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RECASEMENT DES VENDEURS DE SANDAGA DEPUIS 11 MOIS : «CHAMP DES COURSES», UN MARCHE SANS CLIENTS





RECASEMENT DES VENDEURS DE SANDAGA DEPUIS 11 MOIS : «CHAMP DES COURSES», UN MARCHE SANS CLIENTS
Les vendeurs déplacés de Sandaga vivent le calvaire au nouveau site des champs des courses où ils sont recasés depuis avril 2014. Pour cause, ils ne parviennent même pas à écouler leurs marchandises pour défaut de fréquentation du marché par les clients qui ne le connaissent pas ou rechignent à s’y rendre. C’est le cri du cœur que certains d’entre eux ont lancé hier à l’occasion de notre visite sur place.

Il est 16 h au Champ des courses, à quelques encablures de l’autoroute, où les commerçants du marché Sandaga, de Centenaire et de Sandiniéry sont recasés. Le calme qui y règne est plus que sinistre. Ce sont des étales vides que nous avons retrouvé au marché des poissons, avec quelques vendeurs qui attendent la providence avant l’heure de la descente. Les mouches, qui naturellement, meublent le décor d’un marché de cette nature n’ont pas de la matière. Elles bourdonnent dans le vide et se contentent de l’odeur ambiante, faute de poissons à leur portée. Ici et là, des vendeurs adossés aux étables attendent tranquillement leur chance.

«Moins fréquenté que le cimetière de Touba»

C’est le cas de Djib Diouf, délégué des vendeurs de poissons, qui voit la triste situation de ce marché en ces termes : «Le cimetière de Touba est plus fréquenté que ce marché parce qu’il y a des gens ici, qui, du matin au soir, ne vendent rien, et n’ont même pas quoi payer leurs dépenses. Depuis ce matin, je n’ai vendu que 350 FCFA. C’est ce que je vis ici. Je n’ai pas vendu les trois jours passés. Regarde le marché, il n’y a personne».

Selon lui, l’emplacement du marché et son accessibilité sont la source de tous leurs problèmes. «On nous a logés dans une impasse. Ce n’est pas un bon lieu de recasement. Personne ne connait ce marché. Il n’y a pas de maisons, personne n’habite ici. Il n’y a rien. L’emplacement du marché est loin du centre-ville par conséquent les gens ne voudront pas payer 2000 FCFA en taxis pour venir et partir d’ici. Rien ne marche », gronde-t-il.

Ousmane Dème est dans la même situation. Vendeur de poissons venant tous les jours de Guédiawaye, il s’est mué en « éplucheur » d’oignons, en soutien à un ami vendeur de légumes. «Je n’ai vendu que 200 FCFA depuis ce matin (hier, Ndlr) pour faute de clients. Je viens de Guédiawaye où je dois rentrer tous les jours. Or, le transport me coûte au minimum 200 FCFA. Alors que j’ai une famille à entretenir. On m’a même offert le repas aujourd’hui. Imaginez ce que ça fait », souligne-t-il.

Mame Cheikh, vendeur de poissons, a lui aussi reconnu que «le marché ne marche pas car, il n’y a pas de maisons aux alentours, ni de voies d’accès pour les voitures». D’autres, ont indexé l’Etat d’être responsable de cette situation.

L’Etat au banc des accusés

Un vieil homme qui a requis l’anonymat, fustige la manière dont l’Etat a géré le dossier de ce recasement. «L’Etat est responsable. Les autorités savent que nous ne pouvons rien gagner ici. Regarde les tomates que tu vois là-bas, leur propriétaire sera obligé de les verser à coup sûr car, il n’y a personne pour les acheter. Nos frigos sont pleins de poissons gelés. Nous congelons le poisson pendant plusieurs jours sans le vendre, faute de clients », explique-t-il. Moussa Sall est pour sa part vendeur de légumes. Trouvé en train d’éplucher des oignons avec dextérité, il estime lui aussi que «c’est l’Etat qui doit les soutenir». «Il était question de nous abriter provisoirement ici, le temps de reconstruire le marché Sandaga qui avait pris feu. Mais depuis lors, nous attendons et rien n’est fait», fait-il remarquer. Amy Ndiaye, commerçante, avoue que le marché est «très sinistre».

La vendeuse de légume, surveillant les couloirs qui mènent à sa table pour détecter un potentiel client, confie : « Ils nous ont jetés ici sans nous soutenir. On ne les a plus revus depuis. Personne ne vient ici. Nous restons assis du matin au soir. Nous demandons même le transport pour rentrer. C’est très dur. Voilà la situation que nous vivons depuis qu’ils ont brûlé notre marché», peste-t-elle tout en déplorant l’inertie des autorités à «ériger des panneaux publicitaires pour faire connaître le marché».

Plusieurs dizaines de cantines abandonees

Dans le périmètre dévolu aux vendeurs venus des allées du centenaire, c’est le chaos total. Le décor est ahurissant. Les étals, les tables et les cantines en construction sont sens dessus dessous comme dans un endroit foudroyé par une tempête. Quelques vendeuses et vendeurs trouvés sur place ont donné le tort à leurs homologues qui ont refusé de regagner leurs cantines. «La plupart des ambulants que vous voyez en ville ont des étals ici. Mais, ils ont refusé de venir, préférant rester dans la rue. Si tout le monde était là, les gens allaient venir chercher ce dont ils ont besoin ici», déclare Madjiguène Dièye, vendeuse de soutien-gorge, de colliers et d’eau.

Une autre dame qui a aussi requis l’anonymat est convaincue que «si tous les vendeurs qui ont une place au marché avaient regagné, l’environnement aurait changé». Cheikh Ka a sa cantine mais n’a pas encore démarré son commerce. «Je n’ai pas encore décidé d’acheter de la marchandise. J’attends que le marché démarre à plein régime», dit-il tout en précisant que les autres vendeurs ont boudé car ils trouvent que les cantines de 1,30 m2 sont trop petites pour contenir leurs marchandises.

En définitive, voilà pourquoi les occupants du marché «Champ des courses» ne vendent pas depuis leur recasement il y a onze mois déjà.
Toutefois, leurs problèmes risquent même d’être exacerbés par les nouvelles dispositions de l’acte 3 de la décentralisation qui fait que Khalifa Sall, maire de Dakar, n’est plus leur interlocuteur mais plutôt Bamba Fall, maire de la Médina.

D’ailleurs, un vendeur nous a appris que des agents de la mairie de la Médina sont venus leur signaler qu’ils doivent désormais payer 3000 FCFA le 5 de chaque mois. Ce que la ville de Dakar leur avait dispensés depuis leur sinistre.

Sud quotidien

PiccMi.Com

Mercredi 4 Mars 2015 - 11:03



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