bien appartenant à autrui. Et les autorités doivent également aménager des zones spécifiquement réservées à ces affichages, au profit des candidats».
Aussi M. Thioune de dire : «à chaque fois que de besoin, à travers une note de service, rappeler aux maires leurs obligations à ce propos et des lieux leur seront indiqués pour implanter des panneaux d’affichages».

REACTIONS
RECONNAISSANT LEUR INCIVISME

Des politiques et syndicalistes demandent à l’Etat de sanctionner
Les hommes politiques et les syndicalistes bien qu’étant généralement les auteurs des affichages anarchiques sur les murs de la
capitale reconnaissent cet acte d’incivisme et demandent aux autorités de procéder aux sanctions pour un meilleur respect de l’environnement.
Interpellé, Moussa Taye reconnaît que les politiciens et les rappeurs sont les plus grands pollueurs. «On a constaté au niveau de la ville de Dakar que les plus grands pollueurs sont les politi- ciens et les rappeurs. Et je trouve que ce n’est pas normal», dénonce-t-il. Il explique que «ce n’est pas bien parce que si on véhicule des messages politiques, on peut utiliser les canaux offi- ciels à travers la publicité par exemple faire des spots publicitaires et faire passer des messages». Et pour cela, Moussa Taye de dire : «Si on veut revenir aux principes de l’orthodoxie, il doit y avoir un pacte. Les hommes politiques doivent s’engager à ne plus salir les espaces publics. Il faut aussi procéder à l’assainissement des mœurs politiques» avant d’ajouter : « Et l’Etat par rap- port à cela, devrait appliquer la législation. Je pense qu’il y a une législation appropriée pour ça».
Dans la même veine, Adama Faye, le Secrétaire général chargé de l’administration de la Cnt/fc de marteler : «Je suis déjà convaincu et c’est tout à fait anormal de coller des affiches dans des endroits inappropriés. Personnellement, je me suis toujours refusé d’employer des bombes c’est-à-dire de faire des inscriptions à partir des bombes de peintures. Parce que ce sont des choses qu’on enlève difficilement et ça ne colle pas avec le respect de l’environnement». Aussi, «je pense que s’il y avait des sanctions les gens seraient obligés de respecter la loi. Mais, on ne dit rien et tout le monde se plaint et il n’y a pas de sanction et vous savez ici s’il n’y a pas de sanction, on fait n’importe quoi et n’importe comment» peste Adama Faye.

SIMON DE BISBI CLAN
«Les autorités doivent rendre visibles et accessibles ces panneaux pour que l’on n’affiche plus n’importe où»
Si certains politiciens et syndicalistes reconnaissaient leur manque de civisme et demandent à l’Etat de sanctionner, les artistes plus particulièrement les rappeurs prônent l’accessibilité de ces panneaux qui coûtent très cher. «Généralement les panneaux d’affichages ne sont pas à la portée de main des rappeurs. Et l’on n’image même pas payer cela parce que c’est trop cher et nous n’avons pas les moyens» déclare Simon de Bisbi clan et membre du mouvement Y’en à marre. « Déjà, on devrait avoir des subventions par rapport à nos affiches, mais on a aucune aide venant de l’Etat ni des mairies ni des ministères de la jeunesse, de la culture ou de l’action sociale. On galère déjà pour faire ces affiches et si on doit encore payer des millions pour cela, je crois que ça devient autre chose » fulmine-il avant d’indiquer : «Je crois que les mairies et l’Etat doivent trouver des solutions pour que ces affiches soient accessibles». Soulignant que «des hommes politiques comme Idrissa Seck, Macky, Abdoulaye Wade ne font pas des affiches n’importe où parce qu’ils ont les moyens. Ils prennent des panneaux géants pour faire leurs affiches. Ils ne sont pas comme les rappeurs qui n’ont pas ces moyens là», Simon de lancer : «on est obligé de faire comme tout le monde. Faire des affiches sur les murs». Et pour cela, «l’Etat et la mairie doivent avoir un esprit citoyen et penser à cet aspect-là. Ils doivent rendre plus visible et accessible et qu’ils facilitent les subventions» conclut le rappeur.
Marianne NDIAYE


Mercredi 28 Décembre 2011 - 17:30



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