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Pouponnière de Mbour : Redonner aux enfants ce que la vie leur arrache





Pouponnière de Mbour : Redonner aux enfants ce que la vie leur arrache
La vie est ingrate, mais certains parents font preuve d’irresponsabilité incroyable. Autrement, comment comprendre que des mères s’éloignent de leurs progénitures à la naissance sans espoir de les retrouver un jour. Plus de 200 bébés désirent grandir à l’ombre de leurs procréateurs, mais n’en ont pas la chance.

Dans la grande salle néonatale de la pouponnière de Mbour, à la lisière de la ville sur la route de Joal, le petit Modou Mbaye, vieux de trois semaines, soigneusement couvert d’un drap de couleur blanche est plongé dans les bras de Morphée. Le môme fait partie des enfants qui ont perdu leurs mères en venant au monde et représentent 80 % de l’effectif de ce centre pour enfant. Ce que la vie naturelle leur a arraché, la pouponnière cherche à le leur remettre : l’amour maternel. ‘La pouponnière de Mbour est le volet social du projet de l’Ong Vivre ensemble. A sa création en 2002, elle était minuscule avec seulement 15 enfants. Mais l’ingratitude de la vie et l’irresponsabilité des parents sont telles que la pouponnière a un effectif actuel de 226 bébés et adolescents’, résume le coordonnateur de l’Ong Oumar Gaye.

Outre les orphelins de mère, la plupart des pensionnaires sont des enfants de mères incarcérées, handicapées mentales ou physiques issues de milieux défavorisés, informe Gaye. A l’en croire, l’acceptation des enfants dans ce centre pour enfant répond à une procédure judiciaire tenue de rigueur. ‘Chaque enfant au centre a un dossier social signé par, soit le juge du département, soit celui de la région d’origine de l’enfant. Ce, à travers les Actions éducatives en milieu ouvert (Aemo) qui représentent la justice dans n’importe quelle localité. Nous avons des enfants qui nous viennent de Kolda, de Dakar, de Matam, et même de pays de la sous-région comme la Mauritanie, la Gambie et le Mali’, renseigne Gaye. Qui ajoute que le séjour d’un an est totalement gratuit.

L’essentiel, selon lui, étant que les parents qui placent les enfants viennent leur rendre visite. ‘Quand on dit un an, c’est parce que nous encourageons la réinsertion familiale pour certains enfants qui le désirent et qui ont cette possibilité. Depuis le début du projet, on a recensé plus de 700 enfants qui sont repartis en famille’, se réjouit le coordonnateur de l’Ong Vivre Ensemble, Oumar Gaye. Actuellement, près de 200 bébés sont dans cette situation de recherche de parents sans espoir de les retrouver un jour. ‘Des fois, les parents disent qu’ils ne peuvent pas venir chercher l’enfant par manque de moyens.

Quelques fois, tu téléphones, tu reçois une boîte vocale, tu n’arrives plus à localiser les parents de cet enfant’, se désole Gaye. Ces enfants ont, certes, perdu de vue leurs parents, pourtant ils ont droit à la vie, à la santé, à l’éducation, aux loisirs etc. Forts de cela, ils sont répartis dans divers bâtiments tout aussi neufs que spacieux que sont la néonatale accueillant les enfants de zéro à six mois, la petite section dont les pensionnaires sont d’âge compris entre six et douze mois et la moyenne section qui encadre les enfants de plus d’un an ainsi que la grande section pour adolescents. En plus, la pouponnière abrite une infirmerie et deux salles de classe pour la grande enfance. L’une pour les enfants qui tardent à revoir leurs parents, et l’autre pour les enfants ayant fui les daaras, les enfants de rue placés par la justice ou par la police dans ce centre.

Le lait maternisé, casse-tête des bébés

C’est presqu’une certitude pour le coordonnateur de l’Ong Vivre Ensemble. Oumar Gaye affirme qu’un nourrisson sans mère ne peut vivre que grâce au lait maternisé que la pouponnière reçoit. Mais, par les temps qui courent, cette denrée se fait rare dans ce centre pour enfants dont les pensionnaires en ont pourtant tant besoin. ‘Les difficultés liées à la disponibilité du lait maternisé sont permanentes. On n’a pas une dotation pérenne en lait maternisé. Or, il le faut. C’est le point focal de tout ce que nous demandons’, dit-il. Tout espoir n’étant jamais perdu, certaines personnes n’hésitent pas à apporter leur soutien à la pouponnière, indique M. Gaye. ‘Il y a une personne souhaitant garder l’anonymat résidant à Dakar qui vient régulièrement au secours des nouveau-nés en dotant le Centre d’un million de francs en lait chaque mois en guise de contribution pour le bien-être des enfants’, révèle M. Gaye.

Nostalgie d’un geste charitable de l’Etat

Face à ce besoin pressant de la pouponnière de Mbour, l’Etat aura certainement la baraka divine en apportant assistance à ces structures pour enfants déshérités. Seulement, informe-t-on, depuis 2003 que le ministère de la Petite enfance a offert une voiture de ramassage des enfants en brousse et des produits alimentaires, le Centre est resté nostalgique de ces gestes philanthropiques. Depuis, des démarches sont effectuées au niveaux des ministères, sans résultat. ‘J’en profite pour lancer un appel en direction du ministère chargé de la Petite enfance pour demander un soutien permanent de cette pouponnière. J’en appelle à la bienveillance des Sénégalais à l’endroit de cette pouponnière sociale’, lance Gaye. Le coordonnateur de l’Ong Vivre Ensemble se rappelle de l’assistance d’un ministre de l’Etat - dont il préfère taire le nom - qui leur a offert du lait et beaucoup de produits nécessaires en quantité pour les pensionnaires.

Abdoulaye SIDY
WALF

PiccMi.Com

Mardi 25 Octobre 2011 - 07:31



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