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Pourquoi les jeunes mariées ne veulent plus vivre avec leur belle-famille



On assiste de plus en plus à des couples qui vivent loin de la famille au sens large du terme. Souvent, c’est la conjointe qui refuse de vivre sous le même toit que la belle-famille. Les relations parfois tendues entre belle-mère et belle-fille poussent les jeunes couples à vivre dans des appartements. Au grand dam de la belle-mère qui accuse la belle-fille de lui voler son fils.



Pourquoi les jeunes mariées ne veulent plus vivre avec leur belle-famille
« Boy sey, do sey ak sa dieukeur kessé » (la femme mariée ne doit pas s’occuper de son mari seulement), a-t-on l’habitude d’entendre de la part des anciennes personnes remplies de sagesse. Ce constat est partagé par la dame Amy Diop, femme au foyer habitant Ben Tally avec son mari. Cette dame d’une trentaine d’années trouvée dans sa véranda, en train de balayer soigneusement, nous confie que : « l’idéal est de rejoindre la maison de son mari après la célébration du mariage. Certaines filles, surtout celles de la nouvelle génération, n’acceptent pas de vivre avec leur belle-famille ; cela n’est pas une bonne chose à mon avis. Parce qu’il faut comprendre que c’est le souhait de tout mari de voir sa femme auprès de sa mère ». Cette femme au foyer, mariée depuis une demi-douzaine d’années, reconnaît cependant qu’il y a des relations souvent houleuses avec la belle-famille, qui peuvent pousser certaines jeunes filles à vouloir se sauver de la maison familiale du mari. « Dès fois aussi, les belles-mères ne facilitent pas l’intégration de leur belle-fille dans la demeure et créent sans cesse des ennuis à l’épouse de leur fils. Ces belles-mères ne considèrent pas les belles-filles comme leurs propres enfants, voilà ce qui cause la difficile coexistence et peut pousser les filles à obliger leur mari de trouver un appartement pour elle ». Amy, qui ne vit pas avec la famille de son mari, explique cela par le fait que ce dernier, ressortissant de la région de Kaolack, vit à Dakar pour les besoins du travail. « Ma belle-famille est à Kaolack, c’est pourquoi on n’est pas ensemble. Mais Dieu merci, il n’y a aucun problème entre elle et moi. Au contraire, tout se passe à merveille, surtout avec ma belle-mère que je considère comme ma propre mère », explique Amy.

« Je ne me marie pas avec ma belle-famille »

Autre génération, autre point de vue. Penda, jeune fille d’à peine vingt ans, le teint clair, habillée d’un pantalon et d’un haut noirs, rencontrée près du garage Guédiawaye de Ouagou Niayes, lance avec défiance : « si je me marie, ce ne sera pas avec ma belle-famille mais avec mon mari. Ce que je voudrais, c’est vivre avec mon mari, un point c’est tout ». Elle se permet même de plaider en faveur des femmes qui ont choisi de ne pas vivre sous le même toit que leur belle-famille. « Je comprends ces femmes. Dès fois, les belles-mères sont jalouses de leur belle-fille et les beaux-frères et belles-sœurs ne sont pas en reste dans l’enfer que subissent les femmes au foyer ». Penda tempère un peu sa position : « personnellement, en tant que jeune célibataire, je peux accepter, juste après le mariage, de vivre avec ma belle-famille. Mais, dès que cette dernière me cause des difficultés, je demanderai à mon mari de trouver un appartement s’il veut que je reste avec lui », fulmine la jeune élève. Non loin de là, deux jeunes filles taillent bavette devant un atelier tailleur du même quartier. L’une d’elles, Astou Ndiaye, vingt-quatre ans, nous apprend qu’il ne lui reste qu’à trouver une date de mariage pour officialiser son idylle avec son petit copain. Interpellée sur la question, elle soutient : « bien sur que tout mon rêve, c’est de pouvoir habiter avec ma belle-famille. Je ne pense pas une fois séparer mon futur mari de ses parents. Parce que depuis qu’on est ensemble, il y a de bonnes relations entre moi et sa mère, je ne vois pas pourquoi il y aura problèmes après. C’est vrai que dans toute habitation, il y a des difficultés, mais l’essentiel est d’être stoïque car, même chez soi, on a des difficultés de temps à autres ».

Astou, habillée d’un pantalon tissu noir et d’un boubou indien ajoute que le problème, c’est que les jeunes filles d’aujourd’hui ne sont pas modestes et veulent considérer leurs belles-mères comme leurs égales. La jeune fille avec laquelle elle discutait avant notre arrivée, abonde dans le même sens.

Madeleine Ndiaye célibataire, habillée d’un Basin rose, estime à son tour que : « c’est vraiment de la méchanceté de se marier et de séparer son mari de sa famille en l’obligeant à vivre en dehors du domicile familial. Les filles qui font cela doivent penser à ce que cela fait si leur frère était victime du même sort. Pour que tout aille bien, toute femme mariée doit considérer son foyer d’accueil comme son propre foyer. Si on aime vraiment son mari, on doit aimer tous ses proches. Ces mariages dits d’appartement ont toujours une mauvaise fin », avertit-elle.

La rage de perdre son fils dès son mariage

Marie Ndiaye, une dame d’une cinquantaine d’années installée devant le portail de sa maison, nous confie à ce sujet : « c’est un phénomène qui existe bel et bien et constitue la peur bleue de toutes les femmes âgées, parce que c’est si enrageant d’éduquer son fils pendant des années et de le perdre dès son mariage. Ma propre sœur est victime de cela. Sa belle-fille l’a séparée de son fils et même pour recevoir de l’argent de ce dernier c’est un casse-tête pour elle. Il faut que les filles comprennent que l’amour d’une mère envers son fils est si fort que les mamans sont prêtes à adopter dès fois n’importe quelle belle-fille qui les respecte ».

Saly Goudiaby, une autre femme du troisième âge, lui emboîte le pas. Cette dame explique la réussite de son mariage par le respect du terme « mougne » (stoïcisme). A son avis, la persévérance au sein du ménage manque aux jeunes filles de cette nouvelle génération. Ainsi, elles veulent vivre dans un cadre restreint avec leur mari. Elle reconnaît aussi que certaines belles-mères ne facilitent pas la vie à leur belle-fille, surtout quand elles n’étaient pas consentantes au début de l’union.

Oumar KANDE (stagiaire)

Source : Le Soleil

Mercredi 29 Septembre 2010 - 12:01



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